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Ouvrir en grand l’accueil de tous

Pas d’économies pour les jeunes

Pas d’économies de bouts de chandelles

samedi 13 août 2011, par Picospin

En examinant les caractéristiques, les causes et effets des récentes émeutes urbaines dans l’hexagone d’abord puis dans les Iles britanniques, on ne peut nier une certaine ressemblance par delà les points particuliers qui ont déclenché des troubles de survenue brutale, inattendue et explosive.

Mouvements sociaux et sociétaux

C’est ainsi que l’on qualifie ces mouvements dits politiques et sociaux, voire ethniques qui s’emparent d’un pays, d’une communauté pour allumer des feux dont ni l’intensité ni la durée ne sont prévisibles ou même prévues par les politiques qui ont mission de jouer ainsi aux prophètes, devins ou magiciens de la psychologie des foules, des effets de masse et des forces résultant de ces éléments contradictoires. De tels phénomènes sont programmés pour se dérouler dans un pays pacifiste par excellence, la Suisse qui abrite entre ses frontières l’anneau du CERN où des scientifiques s’amusent comme adolescents prépubères à faire tourner sur un circuit de 27 km des atomes comme voitures de course afin qu’ils se heurtent le plus souvent possible entre eux pour déclencher des conditions propices à la fusion nucléaire. Des enfants, vous dis-je, dont les jouets et les jeux coutent cher à défaut d’être amusants. Le but de ces amusements serait de reproduire les conditions ayant précédé l’arrivée du big bang, ce commencement du monde que personne n’ose appeler ainsi faute de disposer d’un consensus suffisant pour le baptiser ainsi. Encore dans ce processus n’est-il pas imposé par le rituel de verser de l’eau, quelle qu’en soit l’origine, sur les corps à baptiser comme va le faire notre génial metteur en scène et interprète d’une affaire mystique qui avait en son temps remué les foules du sud ouest.

Mystère et énigme

De plus, pour ajouter du mystère et de l’intrigue à l’énigme, on s’était empressé de situer la scène dans une grotte, lieu de toutes les obscurités mais aussi des chances de luminosité comme l’avait imaginé il y a fort longtemps un certain Platon. S’il avait envisagé la circulation des idées, il n’avait pu imaginer que son pays allait connaître plusieurs millénaires après ce récit les affres de l’économie mal gérée. Cette hypothèse au moins aurait pu avoir le mérite pour certains d’acquérir pour une bouchée de pain quelques îles égéennes où il ferait bon vivre sans avoir à se demander quelle source de chaleur utiliser et auprès de qui l’acheter. On pourrait rejeter à la mer, comme corps devenus inutiles les cadavres de Gazprom, d’EDF ou Suez pour parler en directe avec Sire Phébus, enfin heureux de rendre service à des peuples qui ont toujours rechigné de lui rendre hommage. Sauf une fois qui avait été la bonne, celle du Roi Soleil, si populaire en France et qui avait rejoint par delà mers et frontières les scènes d’Epidaure ou de la Comédie Française pour y amuser les galeries des spectateurs ravis de côtoyer les Bérénice, Alceste et autres personnages de légende tout droit sortis de certains bras de la Méditerranée pour se réfugier séance tenante vers quelque bras et cachette de sa fille Égée.

Gutenberg toujours là

Cette incursion dans un monde hélas disparu malgré sa survivance grâce à Gutenberg et aux profs de Français, sinon de latin grec nous laisse trop loin des émeutes de Saint-Denis ou de Tottenham dont les causes ne sont guère univoques mais dont les résultats imposent pour tous, progressistes ou conservateurs, de droite ou de gauche, des répliques d’ordre politique sinon juridique pour séparer les combattants, calmer les esprits, et montrer par des actes concrets aussi bien que symboliques qu’un état providence est là pour s’occuper des plus déshérités, des plus malheureux parce que les cris qu’ils poussent, masqués et casqués sont ceux de l’angoisse du lendemain.

Futur incertain

Le futur est vécu comme d’autant plus incertain que la confiance recule, hésite, incapable de se fixer sur des statuts ou des hommes et femmes responsables prêts à oublier leur désarroi pour s’occuper de celui des autres, de ceux et celles dont ils ont revendiqué la charge d’améliorer la qualité de vie, sinon ailleurs, au moins sur notre terre dévastée par les errements des humains. Avec l’aide des écologistes ? gardiens et protecteurs de la terre et des cieux ? Ils ne suffiront pas à la tâche. Il y faudra plus que la bonne volonté, le sacrifice d’une dette publique, d’économies draconiennes moins sur les dorures de l’Élysée que sur l’éducation et la protection des enfants les plus fragiles qu’il faudra maintenir debout en attendant l’arrivée inopinée d’une nouvelle joie de vivre.

Questionnement éthique :

1. Pourquoi, lorsqu’il s’agit de restreindre le budget de l’Etat pour faire des économies, les fait-on systématiquement au détriment de l’éducation, de l’apprentissage, de la culture des enfants, comme si les adultes décideurs étaient jaloux de l’avenir de leur jeunesse et de l’espoir de leur humanité ?

2. Est-ce que l’acquisition des connaissances reste la condition sine qua non de l’épanouissement de la vie ?

3. Est-il vrai que la vie bonne désigne le développement de talents, le perfectionnement d’objectifs alors que le bonheur serait défini par les états mentaux que procure la possession de biens physiques ou moraux ?

4. Est-ce que ce qui est requis pour l’épanouissement de l’être humain peut se traduire en termes de devoir et d’obligations à respecter pour fonder nos devoirs relatifs à autrui ?