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Obsession

dimanche 19 juillet 2015, par Picospin

L’obsession est fréquemment associée à des compulsions. On parle alors d’obsession-compulsion, phénomène que l’on rencontre le plus souvent au cours de la névrose obsessionnelle ou du trouble obsessionnel compulsif, et plus rarement dans d’autres situations. Le sujet tente de chasser, de réprimer ces idées qu’il sait absurdes, mais c’est un échec, et s’engage alors une lutte contre elles qui a pour effet d’augmenter dramatiquement l’anxiété.

Définitions

Les obsessions sont des idées qui s’imposent au sujet, sous forme de doutes, de scrupules, de pensées obsédantes, qui entraînent des ruminations incessantes. Dans l’arithmomanie, le sujet ne peut s’empêcher de compter. Les obsessions phobiques sont des craintes obsédantes au cours desquelles le sujet est constamment envahi par la crainte d’une situation ou d’un objet qu’il redoute. Ce n’est pas le fait d’être réellement confronté à la situation ou à l’objet redouté qui suscite l’angoisse, comme dans la phobie. Dans l’obsession phobique, la crainte surgit continuellement entraînant des ruminations et parfois des compulsions. Les obsessions impulsives (ou phobie d’impulsion) : il s’agit de la crainte obsédante de commettre un acte délictueux ou dangereux comme crainte d’agresser quelqu’un ou de blasphémer dans une église. La phobie d’impulsion est une obsession, une idée qui s’impose à la conscience du sujet qui la ressent comme contraignante et absurde, fait des efforts pour la chasser, mais n’y parvient pas.

Craintes, angoisses, peurs

Au cours des phobies on observe la crainte irraisonnée et angoissante d’un objet ou d’une situation sans danger objectif qui cède lorsque l’exposition cesse. L’idée obsédante est la source de ruminations douloureuses et très angoissantes qui peuvent envahir complètement la pensée. Elles peuvent causer une détresse intense basée sur la hantise de commettre délibérément un acte transgressif ou dangereux comme jurer, blasphémer, ou avoir un comportement obscène dans une église ou en public, se blesser, se défenestrer, agresser ou tuer quelqu’un, le plus souvent quelqu’un qu’on aime, faire du mal à son bébé, situation observée parfois dans le post-partum. Il en résulte une lutte anxieuse pénible contre cette idée qui peut conduire à des rituels conjuratoires. Dans la phobie d’impulsion typique, le risque de passage à l’acte est considéré comme nul.

Triches et complots

Il en est une qui prend actuellement une ampleur démesurée, à la hauteur de l’importance que prend le Tour de France, épreuve sportive sacrée dans le cœur du peuple qui assiste aux souffrances quotidiennes des coureurs. Ces images parviennent aux esprits éduqués de spectateurs, éduqués sous l’égide du sentiment de justice et d’égalité, dont le deuxième au moins s’inscrit en lettres d’or au fronton de la République. Leur jugement affiné par des années de formation républicaine qui privilégie le sentiment de justice sur tout autre est habitué à détecter avec une vigilance sans faiblesse tout acte, intention ou velléité de contrevenir à la règle sans faille d’éviter la tricherie, acte puni avec une sévérité sans compassion par une culture qui en a fait son credo pilote.

Égalité

Cette tendance se manifeste par dessus tout dans les fameux concours destinés à ouvrir les carrières, à les briser, à éliminer plus qu’à sélectionner des candidats sur des arguments qui tiennent au 10è de point dans les classements. Il en est ainsi dans les sports de vitesse où le chronomètre sépare le second du premier de quelques millisecondes. Entre bon et mauvais se sépare ainsi par un jugement le destin promis à la gloire, à la survie indéfinie de générations et celui qui rejette sur le bord de la route ceux qui n’ont pas su saisir la chance offerte par une sélection féroce et souvent meurtrière. Cette manière de raisonner était déjà inscrite dans les pensées de Descartes quand il affuble la pensée de tout ce qui se fait en nous et dont nous nous apercevons immédiatement par nous-mêmes. En ce cas, il faut entendre le jugement en un sens plus restreint, celui de la réflexion qui s’arrête et conclut.

Jugements

C’est bien ce qui se passe quand un coureur a le malheur, plutôt le bonheur de courir plus vite que les autres. Cette situation le place d’emblée dans l’ère du soupçon, de la tricherie. Cette fois on abandonne le dopage individuel du coureur au profit de celui de la machine, le pauvre vélo doté d’animalcules, peut-être dopés eux aussi et cachés sous la selle pour faire avancer la bicyclette à la vitesse d’une Ferrari.

L’homme invisible

C’est au point que des journalistes ont exigé d’assister à l’inspection des engins pendant les opérations de contrôle. Il était sans doute maladroit de leur refuser cette prérogative. Qu’espèrent-ils voir ? « un vélo qui pédale tout seul » a-t-on dit pour renforcer les arguments en faveur d’une assistance mécanique invisible comme l’homme du même nom qui eut son heure de gloire il y a des dizaines d’années. On parle maintenant de dopage technologique, je préfèrerais « technique ». Si c’est le cas, tant mieux, quelle découverte serait celle d’un nano-moteur dont l’invention constituerait un événement considérable, susceptible de révolutionner une bonne partie des fonctionnements mécaniques…

Éloge de la lenteur ou de la vitesse

Cette solution au problème de la lenteur relative serait d’une portée bien plus grande que celle de l’EPO ou des transfusions. Ce qui ne veut pas dire qu’elle ne serait pas porteuse de malheurs, incidents ou accidents pour ceux qui seraient tentés de franchir le mur du son dans ces conditions…