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Et les hommes "augmentés" ?

Où vont les corbeaux ?

A l’école des Arts et Métiers

dimanche 5 septembre 2010, par Picospin

En 1787, les ateliers sont en état de marche avant l’ouverture de l’école professionnelle au moment où la Révolution arrive qui oblige le duc doit à s’exiler. Après une visite du collège de Compiègne, le Premier Consul constate que l’investissement fait par l’État n’est pas très utile sauf pour ceux qui poursuivent une carrière militaire. Il y avait constaté l’absence de contre-maîtres capables de faire des plans ou des calculs simples ce qui l’incite à changer l’enseignement au collège de Compiègne pour combler une lacune alors qu’elle avait pour but de former de bons ouvriers et des chefs d’atelier compétents au moment où elle prenait le nom de Collège des Arts et Métiers.

Une opération bien montée

Pour monter son opération le duc de La Rochefoucault-Liancourt avait reçu l’aide de personnalités aussi en vue que les savants du nom de Monge, Chaptal, Berthollet et Laplace créer cette école technique. Des écoles furent fondées à Beaupréau, près de Cholet, à Châlons-sur-Marne (aujourd’hui Châlons-en-Champagne), qui fut fondée en 1806 à la suite du déménagement de l’école de Compiègne, elle-même issue de celle de Liancourt, et devenue École Impériale d’Arts et Métiers en 1804. En1907, Gaston Doumergue (alors ministre de l’Industrie et du Commerce) fait promulguer la loi créant le diplôme d’ingénieur Arts et Métiers. En 1963, après une élévation du niveau des programmes, les Écoles d’arts et métiers deviennent Écoles nationales supérieures d’arts et métiers (ENSAM). En 1976, le ministère de l’Éducation nationale attribue aux ENSAM le statut de grande école, ce qui implique la réduction du cursus à trois ans, après un cycle préparatoire de deux ans. En 1990, l’école acquiert le statut d’EPCSCP (établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel) de type grand établissement, placé sous la tutelle du ministère de l’Éducation nationale.

Post-doc

Trois instituts post-diplôme sont ensuite créés à Chambéry, Chalon-sur-Saône et Bastia. L’École spéciale des travaux publics, du bâtiment et de l’industrie est ensuite rattachée à l’ENSAM. Chaque école qui a gardé son autonomie pédagogique et financière, délivre un double diplôme Arts et Métiers ParisTech-ESTP depuis lors proposé aux élèves de ces deux écoles. L’ingénieur Arts et Métiers est un ingénieur généraliste de haute compétence technique, pragmatique et polyvalent, dont la formation s’axe autour du génie mécanique, du génie énergétique et du génie industriel. Arts et Métiers ParisTech est l’École des Produits et des Systèmes de Production. L’organisation de Arts et Métiers ParisTech repose sur des Centres d’Enseignement et de Recherche qui forment un réseau coordonné par une Direction Générale, faisant ainsi de Arts et Métiers une école nationale régionalisée, qui la rapproche du milieu industriel. Les centres d’enseignement et de recherche occupent toujours les écoles ouvertes un peu partout en France et dans des partenariats avec des centres étrangers situés en Allemagne, au Portugal et en Espagne.

L’élite des ingénieurs

C’est dans ces hauts lieux de la formation de l’élite des ingénieurs français que je voudrais inscrire les corbeaux, nouvelle catégorie de scientifiques dont l’imagination dépasse souvent celle des meilleurs diplômés de ces écoles avec lesquels ils pourraient créer avec 9 autres écoles d’ingénieurs ce qui est maintenant devenu un pôle de recherche et d’enseignement supérieur et un Établissement public de coopération scientifique réunissant 12 Grandes Écoles considérées comme les meilleures dans leurs domaines respectifs. On y trouve notamment, l’École polytechnique, l’École des Ponts ParisTech, Mines ParisTech et l’ESPCI ParisTech. L’École continuera de porter le nom d’Arts et Métiers qui est le sien depuis 1803. La Société a fait protéger Arts et Métiers comme marque déposée, et entretient cette protection ne serait-ce que pour permettre aux parents corbeaux d’y inscrire leurs descendants si brillants. Au cours de leur cursus, nos amis, confortablement installés sur des branchages pour y installer leurs instruments de travail y compris de petits ordinateurs tactiles pour permettre à leurs fines pattes de pouvoir appuyer sur les touches appropriées, donnent libre cours à leur imagination moins pour élaborer des solutions complexes que pour atteindre leur but aussi directement que possible afin d’éviter de gaspiller le moins de temps possible.

La longue vie des corbeaux

Si la vie d’un corbeau est relativement longue, elle n’en est pas pour autant de durée indéfinie ce qui l’incite à profiter de la moindre occasion et du moindre temps de liberté pour réaliser leurs projets à court et long terme. Ayant été à bonne école, ils savent combien le temps est précieux et combien chaque minute de corbeau compte pour construire sa maison, un abri pour les nouveaux outils conçus et réalisés dans l’heure. Les enseignants et cadres de l’école nationale et des annexes ont réalisé rapidement combien pouvait être précieuse la collaboration entre des cerveaux de haut niveau, parfois celui de l’homme et constamment celui du corbeau dont les performances ne cessent d’étonner leurs enseignants qui portent au sommet de leur corps une machine à penser aussi complexe que celle de leurs nouveaux amis, les corbeaux. Ces derniers ont bénéficié récemment d’une nouvelle promotion dans leur carrière depuis qu’on s’est aperçu en haut lieu que leurs facultés d’invention et d’imagination non seulement se rapprochaient de celles de l’homme mais que souvent elles les dépassaient. Vous pensez bien qu’avec cette nouvelle gloire, les publicitaires et recruteurs de cerveaux humains et encore plus de corbeaux ont rapidement fait signer à ces prodiges des contrats favorables pour les inciter à imaginer la niche idéale qui cette fois ne serait pas fiscale mais relèverait de la domotique et pas de n’importe laquelle, celle qui permettrait désormais de vivre en autarcie comme l’avait remarquée autrefois la Ministre de la santé.

De dignes frères toujours de noir vêtus

Voici nos frères toujours dignes dans leur costume noir et leur bec jaune prêts à affronter la concurrence pour inventer de nouveaux aspects de travail à la chaine en utilisant de nouveaux instruments parfaitement adaptés aux tâches délicates que des hommes un peu lourds n’hésitèrent pas à leur confier dans le plus épais des secrets pour éviter toute malencontreuse diffusion de brevets. A la sortie, ce sont de nouveaux hommes "régénérés" qu’on appelle "augmentés" qui prendront le relais des inventions des corbeaux pour adapter les instruments idéaux aux tâches souvent complexes qu’ils se sont imposées au profit d’un habitat écologique qu’une Ministre de la Santé avait appelé en son temps autarcique. Pris entre les fourches caudines des uns et des autres, il ne restait plus à l’homme qu’à achever l’oeuvre du Créateur ou de Darwin avant de s’atteler à d’autres tâches tout aussi nobles.