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Pour qui les soins palliatifs ?

vendredi 10 juin 2011, par Picospin

Peut largement mieux faire. A mi-parcours du Plan national de développement des soins palliatifs 2008-2012, le rapport remis lundi 6 juin à Nicolas Sarkozy par le Professeur Régis Aubry, président du Comité national de suivi, décrit un essor des soins palliatifs en demi-teinte, pointant notamment une inégalité de l’offre entre régions et des dysfonctionnements dans l’allocation de crédits.
Ainsi, concernant les "lits identifiés de soins palliatifs", installés dans des services classiques, le comité de suivi pointe un "paradoxe peu défendable". Il n’a constaté aucun renfort significatif de soignants, alors que ces lits génèrent d’importantes ressources pour les hôpitaux, puisqu’il a été décidé, comme la prise en charge des patients en fin de vie est plus lourde, qu’ils soient mieux dotés financièrement afin de recruter du personnel.
Dans les équipes mobiles, chargées de conseiller sur les questions techniques et éthiques les soignants qui

Pour qui les soins palliatifs ?
On sait qu’une nouvelle médecine est née il y a près d’un siècle quelque part au Royaume Uni dans un hôpital qui s’appelle le Saint Christopher et qui plus précisément est situé à Londres. Depuis cette époque inaugurale d’une conception originale de la médecine, les observateurs du monde entier affluent dans cet établissement pour s’initier aux techniques élaborées, mises à jour, réactualisées et chaque jour perfectionnées visant à s’occuper des personnes en fin de vie. Autrefois, ces dernières étaient abandonnées à leur sort, à leur destin sans aucune intervention humaine puisqu’on avait décidé depuis longtemps qu’au delà d’un certain seuil, la médecine devient impuissante à soulager la douleur, à calmer l’angoisse, à accompagner le malade en phase terminale d’une maladie grave rapidement et irrémédiablement mortelle. Dans cette perspective, le suivi est assuré par une équipe médicale dûment entrainée pour satisfaire aux besoins des patients. Comme cette activité est spécialement prenante et prégnante, le soutien de ces soignants et soignantes devient indispensable à l’aide de toutes les mesures susceptibles d’aider ces personnes à soutenir leurs patients affaiblis, fragilisés, angoissés aux portes de la mort mais dont la confiance sort renforcée de la présence sans relâche d’intervenants professionnels et bénévoles dont la conscience guide vers l’apport de plus de courage, d’empathie, de solidarité dans un étape qui nous concerne tous au même point. C’est dans cet esprit que les plus hautes autorités de l’état ont parfaitement compris la nécessité impérieuse de doter les structures et le personnel soignant de moyens nécessaires pour faire fonctionner dans les meilleures conditions ces équipes dévouées à la cause des mourants
Peut largement mieux faire. A mi-parcours du Plan national de développement des soins palliatifs 2008-2012, le rapport remis lundi 6 juin à Nicolas Sarkozy par le Professeur Régis Aubry, président du Comité national de suivi, décrit un essor des soins palliatifs en demi-teinte, pointant notamment une inégalité de l’offre entre régions et des dysfonctionnements dans l’allocation de crédits.
Ainsi, concernant les "lits identifiés de soins palliatifs", installés dans des services classiques, le comité de suivi pointe un "paradoxe peu défendable". Il n’a constaté aucun renfort significatif de soignants, alors que ces lits génèrent d’importantes ressources pour les hôpitaux, puisqu’il a été décidé, comme la prise en charge des patients en fin de vie est plus lourde, qu’ils soient mieux dotés financièrement afin de recruter du personnel.
Dans les équipes mobiles, chargées de conseiller sur les questions techniques et éthiques les soignants qui. appuyé par les députés les plus conscients de la tâche de s’occuper de ces problèmes sanitaires majeurs, autrefois abandonnés aux oubliettes par crainte de la mort pour soi-même a décidé d’accorder à cette activité très spéciale de la médecine les moyens indispensables à assurer le service du à toute personne placée devant le dilemme de la mort.

Le cap de la fin de vie et celui d’un commencement inconnu, parfois terrifiant ou apaisant est ainsi franchi dans les conditions les moins mauvaises pourvu que les équipes soient soudées, les relais fidèlement assurés et les transmissions accomplies sans faille ni interruption. C’est pour toutes ces raisons que le gouvernement aidé et
suivent ces patients en hôpital ou maison de retraite, le personnel fait aussi défaut. L’insuffisance de moyens de fonctionnement est d’autant plus condamnable que les financements sont là. Pour les 353 équipes mobiles, plus de 100 millions d’euros sont dégagés chaque année. Mais selon le comité, il semble que des sommes allouées soient amputées soit par les Agences régionales de santé, soit par les hôpitaux, et destinées à d’autres objectifs.
Le rapport insiste aussi sur l’inégale répartition de l’offre de soins entre régions. Ainsi, la France compte au total 107 Unités de soins palliatifs (USP), services dédiés à la fin de vie qui accueillent les cas les plus complexes. Chaque région en a au moins une, mais pour 100 000 habitants, le taux d’équipements en lits varie de 0,4 à 4,8 lits. Les USP sont concentrées dans cinq régions (PACA, Rhône-Alpes, Bretagne, Nord-Pas-de-Calais et Ile-de-France), qui comptent 71 % des lits alors qu’elles ne représentent que 48 % de la population. Pays de la Loire, Basse et Haute-Normandie, Poitou-Charentes, Centre et Bourgogne sont, elles, mal dotées. Résultat : dans certains départements, il n’y a toujours pas d’unité.