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Mort d’un commis reporter

Pourquoi tant de victimes ?

Sacrifice inutile

samedi 14 janvier 2012, par Picospin

C’est l’impression qu’on a eu en écoutant les commentaires servis au décours de la mort par balles du jeune, sympathique et intelligent grand reporter de France 3 à Homs en Syrie où il a été atteint mortellement par des balles venue d’où on ne sait où, vers une cible non identifiée, à partir de tireurs inconnus.

Questions

Faut-il vraiment sacrifier la vie de ces individus courageux, voire héroïques pour satisfaire les gouts pervers des lecteurs et voyeurs maqués derrière les masques des curieux morbides qui ne cessent de chasser les évènements sur la mort, la disparition des êtres les plus précieux et la perte des meilleurs d’entre nous comme le dirait un éminent homme politique récemment revenu sur le haut du pavé politique ? Quelle est la nécessité d’informer vite et bien au prix d’une ou de plusieurs vies compromises ou définitivement perdues ? Nul ne le sait sinon que la tendance à émerger de la concurrence est si forte que le sacrifice d’un être humain compte moins que le triomphe d’un organe d’information prenant de vitesse ses collègues pour la rapidité et la primeur d’une information qui durera ce que durent les roses dont on sait qu’en l’absence d’irrigation et d’arrosage fréquents, elles se fanent trop vite. On va mettre en avant la mort au champ d’honneur chère à nos thuriféraires de la grandeur, de la noblesse, de l’honneur et de l’héroïsme. Est-ce essentiel à la survie et au perfectionnement de l’humanité qui a autre chose à faire que de prier ses morts, de les enterrer aux accents des hymnes nationaux et des défilés propres à rassurer sur les qualités morales de la nation et le courage de ses défenseurs attitrés ?

Morts inutiles ?

Ces morts sont inutiles alors que leur vie est précieuse. Vivants, ils restent un exemple et une image, une écriture, des textes à livrer à leurs descendants plutôt que de s’appesantir sur des cercueils aussitôt disparus que les obsèques auront été expédiées à la plus grande vitesse pour jeter un voile d’opacité, de noirceur et d’ignorance sur les causes d’assassinats injustifiés, inexplicables et toujours immérités comme chaque mort. Laissons donc vivre nos dignes serviteurs de l’information pour qu’ils continuent au travers de leur vie, plus que de leur mort à transmettre les messages, à expliquer les évènements et à bâtir comme premiers témoins rapprochés de l’histoire tragique des phénomènes, des manifestations ou des occurrences l’histoire reconstituée des tragédies et drames auxquels ils sont invités à participer ou dont ils ont à témoigner.

L’ère des témoins

Ce sont les vivants rescapés des désastres et des massacres organisés qui servent de témoins à l’histoire plus que les cadavres ensevelis dont le mutisme interdit à jamais de dénouer les fils des événement et les intersections des nœuds. Éviter la mort et les morts c’est aussi se priver d’exhiber des âmes mortes au profit de causes injustifiées ou de montrer des pancartes au regard des manifestants de toutes origines et opinions qui en confisquent les idéologies au profit de leurs passions plus que de leur raison.