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Troubles et émeutes à Londres

On se régale du malheur des autres…

Pourquoi ?

jeudi 11 août 2011, par Picospin

« Comment est-ce possible » se dirent ces braves gens tout attachés à l’ancienne amitié franco britannique qui depuis longtemps a eu le plus grand mal à traverser les frontières que ce soit la franco-belge, le Channel, et même plus loin les discrètes limites qui séparent par eaux interposées l’Irlande à sa grande sœur l’Angleterre élisabéthaine qui porte le col haut et la nuque raide, le temps de s’occuper de sa parente bien aimée, la Reine très catholique d’Ecosse, si près des frontières et parfois si loin du cœur.

Réjouissance donc à l’Elysée décoré à grand frais quand on clame que les économies sont indispensables à la survie et aussi indispensables à la respiration que l’est l’eau de mer ou des lacs et des sources aux poissons du Loch Ness et aux saumons des rivières d’Ecosse. On pavoisait du côté français sous une forme mineure, celle qui joue la tierce normale et non celle qui est diminuée lorsque des sources gouvernementales ont pu afficher clairement leur crainte pour ces pauvres Français qui, attirés par la cupide, et maintenant dévoyée Angleterre ont cru devoir oser traverser le Channel pour s’étendre sur les verdures des parcs londoniens, dessiner des volutes sur la Tamise et la Serpentine alors qu’ils ne se rendaient pas compte des dangers qui les attendaient de l’autre côté de la Manche. Des voyous vous dis-je, des jeunes mal élevés, casqués, pilleurs et assassins puisque déjà 3 de leurs victimes étaient tombées au champ d’Honneur de l’indignation. Tout le monde a été surpris par la brutalité de la réaction des jeunes et des moins jeunes parmi lesquels on comptait aussi des mères de famille. La typologie de la population qui a participé à ces manoeuvres n’est ni simple ni facile à établir. Cette complexité intrigue les pouvoirs publics déroutés par la soudaineté de la réaction (mais à quoi ?) et la violence des manifestations qui ressemblaient plus à des actes criminels de pillages qu’à des défilés politiques où l’on aurait pu découvrir la trace de notre intellectuel de la criminalité de rue, M. Hessel pour ne pas le nommer, qui ne cesse de répéter à qui veut l’entendre et dans toutes les langues que l’indignation reste la plus efficace, le moins contestable et la plus porteuse d’idéologie de tous les affects d’autant plus qu’il touche aussi bien grands et petits, jeunes et vieux, riches et pauvres dans une réciprocité unifiante et solidaire seule susceptible de rapprocher les éléments des populations les plus déshéritées et les plus pressurisées par les pouvoirs publics. On ne s’est pas fait faute d’expliquer aux Français qu’ils risquaient gros à se rendre au Royaume Uni, pays de tous les vices, de tous les crimes et de tous les dangers puisque ce pays a inventé la littérature policière de Conan Doyle à Agatha Christie. Puisque cette forme de roman a eu autant de succès c’est qu’il a répondu à un besoin réel de chercher et de chasser des assassins, de faire appel à Scotland Yard et aux détectives privés et de raconter par romans policiers interposés les épisodes cruels des meurtres en série, des chasses à l’homme dans la campagne brumeuse des plaines britanniques et des naufrages inspirés sur les lacs écossais. Ceux qui se régalent de la lecture de cette littérature pourront éventuellement ne pas oublier que d’un côté ils avaient assurément raison de qualifier ce pays de dangereux, ne serait-ce que lorsque la Luftwaffe avait pris pour cible la population civile de Londres à laquelle s’étaient joints tous les épris de liberté qui pensaient de leur devoir de rejoindre la capitale anglaise, devenue pendant 4 ans celle de la liberté d’où s’élevait les voix du monde libre pour délivrer un autre message que celle de la peur des délinquants londoniens. C’était celle de la résistance, de la lutte contre le nazisme, la folie meurtrière des sbires hitlériens où se dessinaient déjà les désirs encore informels de retrouver une dignité perdue et la restauration de « l’honneur et patrie ». Cette formule ne vous dit rien ? Ma famille s’était rendue à Londres le jour même où eurent lieu les attentats meurtriers du métro de Londres. Comme toujours aux moments graves, la population avait gardé sa sérénité, celle qui lui avait permis d’attendre sagement dans les tunnels du métro londonien pendant le Blitzkrieg la fin des raids par Messerschmitt, V1 puis V2. Mon grand-père qui avait éprouvé cette aventure pouvait témoigner du calme de la population. En 2005 ma jeune famille pouvait témoigner de la même conduite. Les Londoniens ne savaient comment remercier les touristes, visiteurs et passants de leur venue en Angleterre malgré les dangers. Les taxis leur offraient des déplacements gratuits en remerciement et en hommage au geste courageux qu’ils avaient accompli en venant sur les Iles britanniques. Voilà une autre version de celle du principe de précaution défendu et réitéré par les pouvoirs publics français lors des « émeutes » anglaises.