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Au nom de Dieu, de l’homme, de la collectivité ?

Pour qui et pourquoi travailler le Dimanche ?

Qui sert-on ainsi ?

mardi 16 décembre 2008, par Picospin

Dieu ayant créé le monde ou l’univers en 6 jours, il devait s’accorder une journée de repos pour récupérer la fatigue de son activité et jouir en famille des heures qui lui sont accordées ou qu’il a du prendre sur son emploi du temps.

Quelle idée ?

On ne sait pas très bien d’où vient cette idée du repos dominical, c’est à dire tous les 7 jours qui est affublé d’un nombre magique, le 7, magie à tout faire qui a pour mission de réglementer le rituel religieux. On dit dans les milieux catholiques que ce repos hebdomadaire doit être conservé le Dimanche mais on ne dit pas si on peut le déplacer à un autre jour de la semaine pour faciliter et assouplir l’organisation sociale dans le seul but de ne pas faire travailler tout le monde ensemble ni faire reposer tous les travailleurs en même temps. Créer une sorte d’alternance entre les travailleurs permet plutôt de faciliter les rapports humains dans la société sinon dans la famille. Si tout le monde se rend dans les bureaux chargés de distribuer au peuple les missions dont ils ont la charge, si tout le monde doit s’arrêter de travailler le même jour, qui restera dans les bureaux et qui les quittera ? Il en est de même des commerces d’alimentation. S’ils ouvrent et ferment tous en même temps comment les clients et les commerçants pourront-ils s’arranger pour distribuer la nourriture à tout le monde. La solution ne saurait provenir que d’un incontournable décalage des horaires entre tous ceux qui achètent et tous ceux qui vendent. Vous me direz que c’est bien ce qui se passe aux heures de marché par exemple où tous, vendeurs comme acheteurs sont réunis en vue de célébrer à une heure fixe la cérémonie des repas, autrefois lien indissoluble des membres de la société, aujourd’hui en décalage permanent entre eux au grand dam des traditionalistes qui voient dans cette attitude et ces nouvelles habitudes un effondrement de la famille, la dissolution de ses rapports entre ses membres et l’annonce, c’est à dire l’apocalypse d’une fin du monde, précurseur d’une « famine psychologique » puisqu’on ne mangerait plus ensemble, que le plateau repas serait servi devant une télévision inculte, que les enfants se serviraient directement dans le « frigidaire » marque américaine s’il en fut au lieu d’attendre que la mère de famille qui a préparé religieusement – c’est le cas de le dire – le repas le servirait à partir de la soupière dans l’assiette de chacun à l’aide d’une louche déversant dans cette dernière la chaleur du liquide presque sacré qui concrétise la virtualité des éléments de l’eau chaude agités jusqu’à ébullition par le feu du fourneau, de la cheminée ou de la plaque électrique. Il est vrai que cette dernière n’apporte plus dans les foyers la cordialité, la douceur, parfois la flamme rassurante que l’on trouve dans sa concrétisation dans l’âtre de la cheminée et dans sa virtualité contraire dans le froid qui se dégage de l’ouverture de l’appareil frigorifique.

Soulager, aider et soigner ?

Est-ce que soulager la peine des autres serait par hasard une atteinte à l’intégrité d’un Dieu, maître de l’univers, ordonnateur de toute chose et qui ne supporterait pas que ses créatures s’organisent selon un autre schéma que celui qui avait été instauré au temps où les ânes transportaient les sacs de blé ou de riz, sinon de mil. On donne comme argument contre le tavail le dimanche celui d’une rupture de la convivialité, des manifestations de vie sociale, d’intérêt pour l’autre. Est-ce si sur ? Regardez ce qui se passe dans les centres commerciaux. Ils sont devenus des lieux de vie où les nouvelles générations aiment se promener, fouiner dans les magasins, découvrir de nouveaux produits commerciaux à acquérir ou au sujet desquels on aime rêver. On peut ne pas être d’accord avec cette conception de la vie, cet attachement aux biens matériels, cette alliance de l’homme avec le virtuel des jouets, des jeux qui font tous appel à un imaginaire qui ressemble plus à celui du pauvre que les évocations de l’esprit par l’imagination aidée par la poésie, la littérature, les arts plastiques ou la musique. Pour tous ceux qui n’ont pas eu la chance de naitre dans un foyer où sont présentes, vivantes ces formes de culture, peut-on considérer ces alléchantes attrapes comme des appels lointains au perfectionnement de la culture, des arts, des mots, des sons ou de l’écriture ? Est-ce par ce biais que peuvent s’introduire sournoisement les objets non du culte, tels qu’on peut ou doit les voir dans les espaces sacrés mais ceux de la culture d’aujourd’hui qu’on ne saurait esquiver sous le prétexte fallacieux qu’ils appartiennent à une autre génération. L’alternance devient le maitre mot de l’organisation du travail ou des tâches à accomplir pour et par une société organisée.

