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Lampedusa et...

Naufrages en Méditerranée

...l’Europe

mercredi 9 octobre 2013, par Picospin

Il est vrai qu’elle est personnifiée par des hommes qui n’appartiennent pas directement aux groupes ethniques qui circulent sur le continent européen et qui par conséquent ne font pas partie intégralement de la communauté européenne.

Est-ce à dire que de ce fait, ils doivent être exclus de calle des hommes ? A cette question piège, la réponse des européens n’est guère unanime tant il est vrai qu’on sent chez certains d’entre eux une certaine réticence à accueillir sur leur territoire les naufragés de la Méditerranée venus à bord de frêles et minuscules embarcation chercher un rêve de bonheur, de vie bonne ou meilleure que celle qu’ils devaient endurer dans leur pauvre espace vital. Maintenus à distance ethnique, culturelle, sociale et culturelle par une Europe riche de son passé, de son confort, de sa technologie, de son mode de vie, ces réfugiés d’aune autre langue, séparés des hôtes récalcitrants par la distance d’une mer qui devrait être commune mais qui sert en l’occurrence à séparer n’insufflent à leurs semblables du nord ni commisération, ni pitié, encore moins de sympathie sinon d’empathie du fait d’une séparation et d’une différence marquées qui sert plus à les éloigner, les séparer, les rejeter qu’à en faire des semblables souffrant des mêmes souffrances que celles connues par leurs frères européens quelques dizaines d’années plus tôt quand l’Europe avait été la proie de guerres féroces, de déportations, de massacres et d’holocaustes et que les politiques d’alors n’avaient pas hésité à appeler leurs ‘frères d’armes » du moment à leur secours pour les libérer du joug de l’oppression, du génocide, de la torture et des vicissitudes infligées à l’autre parce que sa couleur de peau est différente, sa religion non conforme et son habitat fait de torchis plus que de ciment et de bois. On était fier de les faire défiler sur les avenues des capitales européennes, de les exhiber dans les prises d’armes, de montrer leur poitrine couverte de médailles confirmant leur héroïsme, leur courage, leur dévouement et leur soumission inconditionnelle à l’autorité, sinon au paternalisme de leurs colonisateurs flattés pour leur générosité, leur souci des autres. Que ne les montrent-ils pas pendant que ces loyaux serviteurs de civilisations en péril n’ont plus qu’une issue à leur crise de conscience, ouvrir des cercueils, y entasser des cadavres et les aligner dans des salles communes pour montrer au monde l’étendue du désastre et la lenteur, sinon la passivité à en assumer les conséquences par une politique d’aide active, de soutien physique autant que moral et d’assistance pour montrer au malheur qu’il est pris en charge, que l’humain se réveille, que la main est tendue et que des mesures sont prêtes ou en voie de l’être pour que pareilles scènes de naufrage ne se reproduisent plus et que le dessalage n’est pas seulement un accident des somptueux coursiers de régates mais la réalité dramatique de la disparition en mer des plus pauvres, des plus fragiles et des plus démunis.