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Où et quand ?

Nouvelle année et nouvelle naissance

Aux forceps ?

jeudi 31 décembre 2009, par Picospin

Nous sommes sur le point de fêter l’arrivée d’une nouvelle année. Ce passage est toujours difficile. Il marque la limite entre une année qui se termine et une autre qui commence, dont on ne sait rien encore.

Une nouvelle année que nous souhaitons bonne, belle et heureuse !!!

Nous sommes sur le point de fêter l’arrivée d’une nouvelle année. Ce passage est toujours difficile. Il marque la limite entre une année qui se termine et une autre qui commence, dont on ne sait rien encore.
Où trouver l’énergie qui permet de surnager au-dessus des flots, d’inventer les instruments de cette nouvelle natation et de pêcher le poisson autorisé qui demain permettra aux pêcheurs de remplir les filets souvent vides à cause de l’extermination insensée des espèces en voie de disparition et sur lesquelles se sont jetée les populations affamées, incapables de restreindre leur appétit et de modérer leur ardeur au combat avec le vivant.

Un corps à conquérir

Ce dernier ne peut leur offrir que leur corps malmené par les prédateurs de toutes sortes. Ils ne craignent pas de tuer pour tuer, au-delà de la nécessité de se nourrir et de faire de même pour leur progéniture. C’est dans cette continuité de transmettre que les becs s’ouvrent, que des œufs seront dévorés et des larves avalées sans que la conscience morale ne soit le moins du monde alertée. Ce qui ne signifie nullement que les esprits les mieux éduqués, les âmes les plus délicates et les coeurs les plus sensibles ne restent pas sourds aux appels à l’aide poussés par les témoins de ceux qui expulsent, rejettent, enferment ou torturent. Contrairement à une idée reçue, largement répandue et peu critiquée, le monothéisme répandu dans notre monde, dit civilisé ne repose pas sur la distinction entre vraie et fausse religion mais sur celle affirmée entre polythéisme et unité et universalisme.

Divinités ?

Si chaque divinité représente une distinction entre les divinités, le monothéisme est capable d’abolir les distinctions pour réaliser l’avènement d’un dieu unique devant lequel les individus sont égaux, tendance qui est renforcée par sa capacité à abolir les différences aussi bien que les frontières. Que les oppositions et les combats et querelles entre monothéismes aient atteint un sommet dans la violence et la haine, reste un point d’achoppement pour la volonté des adhérents à ces religions de proclamer leur supériorité sur les autres croyances et sur chaque forme de polythéisme. On continue de prétendre, peut-être à juste titre, que cette dernière est limitée par son ancrage régional et son insertion étroite dans le cadre étroit d’une société de fidèles, par opposition ou différence avec une éthique valable pour tous d’une même manière.

Qu’est-ce qu’une divinité

En suivant cette réflexion, la plupart aboutissent immanquablement à déterrer la notion de divinité, mécanisme qui donne un tout autre sens au gouvernement par un assemblage de personnages réunis pour s’occuper des affaires des hommes. Sont-ils capables de s’entendre sur un programme commun comme celui évoqué il n’ y a pas si longtemps par celui de la gauche dont la réussite fut loin d’être totale. Peut-on accepter la vérité de l’autre ou l’exclure parce qu’il refuse de propager une certaine vérité ? En ce cas, cette démarche produit immanquablement le rejet, le refus d’assimilation ou de conjonction, racine de toutes les violences du fait de l’incapacité et du refus de supporter des représentations divergentes et leurs pratiques afférentes. Jusqu’où peut aller cette rébellion ?

Rébellion, révolte, refus ?

Au refus de s’engager pour une religion considérée comme fausse, éventualité qui se heurte à la frontière de l’absolu, au-delà de laquelle aucune transgression, aucune négociation n’est envisageable. Cette conclusion conduit-elle à l’eporie du choix du martyre, de la mort consentie au nom de de l’impossibilité absolue de toute transaction. Cette acception du dieu unique, seul dans sa sphère d’action créatrice, est-il besoin d’y croire ou de la comprendre ? Est-il besoin d’y associer la Bible pour l’illustrer, malgré l’impératif absolu d’éviter les images même lorsqu’elles brillent comme le soleil d’Akhenaton, un substitut de la lumière suspendue au-dessus du Nil au crépuscule ? Une belle histoire en tout cas, avec ou sans figures qu’il ne faut aucunement dramatiser sous peine de se voir exclu à son tour de la saga du cosmos.

Symbole chiffré

Il ne reste plus dans la perspective du symbole chiffré d’une nouvelle année qu’à espérer et souhaiter qu’elle s’introduise discrètement dans la suite des nombres définis par un dieu unique, jaloux de ses prérogatives ou d’une multitude de figures divines ne parvenant, qu’à l’issue d’âpres négociations, à une conclusion équitable pour tous sous l’initiative de la justice, du mérite et de la bienfaisance. Un conte de fée ? Assurément. On vous l’avait promis pour ces derniers jours en souhaitant et espérant qu’il se réalise pour le plus grand bonheur de tous.
Très bonne et très belle année... A très bientôt.