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Opium ou lithium ?

Pourquoi meurt-on en Afghanistan ?

Un choix ?

mercredi 16 juin 2010, par Picospin

On croyait naïvement que c’était pour des végétaux à l’origine de bienfaits spectaculaires sur le psychisme, le pessimisme ou la douleur ce qui aurait pu devenir une raison majeure de sacrifier dans ce pays lointain et escarpé des jeunes gens de tous le pays sous prétexte de lutte pour la démocratisation et contre l’obscurantisme.

Un problème complexe mais enrichissant

En réalité, le problème est plus complexe si l’on tient compte des dernières nouvelles en provenance du sous-sol de cette région qui recèlerait des richesses minérales insoupçonnées. Elles viennent de passer de cet état obscur et interrogateur à celui d’une réalité confirmée par les organes les plus fiables de nombreux pays concernés par les éventuelles recherches, les profits et l’intérêt commercial à puiser dans les profondes stratifications sur lesquelles sont assis les habitants du pays. Auquel sont venus se joindre à toute vitesse tous ceux qui sont intéressés par les exploitations de gisements rares et hautement intéressants pour l’industrie, la science et le commerce. L’Afghanistan serait assis sur près de 1.000 milliards de dollars de ressources minérales, selon des géologues américains. Les vastes ressources minérales de l’Aghanistan (fer, cuivre, cobalt, or, platine, lithium..) viennent d’être estimées à au moins 743 milliards d’euros par un groupe de travail américain.

Potentiel économique

L’existence d’un tel potentiel économique pourrait être une source d’espoir pour les Afghans, - et sans doute pour les candidats à l’exploitation - selon les autorités américaines."Les Afghans prennent conscience qu’ils ont une source de richesse indigène qui si elle est exploitée correctement leur permettra d’être souverains. Mais sans une amélioration de la sécurité et des investissements massifs dans l’exploitation minière, cette manne n’est pas près d’être exploitée. Sans parler des effets indésirables qu’elle pourrait générer, comme la corruption ou la guerre civile, ce que l’on avait soupçonné et compris d’emblée. Les obstacles pour exploiter ces richesses sont nombreux comme le manque de chemins de fer et de réseau électrique. Une grande partie des minéraux sont situés dans ou près des bastions talibans, ce qui pourrait encourager les combats pour le contrôle de ces gisements. Une estimation supérieure est envisageable si l’on prend en compte les réserves non déterminées de lithium qui pourraient se trouver sous des lacs asséchés dans le pays.

Lithium

Les géologues estiment qu’une des provinces de ce pays renferme de grandes quantités de lithium, ingrédient-clé des batteries de téléphones portables et d’autres produits. Pour calmer l’enthousiasme généré par la perspective de disposer de tant de richesses, on avance des restrictions susceptibles de modérer ardeur et enthousiasme excessif. « De gros gisements ne généreront pas forcément une pluie de dollars étant donné la concurrence internationale et les fluctuations du marché » s’empresse-t-on d’ajouter avant que n’affluent les hordes de financiers, chercheurs, industriels à la recherche des précieux produits à ramener de l’ombre à la lumière. Un rapport de géologues américains publié sur le site du New York Times confirme l’existence de gigantesques réserves de minerais. Le pays, en guerre depuis huit ans, pourrait devenir l’un des premiers exportateurs mondiaux. Pendant l’occupation soviétique des années 1980, des experts miniers avaient déjà sondé le sol afghan. L’équipe de géologues et de responsables américains s’est d’ailleurs appuyée sur les cartes et les données collectées afin de mettre au jour ces richesses. Les autorités afghanes ont entrepris de recenser les ressources naturelles du pays. Reste maintenant à attendre une première évaluation qui devrait s’accompagner d’une ébauche de politique d’exploitation.

Un formidable développement économique

Selon les autorités afghanes, cette découverte pourrait jouer “un rôle déterminant dans le développement économique du pays”, perspective que le chef du commandement central américain ne réfute pas. Faute d’infrastructures dignes de ce nom, l’Afghanistan pourrait rencontrer des problèmes pour exploiter et exporter ces ressources. La seule grande route reliant le nord au sud du pays est souvent le théâtre d’explosions de mines artisanales. L’Afghanistan, pays en guerre depuis huit ans, doit d’abord parvenir et maintenir une paix durable avant de s’atteler au véritable enjeu de cette découverte : un développement économique et autonome sans précédent.

Questionnement :

1. Quel est le message que pourrait envoyer l’Europe à une situation aussi complexe où la perspective d’une économie révolutionnaire le dispute à la menace d’un chaos politique ?

2. Combien de temps est susceptible de durer une situation aussi instable à laquelle viennent mettre leurs ingrédients les puissances à l’affût d’une barbarie capable de rendre la monnaie de sa pièce à un peuple épuisé par de longues et dures luttes, des confrontations incessantes et la vision d’un sang qui ne cesse de couler ?

3. Comment et qui peut aider ce pays à retrouver une stabilité minimale, le temps de s’organiser pour réaliser un destin organisé, pérenne et ambitieux ?

4. Comment trouver le chemin juste et droit entre protestation et dignité au milieu du pavot, et maintenant du lithium ?

5. Le ministère des Affaires étrangères français ne s’y est pas trompé qui, sentant la manne, a indiqué qu’une première évaluation de la présence de minerais serait présentée bientôt à Kaboul,et que l’ébauche d’une politique d’exploration de ces gisements devrait être proposée.