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Nombreuses saisies de logements aux Etats-Unis : une misère qui s’étend

vendredi 30 novembre 2007, par Picospin

La crise des saisies au sein de la nation est en train de produire des métastases et les communautés sont sur la voie du mal et des dommages qu’on lui inflige au moment où la valeur des biens diminue et où le crime augmente. Au troisième trimestre de l’année on a recensé plus de 600.000 dossiers pour saisies ce qui représente une augmentation de 30% par rapport au trimestre précédent et près du double par rapport à l’année précédente.

Un fort pourcentage !

Ces chiffres représentent près de un sur 200 ménages. Les états du Michigan et de l’Ohio qui avaient été frappés très tôt et très durement par l’association d’une faiblesse de l’économie et par des demandes d’emprunt imprudentes continuent de tituber .Les saisies ont augmenté l’année dernière dans l’état du Colorado, de la Géorgie et du Texas et s’étendent maintenant en Californie, dans le Nevada, l’Arizona et la Floride. Dans ces états, le coût très élevé des hypothèques reste à la source de nombreuses difficultés. L’administration Bush a été bien trop lente à réagir à ce problème sous le prétexte que le fait d’aider dès maintenant les emprunteurs serait susceptible d’en encourager d’autres à faire de même dans l’avenir.

Un échec

Une telle attitude souligne l’absence de prise en considération d’une point important : la plus grande partie de cette crise peut être mise sur le dos des prêteurs qui ne réussissent pas à lancer une enquête approfondie chez les emprunteurs et sur celui du gouvernement qui échoue à établir une régulation correcte de l’industrie. Le point capital de cette affaire est que, à moins de corriger cette situation rapidement, des communautés entières et pas uniquement les gens qui perdent leurs maisons vont avoir à souffrir douloureusement de cette situation. Les propriétés saisies portent atteinte à la valeur des maisons du voisinage et aux impôts prélevés par les municipalités. On a aussi mis en évidence une relation très étroite entre les saisies et les crimes. Pour chaque pourcent d’augmentation des saisies pour les propriétés voisines, le taux des crimes augmente de 2,3 %.

Entre saisies et crimes

Des rapports en provenance de Cleveland, Atlanta, Los Angeles et Sacramento confirment ces chiffres en ce qui concerne les quartiers à faible revenu, ceux habités par des propriétaires issus des classes moyennes et racontent la même histoire. Lorsque de logements sont libres, les pilleurs, trafiquants de drogue et prostituées envahissent les locaux. Cette invasion va très vite, il suffit de 72 heures pour voir s’installer ces groupes d’habitants dont certains n’hésitent guère à commettre des crimes. Dans les banlieues, cette descente aux enfers peut être réalisée plus lentement si elle commence par la pose de graffiti, du vandalisme, activités qui se muent rapidement en crimes et gangstérisme. Les policiers ne sont pas toujours capables d’arrêter cette tendance ou d’y faire face partiellement parce que les saisies sont susceptibles d’exercer une forte pression sur les impositions des municipalités.

La responsabilité des quartiers

Les responsables de quartiers et les maires sont rapidement débordés ce qui a incité les seconds à se réunir en urgence pour résoudre ce problème tragique. En se fiant aux expériences des maires, du nombre estimé des prochaines saisies et des dégâts infligés à la vie communautaire, leurs prévisions sont nettement plus pessimistes que celles du gouvernement et de l’industrie du bâtiment. La question reste en suspens de savoir si leurs préoccupations seront prises en considération. Comme de plus en plus de ces saisies risquent de faire de plus en plus de victimes, il devient urgent pour l’état de se consacrer à un gigantesque effort pour éviter les expulsions. La situation atteint un point critique tel que des membres du gouvernement ont proposé de modifier dans son ensemble la réglementation sur les emprunts plutôt que de les traiter au cas par cas. Si ce projet se réalise, le coût socio-économique de ces saisies pourrait encore avoir une chance d’être contenu.

Questionnement éthique et économique :

1. Quel est le statut du logement social aux Etats-Unis ?

2. Comment résoudre le problème des personnes sans domicile fixe dont quelques-uns ont été obligés de se réfugier sous des tentes récemment en France ?

3. Comment permettre aux personnes en difficulté de se loger correctement dans des hôtels ou des studios dont le prix de location est très élevé en France en général, à Paris en particulier ?

4. Par quelles voies peut-on améliorer les conditions du logement en France ? Est-ce par l’État sur crédits budgétaires lorsque l’investissement se fait sous forme de prêt ou de subvention à fonds perdus. En contrepartie le préfet a ainsi un droit de réservation de 30% des logements sociaux, dont 5% pour les fonctionnaires de l’État. Les crédits budgétaires consacrés à ces investissements relèvent des différentes administrations qui consacrent des moyens inégaux pour le logement de leurs agents. Le ministère de l’équipement, en charge de la procédure interministérielle ou celui de la défense restent les principaux investisseurs ou par les collectivités territoriales qui peuvent contribuer à des opérations de logements et interviennent en f Caisse des Dépôts et Consignations, est le principal financeur des prêts, avec le livret A (compte d’épargne à taux réglementé et exonéré d’impôts).

5. Grâce au 1% logement qui correspond à la participation des employeurs à l’effort de construction, et favorise le logement des salariés. Ces fonds sont utilisés par des collecteurs du 1% aussi bien en prêts qu’en subventions et pour favoriser le logement locatif ou l’accession à la propriété ou encore aux caisses d’allocations familiales qui reçoivent les cotisations des employeurs et distribuent les différentes aides personnelles au logement

Sources :

November 29, 2007

THE NEW YORK TIMES : EDITORIAL : Spreading the Misery