Ethique Info

Accueil > Education > Education > Nouvelles statistiques réconfortantes

Une démographie déjà ou encore galopante ?

Nouvelles statistiques réconfortantes

Quand le pessimisme des affaires rencontre l’optimisme de la procréation

mardi 13 janvier 2009, par Picospin

Avec un taux de fécondité qui dépasse deux enfants par femme, la France est restée, en 2008, la championne d’Europe de la natalité : elle est, avec l’Irlande, le pays de l’Union européenne où la fécondité est la plus forte.

Contradictions

On ne comprend guère les contradictions qu’elle dévoile à travers ses résultats, ce qui rend perplexe et incite à poser et à se poser de multiples questions. Les instituts de démographie sont-ils en état de répondre à nos interrogations ? 1. Quel est le dénominateur commun de la France et de l’Irlande ? On pourrait à la rigueur en dégager au moins deux dont la liaison est plus faible que forte. C’est d’abord la réponse négative fournie au cours du référendum sur l’approbation de la constitution européenne. C’est aussi la tendance religieuse commune de deux pays catholiques face à l’anglicanisme des voisins les plus proches et peut-être aussi une rivalité, une méfiance, un état de concurrence ou de compétition des premiers pays par rapport au second. Est-ce suffisant à expliquer un taux de fécondité qui, a priori, a peu de choses à voir avec les développements économiques respectifs de ces deux nations. Qu’en est-il de la religion qui en l’occurrence s’inscrit dans le catholicisme pour ces deux pays.

Religion en déclin ?

Les religions sont actuellement très territorialisées comme l’orthodoxie russe qui est connectée à une culture et à une tradition. C’est aussi, mais dans une mesure moindre, le cas du catholicisme qui a eu le souci de se territorialiser par le culte des saints locaux et de s’inscrire au cœur des cultures concrètes. Dans le christianisme ce sont toutes les formes d’évangélisme qui s’adaptent le mieux à cette nouvelle réalité, comme le pentecôtisme. L’Eglise catholique qui prend la crise de plein fouet, tente de la contrer comme le montrent les discours du Pape qui fait de plus en plus allusion à la culture et de moins en moins à l’avortement. Si elle s’est formatée dans l’hellénisme, les racines de l’Europe sont chrétiennes ce qui amène ce dernier à être confronté à une contradiction entre une culture qui aurait perdu Dieu et une religion qui continuerait à rester chrétienne. Comment peut-il défendre la vision universelle d’un catholicisme associé à la culture occidentale et son basculement vers le Sud ? Faute de territoire, la notion de communauté de foi prend de plus en plus d’importance ce qui oblige les fidèles à se situer dans l’espace et les convictions selon lesquelles on reste dans une communauté ou bien on en est exclu.

Communautarisme et exclusion

Cette tendance explique le développement des fondamentalismes contemporains des procédures d’excommunication. On n’est pas autorisé à parler d’un retour massif du religieux puisque les religions qui remportent les plus grands succès ont pris une forme récente malgré les tendances du fondamentalisme à se cacher sous le manteau des premiers temps de la révélation mais en même temps à s’appuyer sur des formes récentes même si on assiste à un retour de pratiques ancestrales abandonnées ou interrompues pendant la parenthèse de la sécularisation. En Irlande, la population s’accroit comme le montre un solde migratoire positif de plus de 65.000 immigrants ce qui fait de ce pays l’un des pays européens où l’immigration des étrangers et la plus intense. En 2005 le taux de fécondité des femmes du pays a été de 2 enfants par femme soit le deuxième taux le plus élevé d’Europe après celui de l’Islande et juste avant celui de la France qui vient d’atteindre le record historique qui vient d’être mentionné à 2,02enfant par femme. Est-ce que les pays du nord sont favorables à la procréation, question que l’on est en droit de se poser au vu de ces statistiques européennes ?

Explosion démographique

Quelle est alors la part occupée par la religion dans cette petite explosion démographique à un moment où le religieux voit la culture comme profane ou païenne, celle qui va produire des valeurs perçues comme contraires aux religions si l’on tient compte de la libération sexuelle ; du refus de la différence des sexes, toutes valeurs et critères qui continuent d’être découplées de la morale sociale. Le Pape ne cesse de s’offusquer de cette situation qu’il juge vidée de l’esprit de Dieu et de toute connaissance ce qui, faute de repères religieux l’ignorance profane considère comme une folie et que pour cette raison elle définit comme une culture de mort. Pendant ce temps, les taux de fécondité ne cessent de grimper aussi auprès de parents âgés et plus fréquemment hors mariage ce qui désormais confère liberté aux autorités à aligner les droits de enfants naturels sur ceux des enfants légitimes. Le mariage décline au profit de l’union libre et du pacte civil de solidarité qui est devenu une forme d’union à part entière. Malgré son dynamisme démographique, la France, qui compte 64,3 millions d’habitants, reste une société vieillissante, puisque en dix ans, le nombre de personnes âgées de plus de 75 ans a augmenté de plus de 35 %, soit cinq fois plus vite que la population totale. Dans le même temps, la part des personnes âgées de moins de 20 ans est restée quasiment stable. L’espérance de vie est restée stable atteignant 84,3 ans pour les femmes et 77,5 ans pour les hommes, alors qu’elle culminait à vingt-cinq ans au milieu du XVIIIe siècle. Depuis 1950, les hommes ont gagné quatorze ans de vie et les femmes quinze. Les femmes françaises détiennent depuis plusieurs années la palme européenne de la longévité.

Dans le prochain Numéro : un commentaire sur cet article