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Une énigme ?

Populisme

Qu’est-ce que c’est ?

mardi 13 décembre 2016, par Picospin

S’y ajoutent la réclamation pour le peuple de voir le taux des impôts diminuer en même temps que l’influence des élites, celui de la globalisation et de la modernisation. Dans les démocraties soumises aux influences des sondages, est-il exact de penser que chaque homme politique en appelle au peuple et dans ce but cherche à raconter une histoire susceptible d’être entendue par la majorité des citoyens ?

Pensées et sentiments

Il veut se montrer aussi sensible aux pensées profondes et aux réels sentiments d’une fraction aussi large que possible du peuple. Dans ce but, les adeptes de ce mouvement cherchent à l’éduquer dans le sens d’une hégémonie culturelle à vriller profondément dans l’esprit des gens pourvus d’une sensibilité de gauche dans laquelle la création d’ennemis quels qu’ils soient devient le leit motif. Utiliser le terme de populisme signifie l’existence d’une forme d’angoisse de la part des libéraux envers la démocratie et réciproquement de la part des démocrates envers le libéralisme. Dans aucun autre thème politique est-il si facile de traiter les phénomènes politiques comme ressortissant à une déviation, une pollution, voire une maladie. D’aucuns pensent que le populisme mérite d’être rejeté comme signifiant une illusion.

Une religion ?

Ce que Marx a dit des religions est aussi valable pour la notion de populisme. C’est le signe d’un profond désarroi au sein de la démocratie libérale en même temps que le signifiant d’une importante illusion. Ce qui se passe à propos de l’interprétation de cette idéologie c’est la présence d’un fort contenu émotionnel par lequel les libéraux sont accusés de « démophobie » pendant que les populistes le sont de ressentiment, voire de paranoïa. Tout se passe comme si nous, bons démocrates libéraux, ressentions l’intrusion des populistes dans la démocratie libérale comme nous avions mauvaise conscience de ne pas avoir pu ou su satisfaire les espoirs déçus pour la démocratie.

Une faillite

Ce qui justifierait que les populistes ne cessent de rappeler que nous avons failli à notre promesse de placer en première position de nos préoccupation et projets celle de l’avènement d’une ère au cours de laquelle le populisme prendrait la fonction de rôle perturbateur, mieux, d’une correction et d’une rédemption. Que peut-on faire de ce fatras ? L’espoir serait de faire du populisme un phénomène politique qui ne soit ni une idéologie, ni un style ni même un parti ou un mouvement.

Quelle représentation de la démocratie

On serait tenté d’en faire le résultat d’une représentation non démocratique de la démocratie. Elle apporte avec elle une logique interne dans laquelle coexistent les revendications des populistes à gouverner. Cette attitude et ces prétentions s’opposent à la réalité des faits qui attestent du rôle négatif dans la conduite des affaires par le populisme qui est un mouvement de protestation et non une activité positive pour créer, innover ou gérer. L’appellation de classes populaires s’adresse à celles qui sont les premières victimes de la modernisation et de la globalisation. Les adversaires désignés de ces catégories de populations sont des arrivistes, les citoyens qui savent ou ont la chance de réussir et qui de ce fait jettent un regard quelque peu méprisant sur les exclus de la société triomphante.

Des critères ?

Plus clairement, il est difficile de définir les critères du populisme ce qui fait de cette dénomination un fourre tout qui englobe tous ceux qui ont choisi de voter pour les partis politiques se réclamant de cette étiquette. Celle-ci est collée sur le profil psychosociologique de gens mus par l’angoisse, le ressentiment, la peur de perdre leur statut, leur prestige, vision qui peut aller jusqu’à la paranoïa.

