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Mourir quand on est habitué à vivre

Un débat sans issue : celui de la mort.

vendredi 20 février 2015, par Picospin

Malgré cette évidence, nombreux sont encore les partisans d’un mourir assumé sans assistance médicalisée comme si le condamné à mort que nous sommes tous pouvait et devait se sortir de cette douloureuse affaire sans aucune aide, sans assistance ni secours, qu’il soit compassionnel, rationnel, voire religieux. C’est méconnaitre la réalité des faits qui sont les mêmes pour tous les êtres vivants en général et celui de l’être humain en particulier.

Quitter la vie

La problématique se pose en des termes qui sont difficiles à nier comme celui de la loi générale, impérative pour tous, qui implique qu’à un moment donné, il faut quitter la vie à laquelle on est habitué, celle qui est menée depuis la naissance et qui ne se termine qu’avec la mort. Cette règle est la même pour tous les vivants de notre planète ce qui incite à supposer qu’une même loi régit la vie de toutes les créatures, quel que soit leur degré d’évolution et leur ancienneté dans le règne animal.

De nouvelles connexions

D’aucuns peuvent espérer, rêver ou imaginer qu’un jour viendra où l’humain aura atteint un stade où des connections pourront être établies entre ses commandes neuronales et leurs applications sensitives et motrices à l’aide de synapses scientifiquement préparées pour être articulées les unes aux autres et réaliser ainsi l’association entre le biologique et l’électronique pour créer un étant artificiel, sorte d’hybride aussi bien armé pour son existence que le sont actuellement les automobiles mues par la double énergie de la propulsion thermique et électrique.

Une utopie ?

Une utopie peut-être mais de celles qui ont toutes les chances de voir le jour dans un avenir relativement bref et qui sont susceptibles d’épargner au vivant la terreur de la mort et d’encourager les recherches permettant de s’en aller en douceur, sans crainte, vers une vie allongée, exempte de souffrances insupportables pour pénétrer dans un au-delà au contenu encore inconnu qu’on espère pacifié, apaisé, indolore et exempt d’angoisse.

Espoir ?

Certains espèrent être en mesure d’appliquer au mourir le qualificatif du "bien mourir" en prolongeant les règles du vivre ensemble par celles d’un bien mourir d’où serait exclue la souffrance totale estimée incompatible avec une certaine idée des droits de la personne. Est-il vrai et incontestable qu’on meurt à domicile ou en institution dans l’accompagnement d’une dignité et du respect, sans intervention ni protection de lois encadrant ces approches en humanité ?

Bien mourir contre mal mourir

Il n’est pas certain qu’en toute circonstance et partout le bien mourir pourra s’imposer contre son versant opposé du "mal mourir" à l’écart des souffrances et surtout à celui d’un dispositif encadré par la loi qui protège plus les soignants que les mourants. Devons-nous faire nôtre la conception d’une mort digne, humaine, responsable, capable de rester à l’abri de la vulnérabilité dont on connait l’impact sur les capacités de résilience à l’heure où elles doivent être exacerbées pour établir des lignes de défense efficaces contre la submersion sous la dépression, le désespoir et la disparition dans la solitude et les tourments ?