Ethique Info

Accueil > Société > Civilisation > Mort, disparition ou assassinat d’un dictateur

Mort, disparition ou assassinat d’un dictateur

vendredi 21 octobre 2011, par Picospin

On se targuait volontiers auparavant du respect des lois, de la conformité aux résolutions et des règlements élaborés entre les nations les plus représentatives pour mettre sur pied des conventions faites pour régler les conflits dans le respect des clauses de la guerre et de la paix.

Accords ou désaccords ?

Ces accords n’ont plus cours après les comportements sauvages des dictatures européennes de la 2è guerre mondiale où on a vu les dictateurs du moment fouler au pied botté les conventions signées, les paroles données et les promesses non tenues. Depuis, ces comportements ont essaimé largement dans le monde des états qui ont vu trop souvent la diplomatie disparaitre au profit des coups de main, des attaques sans préalables et des opérations improvisées ou organisées pour surprendre des adversaires du moment affaiblis et de ce fait embarqués dans une vulnérabilité responsable de véritables carnages. Ce sont les lois de la guerre murmure-t-on ce qui ne saurait en rien constituer une excuse, une justification et a fortiori un blanc seing pour de semblables conduites ultérieures, fruit d’une mimésis, éthiquement irrecevable. Qu’une civilisation considérée et prétendue comme la plus développée et se voulant exemplaire se livre à de tels débordements en en revendiquant l’honneur en dit long sur la déchéance des moeurs, la dégradation de la dignité humaine et le mépris de l’altérité. On a entendu un haut responsable de notre politique étrangère affirmer sur un micro d’une radio très écoutée qu’il ne verserait pas une larme sur la mort de Kadhafi. Est-ce une manière de réguler les relations diplomatiques entre pays en temps dits de paix alors que l’on traite des visiteurs accueillis en grande pompe un jour en les hissant au pinacle pour les faire exécuter le lendemain comme de vagues criminels de droit commun ? Une proche de l’UMP n’a pas eu tort de rappeler que le visiteur propriétaire de gisements pétrolifères n’a pas hésité à s’essuyer les pieds sur les trottoirs de l’Élysée.

Grossièreté

Cette impolitesse pour ne pas dire autre chose n’avait été ni relevée ni sanctionnée par les hôtes de l’Élysée à une époque où l’on espérait de ce côté recueillir les mannes d’une amitié enfin retrouvée puis aussitôt perdue. Pour compliquer le mode relationnel entre ceux qui tendent la sébille et ceux dont on espérait qu’ils allaient la remplir à ras bord, un autre personnage s’est introduit dans les négociations sous le nom célèbre et populaire de BHL, auteur de fictions à succès et d’essais philosophiques qui impressionnent des lecteurs subjugués par la chevelure et les termes ésotériques utilisés à foison dans ses œuvres. Il prétend avoir conduit les négociations, apporté au pouvoir les personnalités instrumentalisées pour éconduire les uns, inviter les autres et libérer la totalité du pays autrefois tombé entre les mains d’un dictateur de pacotille. On se disait qu’il n’était pas inutile d’approcher ce personnage qui disposait dans ses sous sols de profonds gisements fossiles avec lesquels on pouvait jouer en les répandant à la demande, en arrosant copieusement ceux qui en étaient friands ce qui permettait de redorer des blasons élimés à un moment où beaucoup étaient portés par des puissants de ce monde qui craignaient de ne pas le rester. Il fallait à tout prix refaire les niveaux pour prétendre parler d’égale à égale avec les institutions, les juges et professeurs en finances prompts à attribuer des notes comme aux enfants des écoles et à les punir de ne pas avoir suivi à la lettre - c’est le cas de le dire - les instructions de ces donneurs de leçons qui vivent très bien du malheur et des dettes des autres.

Déclaration de guerre

Autrefois, si on voulait la guerre on la déclarait, maintenant on prend par surprise des adversaires qui ont déjà un genou en terre. Combien de fois et avec quelle ardeur éthique n’a-t-on pas fustigé les japonais d’avoir attaqué par surprise la flotte américaine à Pearl Harbour, d’avoir envahi l’Autriche en l’intitulant l’Anschluss, d’avoir décimé la cavalerie polonaise en 1938, d’avoir coincé l’armée polonaise entre les fourches caudines des armées nazies et soviétiques réunies pour dépecer une nation meurtrie sous les bombes combinées des bombardiers et chasseurs de ces deux puissances. Leur objectif commun n’était que la guerre, la destruction et l’anéantissement de l’adversaire, en l’occurrence un pays qui pensait plus à promouvoir Chopin que des guerriers juchés sur des chevaux de luxe, bientôt tous tombés au champ d’honneur de la cavalerie. Actuellement, il est plus que commun d’intervenir au sein des pays pour leur apprendre à vivre selon les règles de l’Occident qui seraient les plus nobles, les plus éthiques et les plus efficaces pour se débarrasser des francs tireurs et des révolutionnaires en puissance.

Programmes de l’ENA

Est-ce qu’on apprend à l’ENA, École de haut prestige, à piétiner son adversaire quel qu’il soit, à transgresser les règles de la bienséance, de la diplomatie et du respect de l’autre, quel qu’il soit, quelle que soit son origine, son ethnie et ses erreurs de comportement ? Si oui, il faut d’urgence en surveiller les programmes. Sinon il faut au plus vite se débarrasser des élèves les plus récalcitrants à son enseignement pour éviter que ne surgissent le désordre, l’inconduite, le chaos avant que les dieux de la guerre et de la politique chargés de protéger la cité ne viennent à la détruire à l’instar de ce qui est peut-être survenu à Sodome et Gomorrhe. Faut-il convoquer Marcel Proust pour le savoir ?