Des relais, une alternance

Les bons citoyens doivent se relayer pour participer à la vie de la société tous les jours que dieu a faits et assurer à tous, 24 heures sur 24 un service qui leur permette de vivre. Cette condition que personne ne saurait réfuter oblige les autorités à organiser les prestations des organismes au service de la société. Faute de disposer de ce type d’organisation, on risque de se trouver dans la situation de nombreux fondamentalistes qui interprètent les livres, les écritures et la loi non pas dans l’esprit mais dans la loi. Sous ces conditions, on ne ramasserait plus les blessés sur les routes ou sur les champs de bataille, on refuserait de soigner les malades dans les hôpitaux, on n ’offrirait plus de nourriture aux affamés certains jours de la semaine au nom du dieu que l’on s’est juré de servir et dont on pense que lui aussi s’est accordé une journée de repos, une sorte de récupération de l’activité intense qu’il a déployée pendant toute la semaine, pendant 6 jour consécutifs pour construire le monde, un monde ou son monde. « Le chapitre 4 de l’épître aux Hébreux nous enseigne que le sabbat renferme l’idée de la participation au repos de Dieu. » et « Les prophètes insistent sur ce point-ci, que le sabbat était donné comme un signe de l’alliance de Dieu (Ézéchiel 20:12, 20 ; Exode 31:13). Le sabbat était les arrhes de ce qui était renfermé dans cette parole : « Ma face ira, et je te donnerai du repos » (Exode 33:14.) » Les blessés par balle ou arme blanche, on les soigne tous les jours sans leur fixer au préalable le jour, l’heure et la seconde auxquelles cet événement programmé doit se produire. La nourriture, on la distribuera tous les jours sans exception à la condition que tel magasin soit ouvert pendant qu’un autre fermera pour permettre aux ouvriers et salariés de se reposer. Un hôpital sera ouvert pour y accueillir les blessés de la vie pendant que les autres s’occuperont des leurs à l’aide des soignants disponibles, revenant de leur repos, ayant quitté leur famille, leurs amis pour se consacrer au service des autres. Ceci pourra être réalisé au nom de Dieu, de l’homme, du citoyen ou de la dignité d’être.

Questionnement éthique :

1. Puisqu’il existe des exceptions pour le travail du Dimanche, réservé à certaines professions qui doivent assurer un service de garde, pour quelle raison ne pourrait-il être étendu à d’autres professions, à condition qu’un cycle de rotation soit ouvert qui permette à chacun de se reposer afin de récupérer ?

2. Est-ce que dans ces conditions, le travail du dimanche pose tant de problèmes alors qu’il suffit de légères adaptations pour permettre à chacun de profiter de cette occasion pour augmenter ses revenus ?

3. Est-ce que l’organisation des jours fériés et de repos est si difficile à mettre en place à un moment où les enfants ne travaillent plus le samedi, sont donc disponibles pour leurs parents et inversement ?

4. Quelle est la part des causes religieuses dans la nécessité d’obéir aux préceptes des religions de chômer certains jours. Ne s’agit-il que d’une mémoire collective tirée de la Bible ou d’autres documents et dont les lois ne sont appliquées que par une petite minorité de fondamentalistes plus proches de la loi que de son esprit ?

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