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Effets ou méfaits du vin ?

Panique chez les vignerons ?

Résultats "scientifiques" ?

dimanche 1er mars 2009, par Picospin

L’éthique est beaucoup moins un débat entre le bien et le mal, ce qui serait plutôt facile à résoudre, tellement nous sommes habitués à en cerner les causes, à déterminer les côtés où ces deux contradictions se situent que celui de l’opposition et du choix entre deux biens.

Plaisirs de la table ou vignerons en détresse ?

C’est exactement le cas de figure qui se présente à nous depuis que le gouvernement, par la voix de quelques-uns de ses représentants a cru devoir allumer le feu de la bonne santé en présentant au bon peuple le dilemme entre cesser de boire de l’alcool et envoyer au chômage une portion non négligeable de la population qui se consacre de père en fils à la viticulture, cette activité nationale qui a fait la renommée de la France, y a attiré des investissements considérables venus du monde entier et a suscité des exportations de vins de qualité qui font l’admiration des connaisseurs de la planète. On ne sait pas très bien quels sont les auteurs de cette opprobre soudaine qui paraît aux habitants de ce pays d’autant plus saugrenue que plusieurs années auparavant, on avait loué les qualités du vin rouge produit et consommé en France dans la mesure où des études sérieuses venaient de montrer que consommé en petite quantité, ce breuvage, comme le filtre des dieux ajoutait à ses qualités gustatives et à la chaleur intérieures qu’il provoque un effet positif sur la santé par le biais d’un composant contenu uniquement dans le vin rouge et qui assurait la protection des vaisseaux contre l’encrassement et au delà ralentissait le vieillissement des artères et de ce fait retardait ou supprimait les risques d’être atteint de maladies du coeur et des vaisseaux comme l’infarctus du myocarde, cause numéro un des décès en France et dans de nombreux pays du monde et la survenue du fameux accident vasculaire cérébral qui brutalement et sans prévenir paralyse la moitié du corps et coupe la parole par un syndrome qu’on appelle l’aphasie ce qui veut dire impossibilité de recourir à une idéation de la pensée et de pouvoir l’exprimer correctement par le langage.

Principe de précaution

Cette volte-face a semé le désarroi dans la population qui ne s’attendait nullement à de telles mesures, la recommandation du principe de précaution, chère au philosophe Hans Jonas, auteur également du « Principe responsabilité » et qui plus est travaillait dans la mouvance de penseurs aussi célèbres et élevés que le sont Heidegger ou Hannah Arendt. Aux premières loges de la diffusion des dernières informations se situent la Ministre de la Santé, alertée elle-même par l’Institut National contre le Cancer une Agence de prévention de la cancérologie qui régit en France les questions de santé publique concernant les maladies liées au cancer et dont il n’est guère possible de déformer ou de cacher les messages. D’où ont été extraites ces information qui accusent nommément et spécifiquement la consommation d’alcool comme responsable de la constitution dans l’organisme de divers cancers atteignant la plupart des organes depuis l’estomac, l’intestin, le colon, le larynx jusqu’au sein. Pour me convaincre de cette réalité, de cette menace qui plane sur les buveurs de vin ou d’alcool même à dose faible à modérée, une étude bibliographique internationale a été menée qui montre clairement à partir de nombreuses publications en provenance des Etats-Unis et d’autres pays du monde qu’il existait une forte relation entre la survenue d’un cancer du sein et l’absorption d’alcool même à des quantités journalières aussi discrètes que un verre par jour.

Des statistiques

Par exemple, les résultats publiés à partir de travaux en provenance de l’Université de Californie à Los Angeles à partir du Département d’épidémiologie confirment la dépendance du cancer du sein de l’absorption de toute forme d’alcool et ceci à partir de 12 à 18 g par jour ce qui représente une seule boisson par jour et que le risque passe progressivement de une fois et demi plus de risques à près de d’un risque augmenté de 2 fois pour une quantité de 4 verres de vin par jour. Après cette première incursion dans les statistiques concernant le vin et les risques de cancer, nous avons réétudié le rôle du vin rouge dans la prévention de l’infarctus du myocarde et la survenue de la maladie coronarienne. Les résultats des diverses études menées aux Etats-Unis et en Europe spécialement en Italie suggèrent qu’un effet protecteur et de prévention existe, qu’il n’est pas majeur et que son mécanisme n’est pas parfaitement élucidé puisque les hypothèses émises vont de l’effet du au moindre stress ressenti par les populations du sud de l’Europe jusqu’aux composés autres que les polyphénols contenus dans le vin et plus encore les « marine n-3 FAS » constitués de très longues chaines d’huile de poisson contenus dans le plasma et les membranes des globules rouges. Comme les résultats de ces divers essais sont loin d’être homogènes, il convient de s’appesantir sur ces données pour tenter de les clarifier et d’éviter ainsi que la panique ne s’empare de toute la population française en général et des viticulteurs et buveurs occasionnels en particulier.