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La confiance ne se gagne pas...

Où donner de la tête, qui croire et suivre ?

Elle se mérite

jeudi 3 mars 2011, par Picospin

Que et qui faut-il privilégier dans cette chasse et ces réceptions de nouvelles de toute part dont le leitmotiv est la transgression des éthiques, la perte des responsabilités, la faiblesse de la vie morale et les compromissions au profit des intérêts personnels.

Responsables

Ceux-ci se manifestent au grand jour chez les personnalités les plus responsables, hommes et femmes publics. C’est d’eux que le peuple attend l’exemple. Comme il ne se dévoile que rarement, cette absence ou ce manque irrite, fait mal, fait crier à l’injustice et réclame d’autant plus la vérité. Elle se fait si rare que les gens de bien désespèrent de la trouver et de la voir un jour. Nulle surprise n’est à attendre d’un comportement qui se généralise et conduit à l’incrédulité systématique, à la perte de confiance, à l’abandon de tous les respects pour la dignité des fonctions, les promesses engagées et le démenti vivant des pseudo vérités assénées. Comment s’étonner dès lors que la révolte gronde partout, que les stèles soient déboulonnées et que bientôt de nouvelles statues seront érigées devant lesquelles croyants et non croyants se prosterneront jusqu’à ce qu’une nouvelle vérité éclate.

Prosternations

Nous avons observé ces phénomènes devant le Ché, les grands dictateurs et tyrans au nom des principes de justice, d’égalité, de générosité. Le malheur pour nous plus que pour eux est que les déceptions sont à la mesure des grandes espérances. Elles ont fini au fond des gouffres, des bunkers, des terres soulevées par les bombes, les obus, les macadams plus arrosés que souillés par le sang des victimes associées aux héros. La révolution coute cher. La révolte et la recherche de la vérité aussi. A nous d’en restreindre les dimensions pour éviter les crimes, les bains de sang, les populations décimées à l’instar de ce que nous avons appris de l’histoire de la « grande guerre » et de la deuxième qui n’en était pas plus petite – bien au contraire – pour autant. Il a fallu des dizaines d’années pour les peuples se reconstruisent, que les enfants grandissent plus en taille qu’en instruction, culture ou éthique.

Arrêter les massacres

Faut-il toujours arriver aux extrémités pour que les massacres s’arrêtent, que les négociations s’engagent et que les corps cessent de tomber dans les fosses communes ou les tombes déjà préparées ? On attend intensément que les mots retrouvent leur sens, qu’une phrase devienne signifiante, qu’une affirmation tienne au moins 24 heures ce qui n’est même plus le cas quand on constate les divergences entre les déclarations de la veille et celles du lendemain. On devait démissionner ensemble et on reste en place, on gouvernera à partir de l’Aquitaine par SMS interposé…Ce ne sont pas des songes, mais des réalités prononcées devant des millions de témoins. Cette réalité est d’autant plus maladroite et nocive que personne n’en croit plus le contenu et ce qui incite à abandonner la confiance aux dires du locuteur.

Contrepoids

Pour installer un contrepoids à cette vision éthique pessimiste, qu’il me soit permis de rendre un dernier hommage à une grande comédienne qui vient de disparaître dans les brumes de l’Alzheimer mais dans l’extrême dignité de sa vie privée et publique. Contrairement à ce que l’on voit trop souvent à l’heure actuelle, Annie Girardot avait une parole, une dignité et une vision élargie de sa vie professionnelle et de sa mission d’artiste. Elle a souhaité élargir son champ d’investigation et de réalisation par le contact avec d’autres cultures et s’approcher le plus près possible des maitres du 7è art qui étaient à son époque les grands metteurs en scène et artistes italiens, en réalité les premiers dans le monde. Qui n’a pas admiré les films de Fellini, Antonioni, Visconti, de Sica, Monicelli n’a rien vu des chefs d’œuvre du cinéma italien et de ses interprètes comme Mastroianni, Alida Valli, Silvano Mangano, Sophia Loren.

Gloire au cinéma italien

C’est au contact de ses grands qu’Annie Girardot a pu faire épanouir son talent. Elle ne promettait rien sans tenir scrupuleusement ses engagements. Quand son spectacle musical a échoué, elle a tenu à rembourser de ses propres deniers les artistes qu’elle avait engagés pour monter sa revue, au prix de l’hypothèque puis de la vente de son merveilleux appartement situé place des Vosges à Paris. Un exemple dont pourraient et devraient s’inspirer tous ceux qui font des promesses et ne les réalisent jamais. Une véritable et grande leçon d’éthique qui mérite considération, admiration et remerciements pour l’exemple donné.

Questionnement éthique :

1. Que penser de la moralité telle qu’elle a été exposée par les philosophies d’Aristote et de Thomas d’Aquin qui reconnaissent comme notion morale première l’idée du bien ?

2. Est-ce que l’exercice de la vertu est la part essentielle de la vie heureuse que chacun peut désirer et que chacun désire comme sa fin ultime ?

3. Est-ce que la notion de devoir peut remplacer celle de vertu ?

4. Comment justifier que les formules de devoir moral puissent encore avoir un sens si on ne conçoit plus le monde comme emrpeint d’une législation divine ?