Ethique Info

Accueil > Société > Pauvres enfants ou espèce en danger

Pauvres enfants ou espèce en danger

mercredi 3 octobre 2007, par Picospin

Les enfants sont-ils en danger ? C’est la question qu’on est en droit de se poser lorsque l’on jette un regard plein d’angoisse sur le sort qui est réservé par le politique à leur santé et à leur éducation. Ici, c’est une soustraction massive au budget consacré leur santé, là ce sont des heures de cours ou de présence à l’école ou à des participations à des activités ludiques, sportives, physiques, récréatives qui risquent de ne plus leur être consacrées.

En Amérique

Aux Etats-Unis, nouvel allié et actuel ami privilégié et reconduit de la France, le Président a l’intention d’opposer son veto à une loi qui donne l’assurance santé à plusieurs à plusieurs millions d’enfants sans couverture médicale alors que parallèlement sont réclamées au Congrès les fonds nécessaires à la conduite de la guerre en Afghanistan et en Irak. Le débat a resurgi à l’occasion du renouvellement du programme d’Assurance Santé pour les enfants qui avait permis de réduire d’un tiers le nombre des enfants ne bénéficiant d’aucune couverture de santé.

Amputation

C’est le moment choisi par le gouvernement pour amputer une forte partie du budget consacré à cet objectif alors que les démocrates ont insisté pour que ce dispositif soit étendu à 4 des 9 millions d’enfants qui sont encore dépourvus de toute assurance. Dans la dynamique de son itinéraire politique, le Président Bush a estimé qu’étendre le programme de santé ouvre la porte à un système de couverture sociale imposé par le gouvernement. La perspective de ce choix singulier a rassemblé autour des grilles de le Maison Blanche de nombreux manifestants au sein desquels les enfants n’étaient pas les moins nombreux. Beaucoup d’hommes politiques ont interprété cette tendance, cette opinion et ces perspectives comme l’expression d’une indifférence du pouvoir en place aux besoins élémentaires des enfants américains.

Coupable indifférence ?

Dans cette dynamique, on pense que les Démocrates ont de bonnes chances de refuser les coupes et déchirures dessinées dans les programmes sociaux à un moment où ce même gouvernement n’hésite pas à augmenter le budget consacré aux diverses guerres menées sur divers fronts pour contenir des agresseurs potentiellement dangereux, susceptibles de contenir la poussée des justiciers occidentaux.

Et l’Europe ?

Pendant ce temps, l’Europe n’est pas en reste. Le gouvernement français sous l’autorité du Président de la République a décidé de réduire l’horaire des écoliers dès la rentrée de 2008. Cette mesure est destinée à être étendue dès l’année suivante aux élèves des collèges. Elle a d’ores et déjà suscité des réactions violentes de la part de collectifs ou d’associations qui dénoncent le « moins d’école ». Ces dernières s’expriment par un discours dont on peut extraire des phrases ou expressions du genre « nouvelle étape dans la destruction de l’enseignement élémentaire ».

Un collectif peu convaincu et agressif

Le collectif n’est nullement convaincu par l’argument selon lequel ces heures supprimées ne seraient consacrées qu’à s‘occuper des élèves en difficulté mais au contraire à agir de telle sorte que le seul résultat de l’opération serait d’accentuer les inégalités scolaires et son seul but de supprimer les postes des réseaux d’aides spécialisés pour combler les lacunes des élèves en difficulté. Dans ce chœur des protestations et de critiques on est allé jusqu’à utiliser des termes tels que « liquidation de l’enseignement, dégraissage de la fonction publique ».

Questionnement éthique :

1. Peut-on admettre que la protection de la santé des enfants et leur éducation puisse passer derrière les impératifs de conduire des guerres meurtrières même si certains peuvent penser qu’elles sont justes ?

2. Est-ce que ces interrogations sur la santé et l’éducation de l’enfant peuvent entrer dans le cadre du principe de responsabilité, dans la mesure où ces protections et aides au développement physique et intellectuel concernent l’objectif authentique de l’humanité future et de sa survie.

3. Si l’homme consacre plus de ses ressources disponibles à contrer sinon détruire l’autre, comment peut-il protéger une humanité fragile et périssable, perpétuellement menacée par son pouvoir grandissant ?

4. Doit-on suivre dans notre raisonnement celui de Rawls qui prétend que nous devons accepter les différences et les inégalités sociales et économiques à conditions qu’elles soient aménagées au bénéfice des plus défavorisés auxquels une position satisfaisante mérite d’être assurée. Comment respecter ce principe si on commence dès le plus jeune âge à laisser au bout du chemin ceux qui ne peuvent suivre les plus riches ou les plus doués à cause d’un handicap social, physique, intellectuel ou psychique ?