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Obscurité, obscurcissement ou obscurantisme

dimanche 24 juin 2012, par Picospin

Le soir, quand le soleil disparaît de l’horizon emportant avec lui la lumière qu’il diffuse avec générosité, un obscurité descend du ciel qui émeut certains, angoisse d’autres, invite au sommeil la plupart et fait rêver toute le monde sauf ceux et celles qui doivent avoir recours aux somnifères pour s’enfoncer dans le néant de l’endormissement qu’on a mis si longtemps à sortir de ses brumes scientifiques et intellectuelles grâce au sacrifice du chat et autres gentils collaborateurs de l’homme.

Comment ou pourquoi ?

C’est ainsi qu’est apparue la réalité du sommeil paradoxal, cet épisode mystérieux par lequel le cerveau se mobilise alors que les muscles se détendent. Ce qui intéresse notre savant de Saclay, illustre plateau qui va livrer bientôt moins de quoi se restaurer pour une noce des Walpurgis que pour avaler des tonnes de sciences de l’univers, c’est le comment de la nuit plus que son pourquoi. C’est bien dans ce sens que doivent se poser les questions et non dans l’autre. S’il est possible de répondre à la première question, il ne l’est guère de la seconde qui entraine dans des domaines que beaucoup abordent et peu maitrisent. Ne serait-ce pas par des interrogations aussi pertinentes qu’il conviendrait d’entrainer les jeunes éléments dont nous avons la charge avant de les formater à vie pour leur entrée dans un monde où la politique domine les thèmes des informations nocturnes, le vaudeville celui des conversations entre animateurs de chaines et de stations et les dessous féminins excitent la curiosité des ados plus que l’arrivée à heure variable de l’obscurcissement nocturne, le plus souvent synchrone de celui de la divulgation des connaissances, de la transmission du savoir et de l’obscurantisme religieux, philosophique sinon culturel ambiant.

Lumières de la connaissance

N’est-ce pas par la clarification, l’éclairage par les lumières de la connaissance, celles transmises par nos ancêtres qu’on pourrait commencer pour entretenir nos jeunes descendants des évènements qui se déroulent à chaque instant dans notre cosmos avant de leur montrer les éclats des fusées qui explosent, des grenades qui déchirent et amputent et des bombes qui incendient. C’est à ce spectacle chaque jour renouvelé qu’assistent, médusés, les témoins et observateurs, encore confortablement installés dans leurs abris de luxe, mais ligotés par la passivité, la crainte et la panique devant les effets collatéraux que pourrait engendrer toute intervention dissuasive devant les ogres alignés sur le chemin de Damas et cherchant à en protéger l’accès. " Pourquoi le ciel est-il moins brillant la nuit malgré le nombre incroyable d’étoiles. Les étoiles ont un âge fini ; ensuite, la lumière se propage à une vitesse finie. De la sorte, une partie de la lumière des étoiles ne sera pas émise ou ne nous parviendra pas toute." La nuit noire que l’on contemple ou que l’on craint lorsqu’on cherche à en discerner les contours, les détails et la profondeur place l’homme curieux, poète à ses heures, interrogeant la science ou la philosophie, voire la littérature, sous la voute céleste qui l’écrase de l’épaisseur de son mystère, de la signification des scintillements ou des lumignons de son éclairage.

Messages du passé

Qu’y a-t-il derrière le message adressé par le passé au présent des hommes avec un écart de milliards d’années ? Certains pensent que le big bang se cache derrière ce temps si longe qu’il frise l’incompréhension, sinon l’impossibilité d’en saisir l’immensité. D’autres que c’est la représentation d’une ou de plusieurs équations qui dépassent l’entendement du vulgaire, celui pour lequel on prépare une édition simplifiée, dépouillée, nettoyée, sur laquelle aurait passé un aspirateur capable de dépoussiérer et en même temps permettre à de nouveaux sédiments de se déposer. Pour renouveler le temps, signifier qu’il tourne sur lui-même comme le ferait une roue animée d’un mouvement perpétuel faut-il que l’homme l’accompagne dans sa trajectoire sans fin ou qu’il s’arrête pour le laisser passer en souhaitant ou regrettant son éternel retour ou sa course vers un inconnu que certains prédisent, d’autres voient de noir vêtu quand certains attendent son arrivée sous la forme d’enluminures dessinées du fond des âges et coloriées par des enfants descendus d’un ciel fantastique, chargé d’émotions, de sympathie sinon d’amour.

Pessimisme

Et notre astrophysicien de conclure de façon pessimiste que l’éclairage projeté par les lampadaires éblouissants de notre siècle, alimentés par l’énergie électrique gaspillée à partir de générateurs vieillissants, s’épuisant à consommer leur propre production comme pour y mettre fin par un suicide collectif empêchera définitivement de contempler les dessins ébauchés dans le ciel de la nuit. Devrons-nous y chercher le dessein de notre planète, mélange de magie et de mystère, mais aussi de rationalité et de probabilités.

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