Dans le Nord, les Bouches-du-Rhône et en Seine-Saint-Denis, les familles nombreuses sont particulièrement touchées, ce qui entraîne une pauvreté plus fréquente des enfants. Dans les départements les plus ruraux, la pauvreté frappe plus souvent les personnes âgées. Le chômage, le poids des inactifs, les différences de structure sociale ou familiale sont les principales raisons de ces disparités. Les prestations sociales, qui comptent pour le tiers du revenu disponible des ménages pauvres, contribuent fortement à en réduire l’amplitude. En 2004, la moitié des personnes vivant en ménage ordinaire dispose d’un niveau de vie inférieur à 20.000 € par an. En France métropolitaine, seuls 26 départements se situent au-dessus de cette médiane, qui cache de fortes disparités au sein de chaque territoire. Le niveau de vie médian des 96 départements varie entre 14.000 € dans le Pas-de-Calais et 20.000 € dans les Yvelines. L’Ile de France occupe une position dans ce panorama. Trois départements − les Yvelines, Paris et les Hauts-de-Seine − bénéficient de niveaux de vie particulièrement élevés.
De meilleurs salaires
La part des salaires dans le revenu y est aussi particulièrement importante. La composition sociodémographique de ces départements, avec une forte proportion de Dcadres, explique en grande partie ces résultats. Avec un niveau de vie médian de 17 600 €, la Haute-Savoie et, dans une moindre mesure, le Rhône, la Savoie, l’Ain et l’Isère, constituent également une aire géographique plutôt aisée. Les départements frontaliers d’Alsace et de Franche-Comté ont de même un niveau de vie médian supérieur à 15 600 € Le poids des cadres et les salaires des frontaliers travaillant en Suisse ou en Allemagne expliquent leurs revenus plus élevés.Les revenus sont également élevés dans les départements limitrophes de l’ouest de l’Île-de-France, par effet de proximité, ainsi que dans plusieurs départements comprenant une capitale régionale. Certains départements bénéficient de revenus vers le haut par des activités spécifiques très rémunératrices. C’est par exemple le cas de la Marne avec la viticulture de Champagne. À l’opposé se trouvent les départements du nord de la France particulièrement touchés par le chômage, ainsi que les départements ruraux de la Creuse, de l’Aude et du Cant
De nombreux retraités
Dans la Creuse, l’Aude et le Cantal, la forte proportion de personnes retraitées induit une baisse globale du niveau de vie. n Savoie et dans le Rhône, les inégalités de niveau de vie sont également plus importantes que la moyenne. En Île-de-France, des hauts revenus plus élevés qu’ailleurs expliquent un indicateur d’inégalités plus fort. À l’inverse, en Languedoc-Roussillon, comme en Corse et en Nord - Pas-de-Calais, les disparités sont amplifiées par rapport aux autres régions par le poids important des revenus les plus faibles. Dans les Pays de la Loire et en Bretagne, régions où le rapport entre le dernier et le premier décile de niveaux de vie est le plus faible, des bas revenus assez élevés coexistent avec des revenus moins élevés qu’ailleurs. Ainsi, le taux de pauvreté en Corse est trois fois plus élevé que dans les Yvelines, département où il est le plus faible. Alors que le taux de pauvreté est généralement plus élevé lorsque le revenu médian est faible, certains départements conjuguent un revenu médian moyen ou élevé et un fort taux de pauvreté.
Dans les agglomération
C’est notamment le cas des départements où se situent les grandes agglomérations et plus particulièrement de l’agglomération parisienne. La pauvreté ne touche pas de la même façon les différents ménages. Les familles nombreuses et les familles monoparentales sont plus souvent exposées que les autres. Pour les premières, c’est principalement en raison du nombre de personnes du ménage. Pour les secondes, une seule personne apporte généralement des ressources et doit assurer la charge d’enfants. Les rtraités snt moins touchés par la pauvreté, en grande partie parce qu’ils n’ont plus la charge des enfants qui ont quitté le domicile familial. Degrandes zones géographiques relativement homogènes se dessinent en fonction de ces caractéristiques. Dans les départements du nord de la France, la pauvreté, plus concentrée dans les zones urbaines, frappe plus particulièrement les familles nombreuses. Le taux de pauvreté est ainsi de 16,5 % dans le Nord - Pas-de-Calais. Cependant, dans cette région, de nombreux ménages ne se situent que légèrement en dessous du seuil. La Seine-Saint-Denis, également marquée par un fort taux de pauvreté, possède des caractéristiques un peu différentes. Ce département apparaît comme une exception en Île-de-France.
Les plus touchés
Les ménages complexes, qui regroupent plusieurs familles, quelquefois plusieurs générations, sont particulièrement touchés, ainsi que les familles nombreuses. Le département des Bouches-du-Rhône présente un profil similaire. La pauvreté y est cependant plus intense qu’ailleurs : les niveaux de vie des ménages pauvres sont souvent situés très en dessous du seuil de pauvreté. Le Languedoc-Roussillon et la Corse se caractérisent par une pauvreté élevée qui n’épargne aucune classe d’âge. Les couples, avec ou sans enfant, comme les personnes seules, sont concernés. Les familles monoparentales, plus nombreuses en proportion, sont touchées plus qu’ailleurs. Plus les familles avec enfants sont affectées par la pauvreté, plus le taux de pauvreté des enfants est important. Par définition, un enfant est pauvre s’il vit dans un ménage dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté. Dans les régions Nord - Pas-de-Calais et Languedoc-Roussillon, dans les départements des Bouches-du-Rhône, du Vaucluse et de la Seine-Saint-Denis, un enfant sur quatre vit sous le seuil de pauvreté, contre 16,4 % en moyenne. L’Aveyron, Lozère, le Cantal, la Creuse et le Gers ont en commun une pauvreté concentrée dans les zones rurales, qui touche plus particulièrement les personnes âgées, mais aussi des personnes aux âges actifs. Dans ces départements, les pôles urbains, au contraire, comprennent moins de personnes en situation difficile. Des départements voisins, comme le Lot, le Tarn-et-Garonne présentent, en mode mineur, les mêmes caractéristiques.
