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Précautions

mardi 11 mai 2010, par Picospin

Le premier sujet concernait naturellement les malheurs de la Grèce et de ses malheureux camarades promis à une mort certaine s’ils n’étaient pas sauvés d’urgence par un Samu européen capable de les hospitaliser sans un service de réanimation privé comme il en existe beaucoup en Grèce.

On avait crié au loup devant les dettes des pays pauvres, incapables de s’organiser mieux pour éviter le désastre, la faillite, l’écroulement de toute l’Europe avec eux. On se serait cru à la veille de la pandémie grippale au moment où sous la haute autorité de la Présidente chinoise, l’OMS avait élevé le stade de gravité de cette maladie infectieuse banale à une hauteur vertigineuse telle qu’elle avait conduit nombre de pays à appliquer immédiatement le principe de précaution. Ce dernier avait fait dépenser aux états des sommes faramineuses dont la récupération s’est avérée difficile pour revendre à des états aussi pauvres que Monaco ou Dubaï les stocks des vaccins commandés à la hâte aux laboratoires pharmaceutiques fous de joie à la réception des ordres de vente à un moment où les économise ne brillaient pas par leur magnificence. On en était donc au principe de précaution le bien nommé, mythe protecteur des hommes, des femmes et des enfants menacés par l’attaque d’un virus considéré comme dangereux comme l’a martelé notre Ministre de la Santé qui a vru devoir ajouter dans sa déclaration que « faute de vaccinations, les gens et les enfants allaient mourir ». De même, faute d’une résolution de l’Europe pour sauver la Grèce ou ce qu’il en restait, notre continent allait s’écrouler comme château de cartes balayé par des courants d’air contraires. A ces annonces épouvantables, on s’empressa de se porter au secours de la malade pour éviter qu’elle ne contamine le reste des autres pays fragilisés déjà par les premières atteintes du mal. Ces alertes eurent un effet instantané sur les gouvernants qui, pris de panique, mirent moins de 24 heures pour secourir les pauvres Athéniens et Spartiates qui allaient le devenir encore plus après l’application des mesures draconiennes de rigueur imposées et appliquées par l’ensemble des nations à des citoyens sur les têtes desquels on pouvait taper de façon vigoureuse et répétitive pour leur faire prendre le bon chemin. On veut parler du parcours le plus droit autour de cette mer Egée si proche et si dangereuse du fait de la présence de quelques obstacles qu’il faut contourner pour éviter les rencontres avec des Turcs menaçants et concurrents féroces, des îles qui sentent la poudre comme Chypre sinon des dissensions internes qui avaient autrefois mené au pouvoir de dangereux colonels sortis de la guerre comme soldats de plomb après la fin d’hostilités qui n’étaient malheureusement pas destinées qu’aux enfants. Après cette crise, tout le monde respire en remettant les pendules à l’heure, initiative qui ne s’impose pas sur une péninsule bordée des coloris bleus et de maisons blanches venus se refléter sur un fond azur secoué par la violence du meltème, ce vent du nord qui balaie les terres, lèche le mont Athos et nettoie les restes de l’Acropole depuis longtemps mis à l’abri dans quelque musée londonien. Tout est bien qui finit bien en attendant que le volcan ne crache plus, que les habitants de Salonique et d’ailleurs se contentent de consommer leurs olives et que le monde rasséréné attende patiemment la prochaine crise financière sinon économique pour se mettre à table et y déposer tous les jetons de présence enfouies dans leurs poches trouées.