Ethique Info

Accueil > Société > Civilisation > Où va la Grèce ?

A la soumission ?

Où va la Grèce ?

En enfer ?

mardi 28 février 2012, par Picospin

réalité des faits actuels dont il avait entrevu la survenue bien avant les problèmes financiers survenus dans ce pays ces dernières années. Il avait exprimé son opinion sans concession au milieu du 19è siècle bien avant les épisodes de banqueroute et de cessation des remboursements aux emprunts intervenus dans le cadre de l’Union Européenne dont l’entrée n’avait pas été suffisamment préparée surtout lorsque de nations aussi exigeantes sur la ponctualité et la rigueur participent à la surveillance, voire à la punition des pays particulièrement signalés à leur attention.

Ce qui n’empêche nullement les habitants de ces derniers de voguer à la rencontre d’Ulysse, de se faire dorer sur les rochers de Lesbos et Mykonos et de gouter aux joies gustatives de la moussaka et autres mets crétois réputés pour leur vertu bienfaisante, sinon curative des méfaits de l’athérosclérose en provenance des pays riches de la zone occidentale de l’Euro. Qui remet à l’honneur - si l’on peut dire - les conditions de la cité juste ? Ce renouveau des préoccupations concernant la vertu des habitants qui la peuplent serait à mettre sur le compte du philosophe contemporain allemand Habermas qui renvoie à Aristote pour rappeler que la spécificité du régime républicain consiste à faire des vertus du citoyen qui aspire au bien public la condition de la cité juste. C’est à partir de la question du civisme que se développe actuellement la critique interne des sociétés démocratiques qui participe du républicanisme. Peut-on imputer à la Grèce toujours aux bans des nations pour ses incartades budgétaires la responsabilité d’avoir refusé l’obéissance aux règles de la République qu’ils avaient été parmi les premiers soutenir, à instaurer et à tenter de maintenir ? Ont-ils mal pris la discipline nécessaire à l’application rigoureuse du civisme qui risquait de se heurter dans ce pays comme ailleurs aux tentations de l’individualisme, inhérent aux sociétés démocratico-libérales ? Qu’advient-il de ce conflit latent et toujours vivace entre un individualisme pris comme faute morale à la faveur du jugement selon lequel il est possible de rester maitre de son destin sans s’associer à d’autres. Pour aller plus loin dans le débat entre individualisme et civisme, permettez-moi de recourir aux jugements de Rawls qui veut séparer le républicanisme classique de l’humanisme civique. Tous deux doivent impliquer la prise de position de l’Etat dans le domaine moral et corrélativement l’engagement moral des individus. Est-ce que ce sont précisément ces conditions qui ont été trop longtemps négligées par le peuple grec au pont de le conduire collectivement à sa perte ? Cette position, autrefois soulignée et développée par Tocqueville dont on connait l’admiration pour la démocratie américaine exige des citoyens d’une société démocratique, s’ils tiennent à préserver leurs libertés et leurs droits fondamentaux, qu’ils possèdent assez de vertus politiques pour garantir leurs libertés privées et qu’ils soient prêts à prendre part à la vie publique. Est-ce que la société accusée de tous les maux et au moins de négligence a autorisé trop de dérives dans son fonctionnement depuis trop longtemps pour qu’un redressement, un retour en arrière fût possible sinon même envisageable ? C’est bien pour cette raison qu’une attention vigilante est indispensable à l’égard des excès qui conduisent et ont conduit en théorie la conception républicaine du civisme à de redoutables travers. Les Grecs ont-ils trop vieilli pour être en mesure d’appliquer avec un minimum de rigueur les règles a minima nécessaires et suffisantes pour éviter la faillite de toute une société et son entrainement dans les profondeurs du désastre économique de tout un continent ?