Les zones rurales
L’état des lieux est nuancé en départements ruraux où les ménages sont propriétaires de leur habitation. Enzone urbaine, ils ne paient pas de loyer ce qui est considéré comme supplément de ressources dont le revenu mesuré ne tient pas compte. Les départements d’Île-de-France, à l’exception de la Seine-Saint-Denis, ont un taux de pauvreté inférieur à la moyenne, quelles que soient les classes d’âge. La présence de ménages complexes, plus pauvres en moyenne, contribue cependant à élever ce taux. Paris constitue un cas particulier. La pauvreté s’y situe dans la moyenne, mais est un peu plus élevée pour les plus jeunes actifs. Le taux de pauvreté est faible en Alsace, en Savoie et en Haute-Savoie. Pour ces deux départements, le travail frontalier contribue à élever les revenus. Les régions de l’Ouest sont moins touchées par la pauvreté. C’est notamment le cas des départements bretons et de la Loire-Atlantique, où seules les personnes âgées connaissent des taux de pauvreté proches de la moyenne nationale. La redistribution des revenus s’effectue par les impôts et les prestations sociales. Seuls les impôts directs et les prestations sociales versées en espèces qui ne relèvent pas de dispositions locales, sont appréhendées ici. En moyenne, leur part dans le revenu moyen est peu importante. En effet, les prestations sociales ne représentent que 5,4 % du revenu disponible moyen des ménages. Cependant, pour les ménages sous le seuil de pauvreté, c’est un tiers du revenu disponible qui dépend de ces prestations. Elles permettent ainsi de réduire le taux de pauvreté − et son intensité − comme l’illustre la carte des bénéficiaires de minima sociaux . De fait, les départements les plus pauvres sont souvent ceux où, rapporté à la population aux âges actifs, le nombre de bénéficiaires du RMI est le plus élevé : dans les Bouches du Rhône la catégorie des 20-59 ans comprend 7 % d’allocataires du RMI.
RMI
Les départements ruraux font exception à cette règle. Dans la Creuse, malgré un taux de pauvreté élevé, moins de 3 % des personnes aux âges actifs bénéficient du RMI. À taux de pauvreté identique, la proportion des bénéficiaires est plus élevée dans les départements où se situent les plus grandes agglomérations, signalant la présence d’actifs en situation précaire. L’allocation de parent isolé concerne, en proportion, davantage de familles des départements du Languedoc-Roussillon,de Provence - Alpes - Côte d’Azur et du Nord, où la pauvreté des familles monoparentales est plus élevée. Enfin, le minimum vieillesse vient compléter le revenu de nombre des personnes âgées en situation difficile en Corse, dans la Creuse, les Landes et le Gers. Au total, la part des prestations sociales dans le revenu disponible est particulièrement élevée en Seine-Saint-Denis, dans le Nord - Pas-de-Calais, les Ardennes et dans les Pyrénées-Orientales.
Source : revenus disponibles localisés 2004, Insee-DGI.
Questionnement éthique :
La référence principale ici sera inspirée du travail sociologique et philosophique de Rawls
1. Quels sont les méthodes et les buts de la théorie de la Justice ? un substitut à l’utilitarisme comme celui étudié par Hume, Smith, Bentham et Mill qui étaient surtout des économistes et des théoriciens de la société. L’utilitarisme soutient que le principe d’utilité est le seul principe moral efficace même s’il peut par moments côtoyer l’intuitionnisme.
2. Quel est le premier objectif que Rawls voulait atteindre avec sa théorie de la justice ? C’est un objectif d’équité capable de fournir une analyse convaincante des droits et des libertés de base et d’en fixer les priorités.
3. Comment se place la théorie de la justice face à celle de l’utilitarisme ? Elle est sans doute en confrontation avec elle car elle cherche à prendre sa place. Rawls pense que le pluralisme des idées libérales représente le contexte indépassable de la pensée. Il ajoute que son pari consiste à croire qu’il est possible de laisser chacun vivre en fonction d’une conception du monde propre à condition de ne pas l’imposer aux autres. 4. Comment la théorie de la justice s’articule-t-elle avec la théorie morale de Kant et les endoxa d’Aristote ? Dans les « fondements de la métaphysique des mœurs », le premier avoue que de tout ce que nous tenons pour bon, la bonne volonté est ce qui vaut sans restriction. Le second suppose que la société est une association de personnes qui reconnaissent certaines règles de conduite comme obligatoires et qui tentent d’agir en conformité avec elles. Bien que cette dernière soit une tentative de coopération pour obtenir des avantages mutuels, elle se caractérise à la fois par un conflit et une identité d’intérêts puisque grâce à ces accords, une vie meilleure serait disponible pour tous que celle que chacun aurait s’il vivait seul.
5. Est-ce que ces théories suffisent à égaliser les chances des Français vivant dans les différentes régions de France dont les conditions d’existence ont été étudiées par l’INSEE ?

