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Par vents et marées

lundi 5 septembre 2011, par Picospin

Le paysage est doux, harmonieux, tout en rondeurs au contraire de celui de la Corse plus escarpé, dur et parfois menaçant des conflits qui y éclatent à propos de politique, de familles ou d’intérêts suscités par la morale, l’honneur et la dignité.

Ici tout est fait pour recevoir avec plaisir, chaleur, sinon tendresse tels que veulent l’exprimer la variété des plats cuisinés, des gouts offerts, des services rendus avec sourire, gentillesse et une référence permanente à la langue française également partagée avec l’italien que nous aimons articuler en raison de l’harmonie et de la musicalité des mots, des sons et des rythmes des phrases. Le rivage y est constamment balayé par un vent doux, rarement agressif qui disperse sa température constante sur une mer calme, rarement secouée par les courtes vagues si familières aux côtes de la Méditerranée qui par temps de vent du nord ou de Mistral secouent les navires, couchent les voiliers et tuent les novices imprudents qui se sont aventurés sur des flots risqués sinon dangereux, comme c’est le cas pour le meltème si violent en Grèce. Ce pauvre pays n’avait pas besoin de cette menace pour succomber aux violents assauts des lames qui autrefois fouettaient les héros d’Homère avant qu’ils ne débarquent pour se sauver sur des îles balayées par les tempêtes et les ouragans. La géologie sarde est faite de roches qui sont parmi les plus anciennes d’Europe, et les plus anciennes d’Italie. Ainsi, il n’y a pas de très hautes altitudes en Sardaigne du fait de la longue érosion. En effet, la base rocheuse de la Sardaigne méridionale (d’où le grand nombre de mines dans le sud) date de la période précambrienne, et plus précisément du début de l’éon protérozoïque (l’ère paléoprotérozoïque). On trouve, au nord-est de l’île, des roches sédimentaires issues de cette période, qui montrent qu’il y a eu également une partie provenant d’immersion. Ces sédiments ont permis la création de roches carbonifères (d’où les mines de charbon). On trouve également des roches plus récentes, issues de l’éon phanérozoïque telles que des roches volcaniques que l’on trouve en quantité dans la région occidentale et méridionale de l’île. La Sardaigne fut rattachée à Rome lors de la première guerre punique et en 227 av. J.-C. est constituée la province romaine de Corse-Sardaigne. Pour affirmer sa domination des zones internes et notamment la Barbaria, les habitants qui parlent une langue pré-latine- y sont considérés comme plus fiers et courageux que sur les côtes – s’imposent par une administration forte et bien organisée dont l’efficacité est assurée principalement par un réseau routier très ramifié – auquel ont survécu encore ça et là quelques morceaux originaux – repris en grande partie par le tracé du réseau routier moderne. La Sardaigne fut rattachée à Rome lors de la première guerre punique et en 227 av. J.-C. est constituée la province romaine de Corse-Sardaigne.
Les habitants qui parlent une langue pré-latine- y sont considérés comme plus fiers et courageux que sur les côtes – s’imposent par une administration forte et bien organisée dont l’efficacité est assurée principalement par un réseau routier très ramifié – auquel ont survécu encore ça et là quelques morceaux originaux – repris en grande partie par le tracé du réseau routier moderne. L’affaiblissement de l’Empire romain qui atteint l’île a pour conséquence l’abandon progressif des terres agricoles et des côtes et un abaissement de la démographie.
Abandonnée à elle-même et sans défense, la Sardaigne occupée subit les razzias durant quelque 80 ans entre 460 et 530 après J.-C.) par les Vandales d’Afrique qui, défaits par l’empereur d’Orient, laissent l’île sous la domination de Byzance.
Quand, au IXe siècle, les Arabes achèvent la conquête de la Méditerranée, du Nord de l’Afrique, de l’Espagne et de la Sicile, les côtes sardes sont soumises à leurs attaques incessantes et à leurs razzias.
