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Smartphones ?

Nouvel apprentissage

Nouvelle pédagogie

samedi 17 novembre 2012, par Picospin

Le nouvelles technologies de la microinformatique deviennent des instruments particulièrement adaptés à l’acquisition des connaissances de plus en plus nombreuses et complexes que le jeune étudiant doit placer dans son sac afin de les exploiter au mieux de ses intérêts et de ceux de ses compagnons d’infortune devenus par la révolution informatique et pédagogique des compagnons de fortune.

Téléphone portable dit "smartphone"

Réviser ses cours ou apprendre l’anglais sur son téléphone portable ? Aujourd’hui, c’est impensable en France mais au Chili, c’est déjà le cas pour 1,2 million de lycéens. Depuis 2006, le gouvernement et la Fundacion Chile ont lancé un portail d’éducation en ligne pour aider les enseignants et leurs élèves à préparer le test d’admission à l’université. Chaque étudiant peut se connecter grâce à son téléphone portable ou un ordinateur pour suivre un programme sur mesure selon son niveau. Du fait des contraintes géographiques, le Chili est un pays très centralisé, ce qui entraîne de fortes inégalités d’accès à l’éducation entre les élèves vivant en province, souvent issus de milieux défavorisés, et ceux des grandes villes. EducarChile vise à leur donner les mêmes outils et les mêmes chances d’accéder aux universités, en contournant cette contrainte géographique. Les résultats sont encourageants : 62 % des utilisateurs vivent en province et en 2011, 20 d’entre eux ont obtenu les meilleurs scores au test national. L’idée d’utiliser les mobiles comme outil pédagogique fait son chemin dans les laboratoires de recherche internationaux depuis une dizaine d’années. Le téléphone portable est l’outil technologique le plus largement répandu, y compris dans les pays les plus pauvres, où, avec la baisse des coûts, leur taux de pénétration est exponentiel.

Un nombre impressionnant d’instruments de travail

C’est une formidable opportunité pour l’apprentissage nomade. Fin 2011, on comptait six milliards de mobiles dans le monde et 80 % des nouvelles ouvertures de ligne se sont faites dans les pays en développement. L’arrivée des tablettes devrait accentuer la tendance en Thaïlande où tous les élèves de la première année du primaire et du secondaire seront équipés d’une tablette, soit 1,7 million d’enfants et en Inde qui se lance dans la production de tablettes low cost à destination des étudiants. Nous ne sommes pas dans une perspective de substitution de l’école ou du maître car l’idée est de rendre l’environnement d’apprentissage plus efficace, comme c’est le cas de l’application Yoza cellphone stories en Afrique du Sud, où l’on vise à faciliter l’accès à la lecture des adolescents sur le temps extrascolaire en adaptant au format mobile la lecture d’œuvres de Shakespeare. Toujours en Afrique du Sud, le gouvernement a lancé, en 2009, en partenariat avec le fabricant Nokia, une application mobile de mathématiques pour les lycéens sous le nom de MoMaths project. Avec plus de 10 000 exercices, principalement sous forme de questions-réponses, les élèves font leurs devoirs sur leur téléphone et participent à des compétitions en ligne. En 2010, ils ont amélioré leurs résultats de 14 % et fin 2011, le programme a permis de toucher 25 000 utilisateurs avec le soutien de 500 professeurs et 172 écoles. Fort de ce succès, le projet devrait être étendu à trois autres pays africains.

Partout dans le monde

L’un des grands enjeux du développement de l’apprentissage nomade est l’adaptation des contenus en fonction des publics et des cultures. Dans les zones agricoles du pays, 43 % des enfants ne vont pas régulièrement à l’école, car ils sont souvent sollicités pour les travaux aux champs ou domestiques. Le portable leur permet une plus grande liberté pour étudier quand et où ils le souhaitent en particulier avec un programme ludique d’apprentissage de l’anglais qui leur apporte les bases du vocabulaire, de la grammaire et de l’orthographe pour communiquer. Pour aller plus loin, ils ne peuvent se passer d’un professeur mais pour les écoles qui ont très peu de moyens, c’est déjà un grand pas car les projets de recherche se multiplient, en attendant d’avoir une connaissance solide des bénéfices directs liés à l’introduction des nouvelles technologies. Leur impact dépend fortement des conditions d’application et de la qualité de l’accompagnement des enseignants.

Du pocket book à la Pocket School

C’est plutôt la perception des nouvelles technologies en général qui limite le développement des projets innovants consistant en concept de " pocket school " (école de poche) dans l’optique d’une meilleure articulation entre la classe traditionnelle et les nouvelles technologies. Il faut inciter les étudiants à poser des questions avec leur mobile ou leur tablette comme de prendre en photo avec leur téléphone une image tirée d’un livre, un dessin ou un insecte dans la cour de récréation et lui rattacher une question en lien avec la leçon du jour. Cela prendra du temps avant de voir des changements réels dans les classes, mais les jeunes qui grandissent avec les nouvelles technologies trouveront tout naturel d’en faire des outils pédagogiques.

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