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Mutualisation du bonheur à l’aide de la recherche ?

mardi 24 novembre 2009, par Picospin

Le cas du « Dr Bergé » est un peu différent dans la mesure où il s’est inscrit d’emblée dans une vision concurrentielle entre deux œuvres caritatives parallèles, dont l’une est dotée d’un appui public et privé de grande ampleur et l’autre bénéficie d’un soutien plus modeste du, on ne sait pourquoi, à l’idée que le problème thérapeutique du Sida étant résolu au bénéfice de la guérison par la trithérapie définitivement victorieuse, plus personne ne croit indispensable de s’occuper d’une pathologie qui, il y a quelques années encore, était devenue un vrai fléau capable de détruire une jeunesse en pleine ascension, frappée comme à la guerre en plein cœur par une mort soudaine, en pleine vie comme l’avaient été quelques années plus tôt les nombreux adolescents victimes de la tuberculose venue se greffer sur des corps dénutris, fatigués, vulnérables à la suite des nombreux et longs conflits du 20è siècle.

Dans la polémique qui a suivi l’intervention du grand bienfaiteur et mécène de Sidaction, qui sait si bien fustiger, critiquer et pourfendre, le chroniqueur médical du Monde, passé depuis chez « Slate, l’ardoise » vitupère à son tour, stigmatise et frappe d’anathème l’homme de bien qui a le droit de préférer la lutte contre le sida à celle menée contre les maladies orphelines myopathiques. Comme je l’ai écrit hier : « a certes le droit de prendre ces positions à titre personnel et affectif ou émotionnel » mais non s’immiscer dans l’organisation de la recherche médicale en France en expliquant à la gouvernance de ce pays quelles étaient les priorités à privilégier au niveau de l’organisation de la Santé publique. Il y a suffisamment d’organismes, d’organisations, de bureaux, de spécialistes, médecins, ingénieurs, juristes, diplômes en France et aux Etats-Unis pour s’occuper de ces affaires sans qu’il soit nécessaire de faire appel à des intervenants « étrangers » sans doute plus compétents dans les domaines de l’art et du vêtement que dans celui de la santé, de la biologie, de la génétique, de la médecine et de la répartition des crédits de la recherche. J’ai déjà insisté hier sur l’aspect propre à la démocratie participative destinée à apporter les opinions du grand nombre à un problème qui le concerne spécialement. Est-ce à dire qu’il est des « répartiteurs » désignés ou autoproclamés parce qu’ils sont riches, célèbres et que de ce fait l’opinion publique les destine à décider de tout et de n’importe quoi et que du fait de leur position de sponsor et de baptiste, ils peuvent se permettre, à grands frais de publicité et de publication d’intimer l’ordre de déplacer tel don d’une association à une autre, de transférer tels capitaux, fruit d’une collecte à succès d’un projet de recherche à un autre. C’est à ce carrefour qu’il peut être utile de déterminer si la recherche doit être pure et désintéressée, fondamentale ou appliquée ou si elle doit répondre à des besoins spécifiques qui risquent de limiter son champ d’action, de le restreindre, de le diriger vers des options voulues par les dirigeants, la gouvernance et les différents décideurs des finances, des entreprises, sinon de l’industrie ou du commerce. N’est-ce pas ainsi que l’on risque de mettre le doigt dans l’engrenage de la fabrication des engins de mort comme ont pu l’être dans le passé le complexe militaro industriel américain si souvent dénoncé, les industries de guerre de l’Allemagne nazie tournées vers la fabrication des V1 et des V2, des U boats, les orgues de Staline, toutes machines destinées à semer la mort au lieu de nous en préserver parce que des fous des dieux et de la politique en ont décidé ainsi et ont empêché le bien-être des peuples de se réaliser au lieu de le leur apporter.