Malaise dans la civilisation

Devant cette situation confuse, mal définie, ressortissant à un vague malaise, il convient de moins de se livrer à une analyse précise de la pathologie concernée que d’essayer de comprendre ce qui se passe au fond de leur âme pour prendre toutes les mesures nécessaires à ce qu’ils se sentent mieux. Les politiques populistes ont la réputation d’être simplistes, irresponsables, même irrationnelles au point de céder aux désirs immédiats, pressants, à court terme du peuple.

Bases sociales, émotionnelles ou politiques

Le populisme ne repose ni sur une base sociale particulière ni sur un contexte émotionnel ni même des caractéristiques politiques mais plutôt sur un imaginaire politique, une manière particulière d’imaginer le champ politique qui oppose un peuple moralement pur, unifié par la fiction à de petites minorités situées en dehors du peuple authentique. En un mot, le peuple doit être extrait de l’intérieur du peuple. La moralité dans ce contexte se définit en termes de travail et de corruption.

Travail ou corruption ?

Les populistes opposent les travailleurs à une élite corrompue qui ne travaille pas vraiment mais se soucie uniquement de ses intérêts. Les populistes de droite construisent l’existence d’une coalition malade à partir d’une élite et de groupes marginaux sans appartenance réelle. Les exemples abondent dans ce sens d’élites libérales et de minorités raciales aux États-Unis ou d’élites socialistes et de groupes ethniques en Europe Centrale et qui s’appuient sur un pouvoir illégitime extérieur comme celui de l’Union Européenne ou encore les communistes et les immigrants illégaux en Italie si l’on en croit les affirmations de la Ligue du Nord.

Qui est Obama ?

Cette théorie est illustrée par la controverse sur le certificat de baptême d’Obama qui serait un usurpateur, un étranger sans appartenance coupable de s’être emparé de ses fonctions sous de faux prétextes. Dans l’imaginaire populiste, les élites sont trop souvent immorales dans la mesure où elles travaillent le plus souvent pour elles-mêmes plus que pour les minorités qu’elles prétendent servir. Il s’agit de discriminer le bien commun que le peuple est parfaitement en mesure de catégoriser à partir de la notion de pureté et de corruption.

Trop de simplification

Cet imaginaire porte une résonance rousseauiste parfaitement compréhensible du point de vue de ce que l’on appelle le bon sens et qui explique la raison pour laquelle le populisme est si souvent associé au concept d’une simplification outrancière des défis politiques. Le populisme pourrait n’être que le symptôme d’un profond malaise au sein de la démocratie libérale. Il peut difficilement fonctionner comme moralisateur capable de jouer le rôle de correcteur ou de rédempteur.

Réalité ou fiction ?

Il peut nous rappeler à chaque instant les promesses non tenues par la démocratie même s’il le fait en s’autorisant des fantaisies dans le domaine politique inséparables d’un antipluralisme proche de la notion de fiction selon laquelle la volonté du peuple est unifiée et applicable selon des lignes de force transmises par un mandat impératif comme celui exercé par Chavez dont le slogan consiste à affirmer que le peuple gouverne. Avant de se lancer dans des théories approchant la volonté des peuples, ne convient-il pas de définir ce que ce terme contient ?

Indétermination

L’expression de véritable peuple est-elle dotée d’une signification dans laquelle il est possible de trouver un nombre vérifiable faute de le confiner obligatoirement dans une indétermination insoluble ? Est-ce que la théorie de la démocratie est capable de préciser ou garantir l’authenticité de ce que les populistes disent et font lorsqu’ils cherchent à « extraire le peuple du peuple » ? La théorie dite démocratique est-elle susceptible de contrer la logique des arguments avancés par les populistes et qui s’approchent de la notion de fiction ?

Représentations du peuple

Les points de vue antipopulistes peuvent parfaitement s’adapter avec ceux revendiqués par le populisme et selon lesquels seuls eux et uniquement eux, représentent le vrai peuple. Discuter de ce problème ne veut pas dire que cette approche le résout automatiquement. Sans oublier le risque de ne pas tenir compte du danger de traiter ce sujet avec condescendance sinon avec mépris.