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Parler sans tirer

vendredi 8 août 2014, par Picospin

Les voix humaines se taisent de peur de déclencher au sein des familles et des amitiés, des confédérations de pensées des conflits qui risquent à tout moment de dégénérer en rixes, batailles idéologiques, revigorées par une histoire trop récente pour avoir des chances d’être neutralisée.

Un choix

Le choix demeure entre le silence qui ferme l’écoute et la parole et les mots qui blessent souvent et tuent parfois. Le choix demeure aussi entre le signifié qui tarde à se libérer et une neutralité agissant comme une grenade dégoupillée capable d’exploser à la figure de n’importe quel participant à des débats susceptibles de se transformer en combats meurtriers par les dégâts infligés et la quantité d’énergie retenue dans les vannes en quête de libération, d’ouverture brutale et de déferlement meurtrier.

A quoi sert la parole ?

Dès lors se pose la question de l’utilité de la parole, du dialogue, du discours transformant l’adrénaline des combattants en négociateurs apaisés, obligés d’utiliser les mots au détriment des armes de destruction, des plaies infligées à l’ennemi et des morts à exhiber au nom de l’héroïsme plus souvent que du courage. Faut-il encore que les discutants aient la liberté et la volonté, le désir d’exprimer leurs opinions, de permettre leur écoute par la partie adverse et de réfléchir aux arguments qui opposent moins qu’ils ne permettent de négocier.

Tout est sur la table (des négociations)

On entend trop souvent des références à la table des négociations qui aussi aboutissent à un non lieu décisionnel car chacun avance des arguments plus menaçants que pacifiés pour obliger l’adversaire, devenu pour un moment trop court négociateur, à s’incliner devant son interlocuteur transformé par le jeu politique et militaro-industriel en guerrier connecté, armé autant d’engins de mort que de capteurs d’informations.

Du ludique aux jeux guerriers en passant par la parole

Ce sont ces jeux qui ont cours aujourd’hui entre les politiciens de tous bords, porteurs plus souvent d’engins construits pour détruire que pour aplanir les difficultés, les contradictions et les oppositions. Dans des situations aussi tendues que celles que nous vivons actuellement en direct, faut-il espérer l’arrivée dans les diplomaties d’hommes « providentiels » ou plus simplement d’humanistes décidés à aplanir sans écraser et à édifier sans anéantir.