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Où jouer ?

Ping-pong, jeu de paume ou escarmouches en raquettes

Gazon ou terre cuite ?

lundi 14 février 2011, par Picospin

On pourra me rétorquer que les évènements du Moyen Orient, la chute des empires des bords de la Méditerranée revêtent plus d’importance que les rebonds d’une petite balle blanche, rose ou jaune sur des terrains couleur brique qui se plaisent particulièrement dans les pays européens où l’on a encore le gout de l’esthétique, des combinaisons de couleurs et de l’assemblage des tons au début de la belle saison, celle qui fait sortir des sombres appartements parisiens les toilettes élégantes de ces dames amincies par leurs exercices quotidiens de raquettes et des messieurs qui ne se déplacent plus depuis longtemps avec leurs jambes revêtues de longs pantalons crème et leurs casquettes vissées sur leurs fronts bronzés.

Un "épineux" problème

C’est pourtant de ce problème épineux et apparemment sérieux que l’on discute dans les chaumières à l’heure de la soupe plutôt qu’à celle du thé et à la puissante Fédération de tennis, maintenant dirigée par un rugbyman international que l’on a préféré hisser sur cette estrade de la renommée à la place d’un féru de la raquette que l’on n’estimait pas assez convaincant pour imposer son avis motivé aux dignes honoraires de la direction technique du tennis national, et sans doute aussi international. Le suspense a pris fin dimanche. Le tournoi de Roland-Garros restera bel et bien à Paris après 2015. Les réactions se sont enchaînées depuis l’annonce de la décision ce matin. Au rayon des prétendants éconduits, Gonesse a frappé le plus fort par l’intermédiaire de son maire. "Gonesse est dans la banlieue nord et malheureusement nous n’avons pas pu réussir ce qui avait été possible à Saint-Denis avec le Stade de France. Le tennis français a encore une vision aristocratique et élitiste en matière de choix de sites.

Petits et grands tournois

"Roland-Garros va rester le plus petit des tournois du Grand Chelem. C’est une occasion manquée pour le tennis français et la métropole parisienne au XXIe siècle. Ce n’est pas le choix de l’avenir", a encore regretté l’élu. "Je ne suis pas surpris par ce choix", "je ne suis absolument pas déçu", a-t-il toutefois ajouté. "Je n’ai jamais cru que Gonesse aurait pu décrocher Roland-Garros." "Il y a un an, les réponses de Paris étaient jugées insuffisantes par la FFT. Avec nos candidatures, la FFT a pesé sur la ville de Paris. Dans la dernière ligne droite, les concessions faites par Paris ont été décisives".

Comparaisons ?

Il est vrai que comparer ces discussions que d’aucuns pourraient considérer comme vaines avec l‘arrivée sur l’ile de Lampedusa de migrants tunisiens chassés de leur pays par une improbable révolution qui s’étend de pays en pays, de territoire en oasis comme un feu de broussailles dans les garrigues tient de la bizarrerie autant que de l’inconscience et de la provocation même si les nations auxquelles on ose faire référence ont fourni au tennis des joueurs de qualité, voire des champions sinon des phénomènes de l’habileté à renvoyer la balle en question avec une force décuplée par rapport à celle avec laquelle elle a été envoyée. Tout est bien qui finit bien, puisque les tournois seront conservés sur la terre sacrée de Roland Garros, autre figure sacrée d’une guerre qui n’aurait jamais du avoir lieu et qui a tué combien de tennismen en puissance, prodiges naissants que les balles - pas celles de tennis malheureusement - de l’ennemi d’alors ont fauché en pleine vie.

Versailles ou Gonesse ?

Les plus jeunes d’entre nous n’auront pas l’occasion de visiter les demeures royales de Versailles ni les terres en friche du grand est parisien jugées trop lointaines, difficiles d’accès et trop couteuses pour des spectateurs et des fanatiques de la raquette, trop heureux de l’occasion offerte pour admirer les mollets harmonieusement gonflés des champions trop souvent invalides à cause d’un entrainement qui dépasse de plus en plus souvent les capacités de muscles, d’articulations et de tendons soumis constamment à des épreuves trop dures et trop fréquentes pour leurs potentiel naturel même quand il est artificiellement maintenu à flot par des produits tout droit sortis de laboratoires qui on détecté trop facilement les cibles à capter dans le domaine de l’hédonisme, de l’activité ludique sinon marchande, de l’admiration de soi et de la volonté de destruction de l’autre.

Quand chantent les sirènes

La Fédération française de tennis a cédé aux sirènes parisiennes qui lui ont fait miroiter une possibilité d’extension sur les Serres d’Auteuil. Pour les élu-e-s Europe écologie-Les Verts, il s’agit d’une décision qui s’appuie sur des considérations particulièrement conservatrices et en partie mensongères. Affirmer que Roland-Garros appartient à Paris, c’est dénier aux Franciliens le droit de le partager. Au plan juridique, financier, environnemental, le choix de Paris risque de se révéler un miroir aux alouettes tant les obstacles sont nombreux et sérieux".
Est-ce la raison qui a mis fin à un débat où entraient en jeu l’écologie, le politique, l’économie et le tourisme ou bien la tradition, le confort de ne pas innover ou la crainte de décevoir de potentiels électeurs si près de rejoindre des urnes qui commencent à tendre leurs bras avec ostentation ?