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Pauvre Louisiane dans une riche Amérique reconstituée

lundi 22 mars 2010, par Picospin

Je suis bien obligé pourtant d’apporter une réplique que personne ne m’a demandé de construire à un article paru dans Agora Vox.

Une mauvaise Amérique

Il reprend le thème ancestral de la mauvaise et méchante Amérique devenue subitement folle depuis que des terroristes ont déversé sur la cité de New York, en plein Manhattan, haut lieu de la finance et du commerce, quelques tonnes de kérosène apportés par des longs courriers construits aux Etats-Unis, pris en otage et occupés par les guerriers des temps modernes qui se sont embarqués à bord de ces vaisseaux spatiaux pour conduire jusqu’à leur dernière demeure, indifféremment citoyens de tous les pays du monde, pilotes civils et non militaires et passagers de circonstance venus embrasser leurs enfants, choyer leurs épouses et rejoindre le domicile choisi sur une terre considérée comme de liberté avant qu’elle ne devienne, d’après l’auteur des lignes incriminées un site de folie. Entre temps, l’écrivain, expert dans les échanges médiatiques, ne craint pas de rendre un vibrant hommage à l’écrivain américain qui se plait à dénoncer les dérives constatées dans la logique du pays, autrefois si raisonnable et maintenant en proie aux pires vicissitudes du fait du gros morceau de caillou tombé un jour du ciel sur des être innocents comme cela avait été le cas auparavant de l’écrasement des dinosaures par un astroïde resté sans pitié à l’égard de ces pauvres êtres qui depuis ont complètement disparu de la surface de notre pauvre planète.

L’étranger dans la cité

Ce qui impressionne dans le compte-rendu littéraire de cet ouvrage, ce sont les détails historiques et culturels mentionnés sur la manière cavalière avec laquelle des citoyens syriens ont été traités par les autorités américaines au cours des inondations de la Louisiane. On se souvient que l’équipe Bush avait été sévèrement accusée d’avoir traité avec légèreté et condescendance une population frappée par un déchainement climatique apparemment imprévu et dans lequel, heureusement ni les autorités du GIEC ni la science accumulée par Allègre n’avaient eu la moindre responsabilité. A partir du nœud de l’histoire, alors que le pieux Syrien veut apporter de l’aide aux habitants en cours de noyade, il est en butte au mépris et à l’hostilité de la police du comté. Après cet épisode rocambolesque pour les uns, ridicule et navrant pour les autres, le critique acerbe de la civilisation américaine s’en prend aux us et coutumes de cette nation jetée au banc des nations parce qu’elle confond des amis avec des ennemis, traite de noirs ceux qui pourraient être blancs, de talibans ceux qui devraient étudier le Coran dans des medersa tout ceci sous les ordres de Bush dont personne ne prendra la défense ni ici ni ailleurs tant il a été pendants ses mandats à côté de ses pompes, incapable de réagir à une situation donnée et de trouver la réplique et la réponse appropriées à toute action demeurée de ce fait sans réaction adéquate.

Critiques justifiées ou non

Avant de se livrer à ces critiques justifiées sans doute mais auxquelles il manque le parallèle à établir entre des situations semblables, dignes de comparaison, il ferait mieux de parcourir l’histoire et de regarder devant sa porte ce qu’il s’y passe ou s’y est passé. Ne verrait-il pas avec une certaine surprise que des mechtas ont été incendiées, détruites avec leurs habitants cachés à l’intérieur, des Algériens chassés par fusils, mitraillettes, bombes de leur logis, pendant une guerre requalifiée en pacification. Il verrait que des délits de sale gueule sont commis chaque jour dans certains quartiers ou dans le métro parisien lorsque des forces dites de l’ordre contrôlent moins au hasard que par choix ciblé des figures considérées comme hostiles à la nation. Le port de la burqa vient d’être interdit, non en Amérique mais en France à une très forte majorité, même par les libéraux les plus purs, les plus tolérants au nom du désordre que risquerait de provoquer cet habit de mauvais aloi. Il verrait aussi que la peine de mort est considérée d’un oeuil de plus en plus familier lorsqu’il s’agit de punir des crimes impardonnables, de déférer des assassins ayant commis des assassinats hors du commun.

Où l’on apprend que les Allemands avaient été des "Boches"

Qui a appelé les Allemands des Boches, devenus les meilleurs amis des Français sous les auspices de l’entente bipartite qui doit devenir le socle infaillible de l’Europe. Point par point peut-on citer des gestes contreproductifs d’une côté comme de l’autre de l’Atlantique. Des immigrants venus d’une Europe assiégée par le Nazis pour débarquer à Long Island ont été priés d’attendre que les offices d’immigration veuillent bien accepter ou rejeter les quotas d’immigration fixés pat le gouvernement américain. En France, les réfugiés des toutes les nations confondues on été à certains moments, « hébergé » dans des camps de concentration sous prétexte que certains d’entre eux étaient des ressortissants juifs en provenance d’Autriche et d’Allemagne. Ils étaient considérés par le gouvernement de la 3è République comme « ennemis de la France » ce qui en disait long sur les connaissances historiques et géopolitiques des responsables de l’administration. Petite confusion entre amis et ennemis du pays d’accueil qui aurait du inciter à faire approfondir par les enseignants en histoire le statut respectif des origines des immigrants entrant en France. Nul ne détient l’absolue vérité. Avant de regarder ce qui se mange dans l’assiette du voisin, ne conviendrait-il pas de vérifier qui mange quoi et dans quels plats dans son propre plat quelle qu’en soit la couleur et le degré de propreté.

Questionnement éthique :

1. Est-il rationnel d’enfermer dans des camps de concentration des réfugiés politiques et raciaux sous prétexte qu’ils viennent de deux pays considérés comme ennemis de la France alors qu’en réalité ils sont venus en France pour échapper à la police de leur propre pays ?

2. Est-ce que la politique des quotas était juste au moment où des réfugiés poursuivis par police et Gestapo débarquèrent en Amérique pour tenter d’y recommencer une nouvelle vie ?

3. Est-ce que les problèmes de l’immigration ne sont pas rendus complexes par l’afflux de plus en plus massif de réfugiés économiques plus que politiques au sujet desquels aucune mesure administrative juste et efficace n’a encore été prise par les pays d’accueil ?

4. Comment régler la question des flux migratoires quand on sait qu’aucun accord n’a encore été signé par l’ensemble des pays d’accueil ?