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Que faire de DSK ?

Obstination déraisonnable

Trop de péchés ?

dimanche 22 mai 2011, par Picospin

Les termes des conclusions apportées par les juristes seraient sans appel à un moment où les gouvernements européens s’acharnent à chercher de petites bêtes dans les dossiers les plus fragiles et les plus perméables à l’intrusion des examinateurs financiers.

Déraisonnable ?

Est-il bien raisonnable de laisser s’embarquer une fois de plus, l’une après l’autre, une dame sur laquelle pèse déjà la suspicion alors que son prédécesseur immédiat est en train de compter les sommes fabuleuses à lui accordées par les générosités du FMI qui semble veiller davantage sur l’assurance retraite de ses protégés et collaborateurs que sur les risques d’une vertu chancelante à l’entrée des hôtels de luxe et à l’ouverture des portes des chambres sensibles dans lesquelles personne n’aurait le droit de pénétrer seul, sans la protection des surveillants comme on le ferait d’un vague collège de banlieue où on avait autrefois proposé de placer des guichets électroniques et des fouilles systématiques ? Peut être est-il temps de songer plus souvent à ouvrir les portes des organismes d’aide aux plus pauvres plutôt que de poser des candidatures risquées dont on ne cesserait de répéter que, venant d’Europe, elles privilégieraient les plus nantis, ceux qui n’ont pas besoin de cette manne céleste pour survivre.

Favorite

Présentée comme l’une des favorites des Européens pour succéder à Dominique Strauss-Kahn comme directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde est lourdement mise en cause par un rapport confidentiel de la Cour des Comptes sur l’affaire Tapie. C’est cette personnalité considérée comme de premier plan qui a été copieusement interviewée par les journalistes désarçonnés au lendemain de la mise en examen de DSK pour lui soutirer les renseignement essentiels à la compréhension de l’affaire. Dans l’affaire « Tapie », Mediapart met en ligne une version intégrale. Des irrégularités sont relevées par les magistrats financiers qui vont nourrir les procédures engagées devant la Cour de justice de la République, le Conseil d’Etat et la Cour de discipline budgétaire. Sur ces affaires, tout le monde verse son grain de sel surtout quand il provient de Guérande, parce qu’il porte avec lui une réputation qui dépasse de loin les frontières de la France, son pays d’origine. Dans une tribune consacrée à l’affaire DSK, BHL s’étonne du fait que la femme de chambre ait pu se trouver seule dans la suite 2806, "contrairement aux usages qui, dans la plupart des grands hôtels New-Yorkais, prévoient des ’brigades de ménage’ composées de deux personnes, et a fortiori dans la chambre d’un des personnages les plus surveillés de la planète".

Brigades de ménage

Il se montre critique avec la juge qui a envoyé M. Strauss-Kahn en prison, et en vient à réclamer un traitement spécial compte tenu du statut de l’accusé : "J’en veux, ce matin, au juge américain qui, en le livrant à la foule des chasseurs d’images a fait semblant de penser qu’il était un justiciable comme un autre." Cette prise de position n’a pas eu l’heur de plaire dans le monde anglo-saxon. Les éditorialistes se déchaînent, critiquant son point de vue et sa personnalité. Premier reproche adressé à BHL le peu de considération dans lequel il tient la femme de chambre qui accuse M. Strauss-Kahn. Il commettrait "la triste et trop commune erreur de blâmer la femme" Le portrait de DSK fait par BHL – "séducteur, sûrement ; charmeur, ami des femmes" –, ne fait là que reproduire une vieille croyance de la classe politique française : "la profonde vénération qu’éprouveraient les femmes pour les prouesses sexuelles masculines". Et de rappeler qu’Anne Sinclair elle-même avait estimé qu’il était "important pour un homme politique de séduire".

