Ethique Info

Accueil > éthique > Optimisme, pessimisme et déterminisme

Optimisme, pessimisme et déterminisme

samedi 7 novembre 2009, par Picospin

Les biologistes diront que le pessimisme est le résultat d’un manque chronique de sécrétion de Dopamine qui fait partie de la série des catécholamines, se trouve dans le cerveau et dans les articulations ou synapses des neurones, joue un rôle décisif dans l’apparition de la maladie de Parkinson et influence fortement l’humeur des personnes qui en sont dépourvues.

En son temps déjà, le philosophe Alain qui a occupé de ses écrits et citations une bonne partie du 19è siècle disait que l’on pouvait avoir « le pessimisme de l’intelligence et l’optimisme de la volonté. » ou que « Aucun chrétien ne peut être pessimiste, car le christianisme est un système d’optimisme radical. » « Ce n’est pas nos idées qui nous font optimistes ou pessimistes, c’est notre optimisme ou notre pessimisme d’origine physiologique ou au besoin pathologique, ... » ce qui pour son époque était déjà une gageure car on ne savait pas encore que les hormones secrétées en petite quantité par certaines cellules du système nerveux pouvaient avoir une influence décisive sur l’humeur. Il avait déjà entrevu l’influence de ces sécrétions sur la conduite politique, les idéologies et l’utopie, tous facteurs qui ont joué un rôle décisif et déterminant dans l’instauration des rêves de l’humanité qui avaient pris un essor fantastique au cours des siècles passés, en particulier les 19è et 20è. Même s’il en reste encore des séquelles, ces manifestations physiologiques ont heureusement subi une forte régression ce qui a obligé les hommes de bonne volonté et même les autres à atterrir en douceur et à abandonner des rêves dont la réalisation lointaine et retardée s’est constamment transformée en cauchemars. Il n’est que de regarder Berlin, son mur effondré et les quartiers touchés par la partition qu’il a effectuée pour se rendre compte de la misère que ces visions d’optimistes opiniâtres ont provoqué dans certains coins du monde. Si on devait classer les penseurs en optimistes et pessimistes, on s’apercevrait rapidement que les partisans de la deuxième catégorie se rangent parmi les partisans d’uns vision du monde dans laquelle la somme des maux de ce monde dépasse celle des biens ou que la vie humaine est une perpétuelle douleur (Schopenhauer), parce que notre destination est d’agir et qu’agir consiste à obtenir ce que nous n’avons pas, ou encore que dans une opinion plus nuancée, celle de Gramsci, inspirée de celle de Romain Rolland « il faut Il faut allier le pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté » — ou que l’on doit confronter « le Pessimisme de l’intelligence, mais optimisme de la volonté. » ou encore que pour finir, nul n’interdit de suivre Nietzsche lorsqu’il annonce sa conception du surhomme et de la volonté de puissance représentant deux des fondements d’une doctrine optimiste qui dresse un constat pessimiste de l’état actuel de l’Humanité en général qui dépasse ce pessimisme de départ par des solutions "optimistes". Ce qui incite à supposer que la philosophie de Nietzsche est un pessimisme racheté par une forme optimiste. Pour éviter ce double écueil d’un alignement sur deux visions opposées, d’aucune suggèrent qu’il vaut mieux penser par soi-même pour éviter d’être pris dans l’engrenage d’une coloration affective triste et pessimiste tout en se méfiant d’une pensée unique imposée à tous par la mode qui signifie aussi qu’on peut difficilement ne penser qu’à partir de son propre noyau et n’écouter que ses voix intérieures qui filtrent les sonorités, les harmonies, et les accords des autres, seuls habilités à alimenter une réflexion à partager. Claude BERNARD est le premier à employer le terme de déterminisme au sens actuel, en désignant l’ensemble des conditions nécessaires pour qu’un phénomène se produise, selon les termes de Claude Bernard, "les conditions déterminantes d’un phénomènes" : en parlant des conditions d’un phénomène, il exclut l’ancienne notion de la cause et met en avant les relations entre des éléments. Kant remarquait déjà que "lorsque nous apprenons qu’une chose arrive nous présupposons toujours qu’une chose a précédé dont la première découle selon une règle", ce qui revient à dire que le déterminisme c’est un ensemble de relations - entre des choses passées présentes et futures - un ensemble de lois qui non seulement permettent de passer des unes aux autres mais les régissent, commandent ce passage. Le déterminisme implique donc la possibilité de repérer un ensemble de choses en déterminant avec précision leur position et leur vitesse à un moment du temps, et la possibilité de les relier par un calcul, ce qui permet d’assigner aux unes le rôle de conditions antécédentes des autres, ce qui revient à donner la possibilités de prévoir rigoureusement que tel ou tel phénomène aura lieu à telle ou telle époque postérieure. Cette conception met en jeu l’idée même de liberté pour la remplacer par le terme de fatalité, nécessité, destin, sinon prédestination par la grâce.

Messages