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Quelle origine ?

Nationalisme sportif

Quel objectif ? Quelles conséquences ?

mercredi 23 juin 2010, par Picospin

En un mot qu’est-ce que le sentiment national, voire nationaliste quand il s’exprime par le truchement de coups de pied mal partis et encore moins bien arrivés, de maladresses coupables ou de l’arrivée en grande pompe d’un ballon fabriqué par des enfants mal rémunérés dans les filets de l’autre équipe pour y signer une victoire qui rassure, réconforte, enthousiasme et donne du bonheur comme n’hésitent pas à le souligner certains fans rassemblés dans quelque lieu de réunion, café, bar, surmontés de la platitude d’une télévision géante ?

Appartenances

Comment analyser ce sentiment d’appartenance d’individus à une communauté flattée de faire mieux que les autres, d’être plus intelligente que les autres ou de surclasser les autres équipes engagées dans une même compétition. Pourquoi le football plus que les échecs ou le bridge, le sport plus que l’esprit, le corps plus que le cerveau, l’exécution plus que l’invention ? Qui se réjouit vraiment de l’attribution d’un prix Nobel, d’une première place aux classements de Shanghai, de l’attribution de la création d’un édifice public à un architecte national d’un premier prix de violon à Bruxelles ou à New York, d’une exposition des impressionnistes à Londres ? Maintenant, après la défaite, considérée comme désastre, ce sont les lamentations des pleureuses et des pleureurs qui se frappent la coulpe au point de s’en faire éclater le thorax sinon de descendre jusqu’à l’abdomen pour y déchirer le ventre avec des couteaux suisses.

Malédictions...

La France est maudite, elle n’a pas de chance, le destin l’accable faisant référence aux obscures paroles du Maréchal qui appelait les Français non à une vision objective, scientifique et intelligente de la situation politique et militaire mais à sa soumission à la volonté d’un Créateur qui tantôt l’aimait et en faisait la fille ainée de l’Église sauvée par une pucelle venue d’un lointaine Lorraine tantôt lui avait envoyé les punitions du ciel en dédommagement des nombreux et graves péchés commis par un peuple coupable de suivre les tendances philosophiques souvent démoniaques inspirées par des ennemis cachés de la nation. Personne ne se demande qui a choisi un entraineur paradoxal sans résultats, pour quelles raisons, au profit de qui et de quoi en échange de quelle compensation ou récompense ? Ne croit-on pas qu’une Ministre des Sports mais aussi de la Santé a autre chose à faire que de rester en Afrique pour cajoler dans un hôtel de luxe de pauvres petits joueurs grossiers, mal élevés, moins gras de chair que d’argent et de capitaux expatriés ?

SDF ou "fouteux" ?

Ne rendrait-elle pas un plus grand service aux malades, incapables de s’acquitter de leur du aux services de santé, aux indigents de toutes catégories, aux SDF qui jonchent les sols humides des forêts, des tanières et les macadams des banlieues ? Faut-il vraiment préférer à ces humble, à ces malades, à ces blessés de la vie aux jeunes mal éduqués tout juste bons à ne pas envoyer de ballons dans les filets puis à réclamer des scission pour éviter de présenter à l’équipe adverse une volonté animée de technicité assimilée, de combinaisons apprises de la part de maitres plus savants qu’eux ? Il est facile de se mettre en grève, de jeter au loin des chronomètres, de s’enfermer dans des pullman de luxe pour protester contre tout et contre rien, et surtout contre leur propre maladresse, insouciance, grossièreté et finalement impuissance. La colère et le mal-être de ces personnages gâtés, pourris par l’investissement dont ils sont l’objet de la part d’une nation qui attend d’eux qu’ils la représentent et en deviennent le symbole n’est que le miroir de leur propre échec, de leur inutilité dans la vie, de l’absence de tout projet, de toute ambition et de toute négation du service aux autres.

Quelle vie !

Imaginez-vous le vie de ces professionnels englués dans leur vie de voyageur sans itinéraire et sans destination, de leur enfermement dans des chambres d’hôtel où s’épuisent les jeux de cartes, de l’obligation de leur régime alimentaire pour garder la masse musculaire idéale, les carrés de chocolat à exhiber devant des photographes à l’affut de la perfection comme du défaut. Et quand toute une saison s’est bien passée, il ne reste qu’à partir vers d’autres horizons, à rejoindre telle équipe professionnelle dans un coin perdu des États-Unis où ils ne comprennent pas la langue mal apprise dans les écoles françaises.

Saga des chefs

A leurs côtés se déroule la saga des chefs, des fédérations ignorantes, sans assises, sans compétences et dépourvues de toute science du management, de la gestion, d’une véritable capacité de négociation. Devant ce néant, il est facile de critiquer les autres de les traiter de capitalistes quand on a montré son incapacité à remettre en ordre et remettre de l’ordre dans le chaos. Ils vont avoir beaucoup de travail, les pauvres successeurs des dirigeants actuels, mis soudainement devant le fait accompli de la succession à prendre pour éviter le naufrage. Qui en est responsable devant les instances, les institutions, le pouvoir et finalement devant le peuple toujours souverain qui finalement souhaite le rester pour le meilleur plus rarement que pour le pire.