En 1014, une alliance de Gênes et de Pise provoque la défaite de Museto, un chef de guerre arabe qui s’était emparé de Cagliari. Le désintérêt et le vide de pouvoir qui s’ensuit de la part de la lointaine Byzance pousse l’île à gérer elle-même son sort : ainsi, elle s’organise administrativement et militairement. Le « Regnum Sardiniae et Corsicae » ainsi créé le 4 avril 1297 demeurera sous la domination de la couronne d’Aragon jusqu’au début 1700. Avec la fin des guerres pour l’Indépendance et l’unité italienne, le royaume de Piémont-Sardaigne devient royaume d’Italie en 1861. « Tout commence avec le Royaume de Piémont-Sardaigne : en termes constitutionnels, il existe une continuité entre celui-ci et la République italienne. Il n’y a jamais eu de rupture en passant d’un régime à l’autre. Ce n’est pas non plus un hasard si Garibaldi a sa tombe en Sardaigne. »3
La Sardaigne est une région complexe qui a conservé au travers de ses témoins culturels, des matériaux présentant un intérêt historique et artistique, un bagage original très caractéristique que l’on n’arrête pas de redécouvrir et qu’il sied de revaloriser en tenant compte de toute sa richesse. Les médecins de l’île ont constaté un nombre important d’hommes supercentenaires (110 ans et +) 7, ce qui est rare, car habituellement ce sont les femmes qui atteignent ces âges avancés8. Plusieurs explications sont avancées tels que l’air des montagnes ou le régime alimentaire 9, mais encore des facteurs génétiques. Il est probable que ces facteurs interagissent. La langue parlée en Sardaigne est le sarde (qui comprend plusieurs dialectes), langue romane nettement distincte de l’italien et restée très proche du latin. Elle comprend des termes de substrat pré-latin dont certains sont identiques au basque.
Les variantes du sarde sont le logoudorien et le campidanien. Le logoudorien correspondant à la région du Logudoro, est la variété sarde restée la moins influencée par d’autres langues, du fait de son isolement géographique au centre de l’île). Elle se décline en deux dialectes, le commun, et le logudorese du Nord.
Un autre idiome parlé au nord de l’île, et y est présent sous deux variétés dialectales : considérées comme des langues par l’Unesco relèvent du corse. En effet, le sassarien (sassarese ; autour de Sassari jusque vers Porto Torres), et le gallurien (gallurese ; Gallura, future province d’Olbia-Tempio), sont eux considérés comme des dia-systèmes corso-sardes, comprenant une part importante de vocabulaire empruntées aux deux langues, corse et sarde. La langue galluraise partage 80% de son vocabulaire avec la variété sartenaise de la langue corse, et 20% avec la langue sarde.
Deux autres langues romanes sont également présentes en Sardaigne : le gênois ou ligure, et le catalan. Environ 85 % des habitants de la Sardaigne comprennent le sarde, dont 8 à 9 % qui ne parlent pas l’italien, mais ce dernier nombre a tendance à diminuer (de sorte que pratiquement tous les Sardes sont bilingues, parlant également l’italien). Plus d’un million d’habitants parlent ainsi une des variantes de la langue sarde qui est utilisé dans la signalisation routière bilingue de certaines municipalités. Peut-être la longévité si souvent mentionnée chez les habitants de la méditerranée et en particulier le fameux régime « crétois » est elle due à la variété de l’alimentation partagée entre celle des montagnes avec une délicieuse charcuterie et celle de la mer qui ramène en abondance ses fruits des profondeurs et de la surface pour en faire un « melting pot » qui profite en majorité aux grands prédateurs des îles que sont les humains toujours à l’affut de ce qui remplira le mieux des assiettes souvent déjà pleines d’une excellente combinaison de mets enchanteurs pour le palais et l’organisme. Heureux pays ensoleillé et nettoyé des pollutions mondiales par un vent qui se comporte comme un nouvel aspirateur qui aurait pu être inventé par Dyson. En raison du nombre important d’animaux marins dont des crustacés dans ses eaux, les Grecs nommèrent la sardine d’après le nom de la Sardaigne.