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Obésité et qualité de vie

vendredi 22 janvier 2010, par Picospin

Dans ces conditions, accuser les personnes victimes de cette maladie de culpabilité envers les autres, relève non seulement de l’inconscience, mais de l’ignorance, de la calomnie et d’un sens discutable de la responsabilité.

Une accusation justifiée ?

Cette dernière accusation n’est pas vaine, s’agissant de l’influence des conditions de vie sur une fraction de la population, justement celle qui a le plus de difficultés à surnager, à vivre décemment et à se nourrir conformément aux conseils sur les pratiques hygiéno-diététiques. Que mangent les pauvres ? Des sucres ou glucides et des graisses ou lipides, grands pourvoyeurs de pathologies cardio-vasculaires. Pourquoi se nourrissent-ils ainsi ? Parce qu’ils n’ont pas les moyens de faire appel à des produits plus « nobles » et par conséquent plus chers. Quels sont les rares plaisirs que peuvent s’offrir ces éléments délaissés, on dit de plus en plus souvent « démunis » ? Les restaurants à bas couts comme on parle des voyages, des avions, des transhumances de masse.

Des prix modérés

C’est dans ces cadres à prix raisonnables que peuvent se déployer les familles qui perçoivent des bas salaires, qui peuvent s’offrir les restaurants bas de gamme servant des plats dans lesquels entre en majorité une médiocre qualité des produits de base, eux-mêmes trop chers pour des bourses trop restreintes comme dirait notre Ministre de la culture du haut des son scooter slalomant dans les rues de Paris avant de rejoindre le conseil des Ministres. On dit qu’il est propre à susciter son irritation comme il la produit en miroir envers le Président de la République, plus qu’en direction de la belle Carla. Chez celle-ci, elle provoque la satisfaction de revoir un ami d’esprit sinon de cœur qui penche nettement à gauche plus par tradition que par conviction. C’est dans ce contexte soudainement porté au premier plan que deux mesures viennent d’être proposées qui soulèvent plus le tollé que l’enthousiasme.

Plus de lois et règlements

Le premier et non le plus négligeable est l’élaboration possible d’une proposition de loi tendant à fixer les règles nutritionnelles de la restauration scolaire et universitaire. C’est dans cette perspective que le Ministre de l’Agriculture pense qu’il est de sa responsabilité d’offrir une perspective et des revenus stables à tous les agriculteurs et qu’il faut également donner un sens politique à l’agriculture en mettant l’alimentation au cœur de notre action. » Dans cet esprit, le ministre normand annonce qu’un plan national pour l’alimentation va être mis en place. Il s’empresse d’ajouter par « patriotisme économique » ou « agricole que « le modèle alimentaire français est fondé sur la diversité des produits et l’équilibre des repas. J’y suis très attaché. On va le promouvoir. Les journées du patrimoine seront étendues à notre gastronomie. »

Que veulent les enfants ?

Demandez aux enfants des écoles s’ils ne préfèreraient pas consommer des produits variés sans être « a »variés, aux nombreux élèves qui rejoignent l’école le matin à jeun faute d’avoir eu accès à un petit déjeuner consistant et familial. Le projet élaboré à grands renforts d’échanges cellulaires, d’axones et de dendrites sur les réseaux privilégiés du cerveau des Ministres, de cogitations autour de la table des conseillers serait surtout destiné à faire manger mieux. Cette expression vise sans doute de préférence la cible convenue de la mauvaise nourriture, représentée par les Américains dont est volontairement et de façon provocante méconnue la qualité des produits de base venus des terres ensoleillées de la Californie, des riches plaines du nord, du Midwest, de la région de Minneapolis à St Paul ou des côtes poissonneuses de l’Oregon.

L’honneur est sauf

Les succursales ouvertes en France servent des produits purement nationaux comportant une viande maigre ce qui rassure les adeptes de l’alimentation protidique exempte de graisse et de sucre. La 2è mesure est celle qui vient d’être proposée par Air France qui veut placer les larges fesses des obèses sur deux et non plus un seul fauteuil, à charge pour le client atteint de ce handicap de payer son billet supplémentaire. On avait vu l’application de cette mesure chez les musiciens invités à s’acquitter d’un billet spécial pour le transport du violoncelle à placer sur le siège voisin pour en caresser le bois, le vernis sinon les cordes vibrantes en phase avec celles des réacteurs. Il faut aussi assurer le confort et le chauffage des « animaux domestiques », compagnons chers – dans toute l’acception du terme – des voyageurs en classe affaires ou en 1ère. Une nouvelle société est en voie de création. Sera-t-elle plus heureuse et plus rentable que la précédente ? Posez cette question au brillant nouveau PDG d’EDF et de Veolia, resté mince par son régime alimentaire et la pratique de ses exercices quotidiens qui n’avait pas besoin de se faire remonter les bretelles par le Président. Elles étaient parfaitement ajustées à la taille et à la corpulence de leur propriétaire.

Questionnement éthique :

1. Est-ce respecter la dignité humaine que de considérer les obèses comme des exploiteurs de la République ?

2. Comment peut-on respecter cette dignité quand on fait asseoir les passagers dans des espaces si retreints qu’ils ne peuvent ni se mouler dans l’étroitesse de sièges inconfortables ni allonger leurs jambes quand elles sont longues ?

3. Comment peut-on permettre à des profanes ignorant les choses de la médecine, de la physiologie et du métabolisme d’émettre des jugements infondés qui calomnient littéralement les obèses dont la majorité sont des malades graves à risques ?

4. Doit-on les faire entrer dans le cadre des handicapés pour leur conférer l’égalité des chances ?

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