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Nouvel An : La cigarette du condamné ?

vendredi 4 janvier 2008, par Picospin

Cette mesure est considérée comme un haut fait de guerre, la lutte contre l’intoxication par le tabagisme, et enfin la protection de la population par les autorités d’une population vulnérable, livrée à tous les caprices des désirs malsains, contraires à la bonne santé s’entend. Dans cette exigence de récompenses par le peuple, de désir de gratification pour une administration qui veille sur la bonne hygiène de tous, on a peut-être oublié de préciser certains points.

Hygiène et salubrité

Le premier est que ces mesures de salubrité publique sont déjà en application depuis un certain temps en d’autres lieux où l’on s’est aperçu avec moins de retard, et moins de complaisance envers les taxes recueillies par l’état sur le tabac, des méfaits de ce produit et de l’urgence qu’il y avait à en interdire la consommation dans les lieux publics pour mettre les consommateurs innocents mais fortement intoxiqués « passivement » à l’abri des « dégâts collatéraux » de cette herbe à Nicot si nocive. La balance des risques pour l’être humain et les avantages pour l’état en termes de finances et de rapport sur le dos des malades candidats aux cancers des bronches a mis très longtemps à pencher du bon côté, c’est à dire de celui de l’intérêt du citoyen. C’est un retard qui a des conséquences définitives sur la santé publique puisque, comme chacun le sait, on ne saurait remonter le temps, tout au moins celui qui nous concerne de près, nous autres pauvres humains déjà prêts à être pendus sur les gibets de toutes les nicotines et substances cancérigènes qui pullulent à l’intérieur de la moindre cigarette, du moindre cigare ou de la pipe la plus courte.

Est-ce une pipe ?

Cette dernière aurait d’ailleurs des vertus psychologiques puisqu’elle permettrait d’avancer, bec agressif et protecteur à la fois en émettant une fumée qui obscurcit l’environnement, masque les intentions, et encourage les négociations, qu’elles soient amicales ou hostiles comme se plaisent à les qualifier les experts financiers. Un journaliste se demande en ce début d’année à propos de cette question qui fait couler tant d’encre d’imprimerie si Winston Churchill, personnage historique qui est resté seul à la tête d’une Grande Bretagne isolée en 1940 aurait été aussi opiniâtre sans son éternel cigare. Il encense ce dernier de la fumée non de ce parfum utilisé dans les églises mais du terme d’enfumage portatif qui sied si bien à un instrument porté à ses lèvres à un moment où pullulent les engins portatifs ou portables de toutes sortes qui sont devenus les accessoires, parasites, gris-gris indispensables à la survie de tous ceux qui recherchent, dans les instruments et les annexes, les accessoires nécessaires à leur protection contre des agresseurs de rencontre imaginaires, réels ou virtuels.

De Winston Churchill à son fameux cigare

Si l’on commence à poser des questions ou à se poser des questions, ne serait-il pas plus logique de continuer dans cette voie si des mesures d’hygiène n’auraient pas pu être exigées plus tôt pour équiper les lieux publics de systèmes d’aération efficaces, capables d’évacuer les fumées nocives et de nettoyer l’air pollué. Cette initiative aurait au moins conduit à une conséquence hautement prévisible : celle de fournir du travail aux fabricants de ces installations, à ceux qui en assurent le montage et de procurer des avantages à ceux qui les commandent. Au moins, dans ces circonstances y aura-t-il plusieurs gagnants au lieu d’un seul. Il s’agit de cette augmentation si ardemment désirée du pouvoir d’achat qui pollue les rêves des plus optimistes et laisse sans espoir ceux qui chaque jour se demandent comment ils pourront s’y prendre pour nourrir leur progéniture de vrais aliments plutôt que d’objets électroniques qui ne sont pas tous entièrement comestibles. Là où notre commentateur continue de poser des questions qui dépassent leur but, il serait sans doute nécessaire de préciser, comme le savent tous ceux qui possèdent une minime culture médicale, que le café n’est jamais le support de conséquences aussi dangereuses pour la santé du corps en général et celle du cœur en particulier que le tabac et que les risques d’une consommation excessive de chocolat ne résultent pas de ce produit en soi, isolé de ses ingrédients, mais bien des autres composants qui l’entourent comme le sucre. Sa pureté garantit sa salubrité. Le fait qu’il puisse être distribué en tant que « commerce éthique » ouvre un autre débat.

Questionnement éthique :

1. Une connotation d’ordre éthique a été évoquée à propos de cette loi. Est-ce bien justifié ?

2. L’argument avancé consiste à affirmer que le fait de gêner la respiration de son voisin en répandant de la fumée autour de soi constitue une agression envers l’autre qui peut en être gêné au niveau respiratoire par une irritation des bronches qui, à la longue fait le lit de beaucoup d’affections broncho pulmonaires. Quelle est la valeur de cet argument pour interdire la consommation de tabac au sein des établissements publics ?

3. Est-ce que l’amélioration de la qualité de l’air disponible dans les espaces fumeurs des cafés serait suffisante pour empêcher l’application de mesures coercitives concernant l’autorisation ou l’interdiction de fumer ?

4. Quelle influence sur l’image du fumeur peut-on attribuer maintenant aux modèles en vigueur pendant de longues années et qui ont disparu de la perspective de la virilité pour faire place à l’épanouissement d’une vie saine, débarrassée de toute pollution et conforme aux règles hygiéniques édictées par les diverses autorités sanitaires ?