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Les oubliés de la planète

Où va le monde ?

Une nouvelle Arche de Noë ?

vendredi 8 juin 2012, par Picospin

Est-ce pour cette raison, que la vie humaine et celle de ses compagnons animaux est l’objet de bouleversements majeurs sur notre planète au point d’inquiéter les autorités compétentes d’une dégradation progressive et continue de la vie sur terre, sur cette planète très spéciale qui avait à un moment donné de son histoire réuni les conditions requises par les exigences de la biologie pour permettre dans certains secteurs, que l’oxygène y soit propice au développement des corps et parfois des esprits avec le service des plantes qui assuraient l’équilibre physiologique pour que l’homme en particulier et les animaux en général accèdent à une vie dont la durée ne fait que s’allonger grâce à la maitrise acquise par le seigneur des lieux pour en modifier le cours, les aptitudes, les échanges mais aussi les révolutions avortées ou réussies.

Euphorie

C’est dans cette ambiance relativement euphorique et malgré les multiples avertissements adressés aux êtres humains que parviennent les mauvaises nouvelles sur la menace imminente et immanente d’une crise irréversible susceptible de casser le merveilleux jouet qui nous avait été remis en main et au sujet de la survie duquel, depuis un certain temps déjà les scientifiques et les philosophes avaient déclenché la sonnette d’alarme. Décidément, on ne pouvait pas continuer comme cela, faute de quoi on allait dans le mur selon une expression consacrée qui désigne moins cette limite exempte de porosité que la métaphore désignant la limite absolue de la transgression de l’homme au-delà de son point de non retour. Voici une première mauvaise nouvelle : la biosphère terrestre est à la veille d’une " bascule abrupte et irréversible " du fait de l’ampleur des pressions exercées par l’homme sur la planète. En voici une seconde : les écosystèmes qui composent cette biosphère représentent, localement, des bénéfices irremplaçables pour les économies et les sociétés humaines. C’est en gros, la " transition glaciaire-interglaciaire ", remontant à 11 000 ans et marquant le passage, au cours d’un réchauffement qui s’est étalé sur plusieurs millénaires, de la dernière période glaciaire à l’époque actuelle qui serait la grande responsable de l’état de menace et de frustration dans lesquels nous nous trouvons actuellement.

Prévisions

Il est prévu que, dans le siècle, les climats rencontrés aujourd’hui sur 10 % à 48 % de la superficie de la terre aient disparu et que des conditions climatiques qui n’ont jamais été rencontrées par les organismes actuels règnent sur 12 % à 39 % de la surface de la planète ", soulignent les chercheurs. L’augmentation de la concentration atmosphérique en dioxyde de carbone (CO2) ne bouleverse pas seulement le climat, mais altère aussi la chimie des océans qui " deviennent rapidement plus acides ". De plus, les effluents agricoles et urbains, charriés par les fleuves, créent " une réponse biotique déjà observable près des côtes, dans de vastes "zones mortes" ", où la productivité (sa faculté à produire de la biomasse grâce à l’activité planctonique) de l’océan est nulle ou presque. La perte de biodiversité endommage la stabilité et le fonctionnement des écosystèmes, réduisant ainsi leur capacité à nous fournir des services auxquels nous sommes habitués. " L’érosion de la biodiversité réduira la productivité des pêcheries, de l’agriculture et nécessitera d’accroître encore l’empreinte écologique de l’humanité.

Pauvres compagnons

La situation n’en est pas nécessairement plus favorable pour nos compagnons d’infortune ou pour certains de fortune, les animaux, dont on se demande depuis longtemps s’ils ont bien une âme ce qui reste contesté mais possèdent en tout cas un corps qui les fait souffrir comme celui des êtres humains ne serait-ce que pour les traitements « inhumains » qui leur ont été infligés depuis si longtemps par des hommes aux revendications prométhéennes, se croyant tout permis sur une planète où la puissance ne leur est guère contestée par une nature parfois rebelle, souvent inconsistante mais dans l’ensemble disciplinée mis à part quelques tsunamis, séismes de toutes sortes ou dérèglements des mœurs climatiques entre réchauffement et inondations sinon sécheresses extrêmes. Des auteurs de talent savent maintenant mettre des mots sur la souffrance de ces prolétaires à jamais silencieux que sont les animaux. Ils prétendent moins parler au nom des animaux, que fustiger la violence que le développement de l’Occident impose aux hommes et aux bêtes. Ils prononcent un constat accablant, et rendent par là même justice sinon réparation à ces autres vivants sacrifiés et oubliés que sont les bêtes. Est-ce pour toutes ces raisons ou pour l’une d’entre elles que l’homme se sent mal sur une planète dont il prend néanmoins de plus en plus complètement la mesure, jusqu’à s’interrompre trop rarement pour s’interroger sur les fondements de son essence et de son existence, à travers les angoisses qui le saisissent à l’échine ?

A la recherche du locuteur perdu

Il a cessé de s’adresser à son principal interlocuteur tombé récemment en disgrâce depuis les massacres et les guerres, les hécatombes et les esclavages. Les lois qu’il fabrique comme les queues reconstituées des lézards servent de main courante aux plus fragiles et aux plus vulnérables. L’objectif est de dépasser à la fois la bioéthique religieuse et l’éthique minimale. Ce travail passe par la déconstruction de l’éthique de l’autonomie qui subordonne la dignité à la possession de la raison, à la maîtrise de soi et à la compétitivité et colporte des représentations négatives de la vieillesse et du handicap qui s’opposent à l’idéal de solidarité affiché par certaines institutions. À cette éthique de l’autonomie s’oppose une éthique de la vulnérabilité inspirée par la philosophie de Levinas et par l’accompagnement des personnes en fin de vie et des malades atteints d’affections dégénératives du système nerveux. Cette réflexion sur les fondements de l’éthique et du droit conduit à reconfigurer les notions d’autonomie et de dignité et à enrichir l’anthropologie sous-jacente à la philosophie des droits de l’homme. L’éthique de la vulnérabilité, qui repose sur la définition de la subjectivité comme sensibilité, ne supprime pas le sujet, mais elle invite à le penser à la lumière d’une triple expérience de l’altérité : l’altérité du corps propre, l’altérité liée à l’autre homme et à ma responsabilité pour lui la déréliction qui ne renvoie pas seulement à la perte de soi et à l’aliénation, comme chez Heidegger, mais souligne l’importance des relations sociales. Solidaire de la dénonciation de certains traitements infligés aux animaux, cette éthique de la vulnérabilité peut inspirer le politique et promouvoir un humanisme où notre responsabilité s’étend aux vivants non humains et aux générations futures.

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