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Les conduites en marge de l’éthique sont-elles en progression ?

Nous n’irons plus au restaurant mais nous nous ferons construire des logis

Des exemples américains concernant l’apauvrissement des populations

jeudi 31 juillet 2008, par Picospin

Les restaurants sont les dernières victimes de la crise et des dégâts et dommages qui frappent le secteur de la restauration. Cette situation est liée à l’augmentation du prix des denrées alimentaires et de la crise conjointe de l’immobilier. Elle est aggravée par le fait qu’il y a de plus en plus d’américains qui préfèrent emporter leur nourriture à la maison.

La crise

Les gens pensent qu’ils risquent de rencontrer des difficultés de plus en plus grandes. Les sociétés sont piégées de tous côtés car les salaires n’ont pas augmenté, et les consommateurs sont moins que jamais disposés à payer des prix de plus en plus élevés. Les déplacements vers les grandes surfaces ou les restaurants qui sont les habituels lieux de destination de la plupart des consommateurs. Même des gens pour qui une note de carburant de 3 $ ne constitue pas nécessairement un grave problème sont en train de changer leurs habitudes. Comme la plupart des restaurants dans ces chaines ne brillent guère par leur originalité, les menus et le décor de ces établissements est partout le même ce qui rend difficile un quelconque attachement des clients envers un site donné. Cette situation difficile s’est étendue à d’autres détaillants. Tout récemment, une société connue dans le prêt à porter et qui avait conçu un projet ambitieux d’expansion a demandé sa mise en faillite en raison de l’impossibilité d’honorer l’acquittement de son loyer. Pour d’autres, il est question de fermer des magasins et d’autres encore tombent rapidement dans le cercle infernal des plans économiques dont ils ne parviennent pas à sortir. Ces fermetures en série, en particulier dans le secteur des fabricants pour les articles achetés par les classes moyennes risquent de laisser les propriétaires de biens commerciaux dans une situation préoccupante. Les financement sont engloutis à leur tour dans ce vertige de la misère ce qui incite les banques à restreindre leurs offres de prêts portant gravement atteinte aux fondamentaux du commerce. La description de cette situation ne s’éloigne guère de celle vécue actuellement en Europe en général et en France en particulier. Elle est parallèle dans le secteur des finances et sans doute au moins aussi préoccupante dans celui de l’éthique, cette branche de la philosophie qui nous préoccupe spécialement ici.

Un sénateur en défaut d’éthique

C’est ainsi que le New York Times rapporte l’histoire du sénateur Ted Stevens de l’Alaska, une figure légendaire de la politique qui a exercé une influence non négligeable sur le budget fédéral et qui de ce fait vient d’être accusé d’avoir accepté des cadeaux de la part de compagnies pétrolières. Ce Monsieur de 84 ans qui compte parmi les plus anciens serviteurs des Républicains au Sénat a simplement omis de déclarer au fisc la réception de valeurs de plus de 250.000 $ sans oublier des rénovations effectuées dans sa maison, l’acquisition d’une Land Rover ainsi qu’un mobilier composé de plusieurs pièces intéressantes. L’accusation lui reproche d’avoir sciemment caché la réception de ces cadeaux de la part d’une société apparemment connue, la Veco corporation, qui est la plus importante dans le secteur de l’Alaska et dont le président a été obligé de plaider coupable pour ses agissements dans cette affaire. Malgré les accusations dont il est l’objet, M. Stevens clame son innocence et veut même se représenter aux élections pour le clan démocrate qui n’a pas gagné une seule élection en Alaska depuis 1974. Il se déclare fier d’avoir servi sa patrie, le parti démocrate et l’Alaska pendant plus d’un demi siècle depuis la 2è guerre mondiale. En accord avec les règlements du Sénat, il a abandonné ses fonctions aupr-s du Comité du Commerce et de celui de la Défense. Ce sénateur a représenté une force importante au sein du Sénat d’où il a été en mesure de répartir des centaines de millions de $ vers l’Alaska. Très habitué aux discussions de cette Assemblée, et endurci par des dizaines d’années de batailles législatives, il figure assurément parmi les meilleurs législateurs du pays. Les charges contre lui sont un peu ambiguës dans la mesure où il n’est pas directement accusé d’avoir été impliqué dans un échange d’avantages en nature.

Une lame de rasoir pour majorité

Cette affaire a remué les instances du Sénat où les démocrates caressent de sérieux espoirs de gagner encore des sièges à un moment où leur majorité est mince comme une lame de rasoir. Cette implication risque d’avoir des conséquences qui vont au-delà de efforts tenaces des Républicains pour ouvrir encore plus de sites d’extractions de pétrole. M. Stevens a été un collecteur de fonds très efficace ce qui a incité les Démocrates à attquer les Républicains pour avoir accepté de l’argent de la part d’un rival démocrate. Une des actions qu’il a soutenues sont devenus un symbole du gâchis qui a sévi dans cet état au moment où on avait conçu le projet de construire un pont ne conduisant nulle part et qui finalement devait relier le ville de Ketchikan à une ile minuscule où ne vivaient que très peu d’habitants et qui fut finalement abandonné. Dans cet imbroglio, une enquête su sujet de l’accusé par une Comité d’Ethique du Sénat devient inévitable à moins que la charge de l’enquête ne revienne à une autre juridiction. L’inculpation de M. Stevens a débuté au moment où il se mit à discuter avec le Directeur de Veco, la compagnie pétrolière déjà citée pou négocier les termes d’un accord par l’entremise duquel il pouvait être question de l’éventualité d’effectuer des travaux de rénovation dans la résidence du premier en Alaska.

Une belle maison en Alaska

A l’issue de cette conversation et pendant les six ans suivants le premier n’a cessé d’accepter de la main du second des sommes représentant le coût des travaux concernant la réfection du sol, les travaux de plomberie, de chauffage, l’installation électrique et celle de la cuisine. Ces deux récits suggèrent à quel point les comportements entre la France et l’Amérique sont proches. Ici comme là les hommes politiques profitent de la moindre brèche pour tenter d’obtenir des versements à leur seul profit et même pas, comme c’est parfois le cas en France pour alimenter les caisses noires des partis politiques en vue de financer une campagne électorale. Apparemment, les Etats-Unis possèdent une instance, le comité d’éthique, susceptible d’intervenir dans les délits, la France l’a confiné aux problèmes de la médecine et de la santé. Il y a peut-être là une voie de réflexion visant à doter chaque institution d’un comité de ce type chargé d’intervenir si possible et de régler en tout état de cause les conflits susceptibles de survenir entre entreprises et consommateurs, population et politiques ou toute personne ayant acquis des privilèges particuliers en vue de son seul intérêt.

Sources :
The New York Times
July 30, 2008
Restaurant Chains Close as Diners Reduce Spending
By MICHAEL M. GRYNBAUM
July 30, 2008
Senator Charged in Scheme to Hide Oil Firm Gifts
By DAVID JOHNSTON and DAVID M. HERSZENHORN