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Bonnes nouvelles sur le cancer

Peut-on laisser filer les petits poissons ?

Il a des chances de régresser

mercredi 28 octobre 2009, par Picospin

Pendant longtemps on a pensé que la flèche du cancer pointait toujours dans la mauvaise direction, celle du développement et de l’aggravation

Nouveautés

Ce point de vue recule à grands pas si l’on en croit les observations qui sont faites sur deux types de cancers très fréquents et dont on a observé l’évolution sur une longue période de temps : le cancer du sein et celui de la prostate. A côté des tumeurs qui sont mortelles en l’absence de traitement, l’observation apprend qu’il existe de nombreuses petites tumeurs qui ne posent aucun problème si on les laisse de côté et qu’on se garde de les traiter. Elles sont destinées à s’arrêter de grossier jusqu’à ce quelles rapetissent puis disparaissent comme ce peut être le cas de certains cancers du sein. On pensait que le cancer prend une direction linéaire et suit une évolution d’une seule tenue, faite d’une série de mutations dont l’évolution serait irréversible. Cette figure est trop simple pour refléter la réalité qui est assurément plus complexe. Les mutations ne constituent pas la condition unique qui assure la progression de cette pathologie.

Mutations

Elles ont besoin pour agir, de la collaboration de cellules environnantes sinon de la totalité de la coopération de tout l’organisme comme celle de l’immunité, du système hormonal et de tout une dynamique qui apporte à la tumeur les ingrédients de sa croissance. Cette vision choque de nombreux médecins qui en définitive sont obligés d’accepter une réalité qui est plus optimiste que tout ce que l’on avait pensé jusqu’ici sur cette maladie. La disparition des tumeurs des testicules sont une réalité qui survient plus fréquemment qu’on ne le croit. C’est ainsi qu’on a constaté l’apparition de tumeurs de cette catégorie au voisinage du rein qui a évolué vers une cicatrice laquelle, à son tour, s’est mise à disparaître sans laisser de trace. Il faudrait se garder de placer une trop grande espérance dans les évolutions aussi favorables même s’il existe un nombre croissant de faits qui incitent à penser que toute tumeur garde la potentialité de disparaître sur le site même de sa croissance.

Formidable avancée

Ces constations constituent cependant une formidable avancée dans la mesure où elles doivent permettre aux médecins de reconnaître avec plus de précision et de pertinence quelles sont les tumeurs aptes à grossir et quelles sont celles qui sont promises à un destin plus favorable comme celui de disparaître sur place. De ce fait, la question la plus intéressante et la plus importante à résoudre est moins celle de reconnaître quels sont les cancers qui vont se développer que celle d’identifier ceux qui sont en voie de disparition. Plus tôt une cellule est sur le chemin d’un développement précoce et plus tôt a des chances de suivre le chemin inverse. C’est ainsi que très souvent des stades précoces de cancers cervicaux sont réversibles et ceci dans un laps de temps court puisqu’il se situe souvent au bout de 3 ans. Si tous les cancers précoces étaient destinés à évoluer vers des cancers avancés, le nombre total des cancers décelés depuis l’instauration des détections systématiques de cette pathologie mais en réalité ce qui se produit c’est que l’augmentation des cancers précoces n’est nullement équilibrée par la diminution de cancers évolués. Ce résultat paradoxal suggère c’est que nombre de cancers ne vont nulle part, comme c’est la cas des cancers du sein qui indiscutablement disparaissent.

Nouvelles mesures

La mise en évidence de ces bonnes nouvelles sur le cancer a incité des médecins d’une célèbre université américaine, celle de Johns Hopkins, à Baltimore, près de Washington à endosser la responsabilité encore lourde de proposer à certains malades porteurs de tumeurs qui paraissent plutôt « sympathiques » de les placer sous surveillance armée par des biopsies fréquentes. Ces heureux bénéficiaires ont le choix de laisser leur cancer sans traitement agressif mais sous surveillance étroite ou de subir une ablation de la tumeur, essentiellement la prostate si l’on détecte des signes de développement du cancer. Si la majorité des patients préfère jouer la prudence et opter pour la prostatectomie, un petit nombre accepte de jouer le jeu, cas auquel les statistiques ne font état que de 20% de développement parmi les cancers qui montrent des potentialités de développement. Une étude effectuée au Canada a montré que les traitements médicaux pour des cancers du rein n’étaient pas plus efficaces que ceux d’un placebo

Tumeurs malignes ou bénignes

Aux Etats-Unis, on se pose la question de connaître le moment où une intervention doit être décidée même si actuellement on enlève encore les petits cancers sans savoir réellement si une telle pratique est efficace et justifiée. Une première réponse est fournie par une courte série où l’on constate que 80% des tumeurs soumises à des examens de routine ne bougent pas ou au contraire régressent au cours des 3 années suivantes. Du fait des moyens de détection précoce, le filet est devenu si fin qu’on attrape aussi bien de gros que de petits poissons. La prochaine étape consistera à identifier les dimensions de petits poissons que l’on pourra laisser filer.

October 27, 2009
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By GINA KOLATA