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Au banc des accusés : Google ?

Pourfendeur d’éducation et d’images

Un sévère critique

vendredi 2 octobre 2009, par Picospin

Et d‘ajouter que « comme personne n’a la possibilité physique de lire toutes ces pages, tout ceci ne constitue que le savoir disponible potentiel. »

Une terrible accusation

Cette sentence, si sentence il y a, constitue l’exemple même d’une tentative de confiscation de la liberté puisque l’auteur de cet article s’est plu à ajouter à son texte qu’il juge sans doute génial, que « le Web est intéressant si le temps moyen passé par un internaute sur des pages contenant du savoir est important ». C’est une évidence telle que de nouveau l’auteur de cet article, qui se targue d’être « président de Speechi, société de logiciels d’enseignement en ligne » affirme de façon péremptoire que « cette quantité de savoir réellement disponible, qui n’a d’ailleurs jamais été très élevée sur le Web, diminue structurellement de jour en jour, Google étant l’acteur majeur, bien que probablement involontaire, de ce rétrécissement. » Pour étayer son sujet, M. Klein, bien-aimé auteur de l’article, se prend pour le philosophe Emmanuel Kant quand il parodie son modèle en écrivant que « pour Google, la qualité des résultats est donc un moyen, non une fin. »

De Klein à Kant

On se souvient que cette maxime s’applique dans l’esprit du philosophe à l’homme et non à une machine gérée automatiquement par des algorithmes – la pauvre – qui se trouve en situation d’accusée comme n’importe quel suspect, devenu accidentellement coupable et plus tard placé en garde à vue pour être jugé. » Ce que tout homme libre, normalement constitué peut accomplir en toute liberté lorsqu’il s’adresse à Google, c’est de se transporter sur Internet, d’y ouvrir n’importe quel intitulé des pages Google et de chercher, par simple lecture et mouvements oculaires appropriés, le thème par lequel il est intéressé, d’accepter ou de rejeter totalité ou partie du texte présenté puis de l’intégrer, s’il le juge nécessaire, intéressant et utile, dans une réflexion, un texte, une production quelconque qui ne pourra sortir de cette procédure qu’enrichie par les informations intégrées dans les pensées du chercheur occasionnel ou habituel. Que Google soit rémunéré pour cette activité ou ce service parait parfaitement légitime puisque chaque action, chaque service rendu a un coût qui, n’étant pas pris en charge par la société ou l’état, n’a qu’un seul moyen de recevoir une rétribution, qui, dans le cas qui nous préoccupe ne saurait provenir que du « client » qui clique si l’on peut se permettre cette onomatopée discutable musicalement, mais justifiée intellectuellement.

Etudiants et consultants aux bancs des accusés

On ne voit pas bien pour quelle raison M. Klein se croit obligé d’accabler les pauvres étudiants déjà malmenés dans les débats concernant leur ardeur au travail de « chercheur de distraction et de temps perdu » (heureusement au singulier – ce qui réduit la portée de l’accusation !!!. Pour compléter les charges de l’accusation du patron de « Speechi » ce dernier n’hésite pas à accuser la société cible de son ire, de recourir à la publicité pour fourvoyer les malheureux chercheurs dans des attitudes condamnables puisque guidé par la morale, ce directeur souhaiterait peut-être se débarrasser de toute velléité de publicité ce qui rendrait son cœur pur, son âme limpide et son innocence indiscutable. Nous aussi ….Combien ne serais-je pas heureux de pouvoir me débarrasser du triste spectacle des incongruités présentées à propos de produit d’entretien à base de Javel dont je déteste l’odeur, de jambons vieillis par le temps et les conditions de stockage, d’enfants souriant benoitement à leur Maman au gouter pour la remercier de leur avoir tartiné un produit chocolaté sans chocolat, de leur offrir du lait sans lait et d’avoir substitué en secret la lait de vache à celui de chèvre.

Au tour du cinéma

Pour fournir le plein de provocations, sans doute à l’occasion d’une montée d’adrénaline dans sa circulation sanguine, notre auteur termine par une violente et totalement injustifiée diatribe inspirée par l’auteur à succès, Milan Kundera, contre le cinéma, ce « 7è art, qui a si longtemps bercé nos cœurs et nos esprits avec des intelligences et des peintres de notre société comme Chaplin, Renoir, René Clair, Fellini, Comencini, Nano Moretti, Antonioni, Kurosawa, Woody Allen, Bergman, qui, par le génie et l’évocation des images ont fait s’envoler dans les nuées de l’imagination, des rêves, de l’émotion et de la vérité, de nombreuses générations de spectateurs attachés aux évocations et à la symbolique de l’imagerie, de l’impact des formes et de couleurs sur notre vécu, notre mémoire, nos représentations, nos allégories, nos simples souvenirs sinon nos oublis, nos modèles perdus. Heureusement qu’une cinémathèque existe qui rapproche le passé du présent, rapporte de notre iconographie personnelle, les formes déchirées, parfois déchiquetées, des séquences projetées, conservées ou restaurées, bientôt numérisées, grâce auxquelles une plongée dans le passé et autorisée par un saut sans élastique, sécurisé sinon rassurant. A-t-on fait plaisir au Ministre de la Culture ?