Séductions

Mais pour l’auteure de cette analyse, "avec des amis comme DSK, le deuxième sexe n’a définitivement pas besoin d’ennemis". D’autres journaux attaquent BHL sur son argumentation autour de la "brigade de ménage". On n’aurait jamais vu une telle brigade à l’œuvre dans cet hôtel. demande au philosophe où il veut en venir avec cet argument : "Est-ce que cette femme de chambre, supposée être un agent de la conspiration antisocialiste et transatlantique pour faire tomber Strauss-Kahn, s’est arrangée pour qu’il n’y ait pas de témoin de l’incident qu’elle était sur le point de provoquer ? Ou simplement qu’une femme qui entre seule dans une chambre d’hôtel s’offre automatiquement à qui peut s’y trouver ?" Autre sujet qui agace les éditorialistes anglo-saxons : la justice aurait-elle dû faire preuve de plus d’égards à l’endroit de DSK, comme le suggère BHL ? "Alors que Bernard-Henri est scandalisé qu’une simple femme de chambre puisse attirer des ennuis judiciaires à un ’grand’ homme comme Strauss-Kahn simplement en l’accusant, de manière crédible, d’agression sexuelle, je suis fier de vivre dans un pays où une femme de ménage peut débarquer un dirigeant international d’un avion en partance pour Paris".

Attention au départ !

BHL prend-il "la défense de sa classe sociale" ? Certains éditorialistes s’attardent sur la personnalité du Français, "milliardaire narcissique à la chemise déboutonnée". Un des éditorialistes de The Economist le qualifie même "d’auteur du pire livre jamais écrit sur les Etats-Unis [American Vertigo]" et lui reproche de chanter les louanges de DSK sans s’attarder le moins du monde sur l’état de la plaignante. Quelques-uns rappellent le rôle de Bernard-Henri Lévy dans la reconnaissance des rebelles libyens par la France et en profitent pour écrire par ironie que "Si BHL avait défendu la cause libyenne comme il défend la cause DSK, les marines seraient en train de défendre [le régime de Khadafi]. Est-il opportun de profiter de l’occasion d’une mise en examen d’un homme politique dont beaucoup se plaisent à reconnaitre la compétence pour se livrer à une comparaison sociologique entre les moeurs françaises et celles des Etats-Unis ? Qui a quelque chose à gagner à cette confrontation en matière de santé publique, de justice sociale, d’égalité des chances ? Pendant que DSK se débat dans un imbroglio dont il n’est pas possible de connaitre les origines, le Président lève ses yeux vers d’autres cieux plus limpides, plus lointains et plus porteurs d’espérance et d’avenir.

Internet un dieu de la communication

C’est sur l’internet qu’il vient de jeter son dévolu pour rendre confiance à des Français quelque peu éberlués par les affaires qui secouent le pays à 12 mois d’une élection présidentielle dont l’issue n’est ni prévisible ni connue. Face à la vie considérée comme dissolue de son jadis envoyé spécial auprès du FMI de New York, il se présente comme un citoyen pur, franc et honnête, entièrement préoccupé par le sort de ses concitoyens dont il cherche obstinément à relever le niveau de vie à côté de celui des connaissances par l’organisation rénovée d’une éducation de qualité propre à propulser au firmament de la perfection les enfants tout droit sortis des griffes d’un enseignement trop souvent critiqué, sans doute de façon excessive, maladroite sinon injustifiée.

Tout est illuminé...

C’est à ce tournant que des illuminations vont lever les zones d’ombre accumulées depuis si longtemps par des Français inquiets et leur faire sentir l’impact du développement prévu d’un Internet visant à répandre la lumière de la connaissance et de l’intelligence, du savoir faire national au monde entier. Ce projet achevé, notre Président pourra s’endormir rassuré dans l’attente d’un futur qui s’avère plein de bonheur et de joie, puisque c’est à « Maman », épouse du précédent Président qu’est échue la belle mission d’annoncer au bon peuple la future naissance d’un héritier d’une République enfin reconstituée, unifiée et pacifiée.

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