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Un Anglais en Inde...

Oscar est tombé dans les poubelles d’un millionnaire

Une belle réussite

mardi 24 février 2009, par Picospin

Que je tourne en Ecosse, en Thaïlande ou en Inde, je me concentre toujours sur les endroits où il y a une énergie : la rue, les quartiers pauvres, là où sont les outsiders, » a déclaré le réalisateur anglais de ce film qui est déjà acclamé dans le monde entier.

Un cinéaste de la rue

"Que je tourne en Ecosse, en Thaïlande ou en Inde, je me concentre toujours sur les endroits où il y a une énergie : la rue, les quartiers pauvres, là où sont les outsiders, » a déclaré le réalisateur anglais de ce film qui est déjà acclamé dans le monde entier.
Et de continuer « Comme les punks, je ne prends jamais mes personnages en pitié : je laisse la parole à la rue. Le scénario original de "Slumdog Millionaire" m’a attiré justement car il parle de ça : les gamins des rues qui vont prendre l’ascenseur social grâce aux jeux télévisés ». pour parfaire mon instruction de cinéaste, je me suis tourné vers les réalisateurs américains capables de jouer avec des notions comme la violence ou l’urgence de la mise en scène. Ma grande référence dans ce domaine reste Martin Scorsese ou Francis Ford Coppola avec des films comme "Taxi Driver" ou "Apocalypse Now" qui m’ont profondément marqué. Plus tard, il y a eu David Lynch et "Elephant Man" et "Blue Velvet". J’aime être secoué surtout par des artistes qui expriment un point de vue qui vient de la rue. Plus tard, il y a eu David Lynch. "Elephant Man" et "Blue Velvet", principalement. J’aime les artistes qui expriment un point de vue qui vient de la rue. Pour "Trainspotting", c’est à peu près le même constat mais en plus violent : les personnages du film comme Mark Renton ou Spud sont des paumés qui cherchent leur place dans la société et refusent de grandir. Ils préfèrent rester entre amis et se droguer plutôt que de se confronter au monde du travail qui, de toute façon, va les exclure. Le cinéma anglais ne pouvait pas nier que cette génération existait dans les années 90. Le gros problème c’est que les choses n’ont pas tellement changé. L’histoire de notre film se déroule à Mumbai où Jamal, où un jeune homme issu des bidonvilles, participe à l’équivalent indien de l’émission "Qui veut gagner des millions ?".

Ascenseur pour la gloire

Contre toute attente, Jamal gravit les échelons du jeu et n’est plus qu’à une question de la victoire quand il se fait arrêter par la police qui le soupçonne de tricher. En garde à vue, il devra expliquer comment il connaissait les réponses aux questions posées et reviendra, pour cela, sur son enfance où chacune de ses aventures lui a apporté les connaissances nécessaires au jeu télévisé. Cette réponse est volontairement minimaliste pour qu’elle puisse s’insérer dans un jeu dont le niveau et la qualité se situent au niveau des bidonvilles dont la description parcourent le film. En réalité, pour éviter de hausser cette oeuvre cinématographique au firmament du goût, de l’intelligence, d’un psychisme élaboré dans ce milieu qui ne l’est guère, l’auteur a préféré gommer les allusions trop prégnantes sur les moyens utilisées par ce candidat chanceux et doué à la fois jusqu’à se hisser sans aucune aide ni tricherie au sommet des jeux médiatisées jusqu’à atteindre la gloire, amplifiée mille fois par le couronnement d’un films aux moyens financiers des plus modestes. Sa vie solitaire dans les bas quartiers des villes lui ont appris à sonder, scruter, analyser les personnes de rencontre, les personnages côtoyés qui lui ont transmis les secrets de la découverte, de l’enquête, de l’investigation qu’il n’a fait qu’appliquer tout au longe de sa vie d’errance. De la sorte, éduqué par cette habitude née aussi d’une tradition d’observation douce, comme celle qu’exercent les éléphants dans les rues en se dodelinant, il lui a été facile de répondre à des questions simples pour ceux qui regardent la vie d’en bas, mais horriblement complexes pour tous ceux qui la considèrent du haut de leur caste, de leurs richesses, de leur bien être.

Voyage en Inde

Pourquoi le britannique Danny Boyle qui n’avait jamais mis les pieds en Inde avant de se lancer dans ce projet et ne parlait pas non plus un mot d’hindi, une langue pourtant utilisée dans un tiers des dialogues du film s’est-il intéressé à ce sujet ? C’est que ce réalisateur aime les défis. Depuis des années, il clame à qui veut l’entendre que les premiers films sont toujours les meilleurs, car les plus purs. Alors, pour se mettre lui-même en situation de débutant, il a décidé de réaliser un long-métrage dans et sur un pays inconnu à mille lieues des valeurs de son Angleterre natale. Là, grâce à son talent, à sa culture cinématographique, il vient de réaliser un film qui comptera dans les annales du cinéma, ne serait-ce que par la dernière scène qui montre un ballet jazzy, d’une vigueur, d’un rythme, d’un entrain qui prennent leurs racines plus souvent à Hollywood sous Fred Astaire ou Danny Kaye que dans n’importe quel dominion de l’ancien Commonwealth britannique. Très touché par sa découverte de l’Inde, Danny Boyle a été bouleversé par la situation des enfants des bidonvilles de Mumbai qui ont participé au film. "Un jour, nous avons entendu dire que la maison de Azza (qui joue le jeune Salim) avait été démolie. Nous avons envoyé des personnes à sa recherche, et on l’a retrouvé en train de dormir sur le toit d’une voiture", explique Danny Boyle dans l’Hindustan Times. Un exemple parmi d’autres qui a poussé le réalisateur à créer un fonds pour ces enfants, afin de leur donner accès à l’éducation.

Ethique :

1. Quelles sont les causes du succès mondial de ce film ?

2. Est-ce la description des enfants misérables mais pleins d’enthousiasme qui évoluent dans les immondices qui attire les spectateurs ?

3. Est-ce que la mise scène percutante, composée de gros plans, de séquences ultra-rapides joue un rôle dans cette séduction ?

4. N’y a-t-il pas un sentiment de culpabilité vis à vis de cette misère de la part des nantis ?