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Que se passe-t-il en Afghanistan ?

Pour le secrétaire général de l’Elysée, une « internationale du terrorisme islamiste » est à l’origine de l’attaque qui a coûté la vie à 10 soldats français

Le destin des soldats de l’OTAN

lundi 25 août 2008, par Picospin

. L’attaque contre les troupes françaises, dont Le Figaro a publié vendredi un récit minute par minute, a suscité un début de polémique sur le niveau de préparation de nos forces et la stratégie de Paris dans ce conflit. Contre l’avis de 55% des Français favorables à un retrait des troupes d’Afghanistan, Nicolas Sarkozy a exclu cette option qui s’impose, selon Claude Guéant pour qui existe une sorte d’internationale du terrorisme islamiste.

Insaisissables

Ses combattants se déplacent d’un pays à l’autre ce qui les ramène vers un nouveau conflit en l’Afghanistan au moment où s’éteint celui créé en Irak. Dès lors, il n’est pas question à ses yeux de baisser les bras dans ce pays, qui représenterait un enjeu de sécurité considérable pour nos propres pays. Les raisons de cette opinion si hautement affirmée n’apparaissent pas dans toute leur intégralité à la lecture précise de ces déclarations. Quand le conseiller de Nicolas Sarkozy déclare que « le problème est de savoir si nous sommes avec l’ensemble de la communauté internationale ou si nous la lâchons », on ne sait guère quels sont les pays qu’il englobe dans ce groupe ni quelles sont les arguments avancés pour les y intégrer. Ce qu’il fait, c’est de se référer à Lionel Jospin, qui avait déclaré en 2001, aux débuts de l’intervention en Afghanistan, à laquelle la France participait : « On ne peut lutter efficacement contre le terrorisme qu’en le combattant dans son sanctuaire ». Dès lors, ajoute le secrétaire général, « la question aujourd’hui est de savoir si on laisse le sanctuaire prendre de l’ampleur ou non ».

Un sanctuaire

On aimerait que soit définie cette notion de sanctuaire qui dans ce pays rocailleux ou règne depuis des siècles un système clanique adossé à la culture intensive du pavot rayonnerait d’une lumière éclatante sur l’univers ce qui n’est pas encore manifestement le cas et en tout cas n’est guère reconnu par la communauté internationale, comme se plait à le penser notre conseiller mythique. Revenant sur la tragique attaque du début de la semaine, Claude Guéant assure par ailleurs que Nicolas Sarkozy était « très ému et très affecté » par la mort des 10 soldats français. « Il a eu la conscience physique de la responsabilité présidentielle, c’est-à-dire la sienne, dans l’engagement des forces armées. Cette responsabilité pourrait bien conduire à des décisions douloureuses », a-t-il précisé. Le problème dès lors n’est pas de se précipiter dans une réaction instantanée, en ce cas de type militaire, pour essayer de contrer des opérations insuffisamment préparées, quitte à exposer des soldats trop jeunes, peu aguerris à des guerres d’escarmouches, à des attaques qui les piègent dans un des reliefs les plus tortueux dans le monde.

Algérie : un souvenir ?

L’armée d’Algérie avait connu des telles circonstances autrefois sur les territoires de la Kabylie où la mortalité avait été considérable en raison de la parfaite connaissance du terrain par ceux que l’on appelait les fellaga enrôlés dans le FLN ou Front de Libération Nationale, les complicités dont ils disposaient de la part de la population et leur habitude de circuler sur un territoire familier, parcouru des milliers de fois depuis leur enfance. On peut facilement estimer que ces circonstances viennent de se renouveler au niveau du commandement de l’Otan en Afghanistan conduisant immanquablement une armée peu entraînée vers l’issue fatale décrite et commentée dans ce texte. Quelle était la motivation de ces soldats clandestins, quelle histoire, quelle légende voulaient ils écrire sur leur sol déchiré et ensanglanté ? Quel poème épique voulaient-ils laisser à la postérité avant qu’un grand poête ne se mette à traduire les aventures d’un seul et même héros revêtu des attributs de l’intelligence, de la vigueur, qui en font la figure centrale d’une histoire, d’un mythe qui voyage dans l’enfer d’une autre civilisation conquérante avnat de retrouver son destin, celui de bâtisseur d’un embryon de démocratie née des amours incestueuses de la République avec la terreur.

Questions éthiques :

1. A-t-on suffisamment démêlé les conditions de l’engagement de l’armée française dans ce combat contre des forces obscures, en perpétuel renouvellement, fuyantes, insaisissables appuyées par une croyance imperturbable et un appui solide (géopolitique ?) sur le terrain ?

2. Fallait-il se précipiter au secours des forces de l’OTAN sans réfléchir dans un « brain trust » sur les conséquences envisageables d’une telle action, les pertes possibles, les complications diplomatiques, les relations avec les Alliés d’un moment ?

3. Quelles sont les raisons réelles de cette intervention musclée dans un paysage incertain, aussi tourmenté que la culture de ses habitants et où on ne saisit guère la place de la culture du pavot ?

4. Quels sont les arguments qui permettent d’affirmer que l’engagement des troupes françaises dans ce débat est en mesure de défendre la civilisation contre la barbarie, le bon droit contre le choc des civilisations ?