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La chute du saint ?

Premiers déboires pour Obama ?

Des directions à corriger ? Problèmes d’éthique ?

mercredi 4 février 2009, par Picospin

Ce dont il a moins parlé, ce sont les astérisques qui accompagnent ces textes. Les exceptions qui n’ont pas été prises en compte concernent les individus appelés justement à ces postes de responsabilités et qui ne se sont pas acquitté du paiement de leurs impôts sans compter un candidat à un poste important de l’armée au Pentagone et sans oublier ceux qui ont été recommandés pour des emplois dans le gouvernement par des membres influents de l’industrie même s’ils n’ont pas été enregistrés comme tels de façon formelle.

Laxisme ?

Le Président a affirmé qu’il se tenait résolument aux côtés du Sénateur Tom Daschle qui avait été pressenti pour devenir le secrétaire d’Etat à la Santé. Ce Monsieur s’est depuis lors confondu en excuses pour ne pas s’être acquitté du devoir élémentaire de payer ses impôts qui s’élèvent à 128.000 $. Cet épisode a montré clairement que lorsqu’il était confronté à un heurt ou une discordance entre la rhétorique de sa campagne et les réalités de Washington M. Obama est dispos à chercher un compromis. Tous les 4 ou _ ans, un nouveau Président arrive en ville, déclare qu’il est déterminé à nettoyer en profondeur les procédés inadmissibles et invariablement prend le vent pour tenter de réconcilier les idéaux propres des discours électoraux avec la sale réalité des affaires du gouvernement. Obama a été un des Présidents qui s’est employé à imposer les règles éthiques les plus dures qu’un Président ait jamais promulguées ce qui ne les a pas empêchés de d’expliquer les raisons de leur laxisme à propos de tel ou tel affaire. C’est un problème majeur a déclaré une responsable des comportements éthiques des citoyens car ses promesses et ses premiers actes ont laissé entendre qu’il agirait conformément à ses déclarations antérieures ce qui laissait de grands espoirs. Une telle dérive dans l’action est sans doute la raison pour laquelle les gens sont si septiques à propos de la moralité des politiciens car les changements auxquels nous pouvons croire ne sont pas du même type que les choses qui se rapportent aux affaires habituelles. C’est ainsi que l’équipe de Obama est soumise aux critiques des blogueurs qu’ils viennent de la gauche ou de la droite, qu’elle est raillée par les émissions de télévision et interrogée par des journalistes pour savoir si réellement le Président est en train de modifier la façon dont Washington travaille ou s’il confie à un autre parti le changement de politique prévu.

Action à double effet

C’est pour cette cette raison que des Républicains voient dans cette façon de faire une action à double effet. Qu’en aurait-il été si Paulson était arrivé au gouvernement sans avoir payé ses impôts ou si cela avait été le cas pour n’importe quel autre membre du gouvernement de Bush ? Une telle attitude aurait été rondement critiquée. Les démocrates, dont certains avaient servi de conseillers à Obama ont déclaré en privé que ce dernier n’avait qu’à s’en prendre à lui-même pour avoir émis un message aussi fort lorsqu’il avait été candidat sans reconnaître qu’il était très difficile de suivre une telle voie sans compromission. Au cours de sa campagne, Obama s’en était pris à toute la culture qui sévit à Washington et où nos chefs ont laissé s’ouvrir les portes du Congrès et de la maison Blanche à toute une armée de personnages appartenant aux gens des lobbies qui ont transformé le gouvernement en un jeu auquel seuls eux mêmes peuvent se permettre de jouer. Il s’est engagé à fermer la porte et de nettoyer les deux extrémités de l’avenue de Pennsylanie à l’aide des reformes les plus éthiques de l’histoire. Le langage a toujours plus de vertus de décrassage que la réalité qu’il est censé représenter. Il n’a cessé de déclarer qu’il refuserait toujours l’argent des gens des lobbies ce qui ne l’a pas empêché de prendre l’argent des gens qui les avaient engagés. Le projet éthique qu’il avait esquissé et imposé en définitive à l’administration n’a pas chassé sans contestation tous les personnages des lobbies mais a établi les conditions indispensables à leur recrutement. Pour donner un exemple, M. Daschle n’est pas un véritable personnage appartenant à la confrérie des lobbyistes mais a donné un joli conseil à des clients qui cherchaient à exercer une influence auprès de membres du gouvernement dont certains étaient très liés à l’industrie de la santé.

De bonnes places

Certains de anciens personnages appartenant au lobby ont trouvé d’excellentes places dans l’administration y compris un représentant de Goldman Sachs qui est devenu depuis le chef de cabinet du Secrétaire Général au Trésor. Un autre membre de cette profession qui a travaillé en son temps en faveur d’une campagne pour la promotion du tabac parmi les jeunes a été choisi pour s’occuper de la santé. Les conseillers d’Obama se sont défendu en déclarant que les exceptions avaient été très rares si l’on tient compte des milliers de personnes qui avaient été recrutés et que les personnes engagées seraient imperturbablement licenciées en cas d’activités de lobbying pendant les deux dernières années. On ne fera d’exceptions qu’en raison d’aptitudes particulières et un très longue expérience. D’un autre côté, certains avocats ont insisté sur le fait que les règles récemment édictées avaient été bien plus sévères que toutes celles qui avaient été établies jusqu’ici. Ces mesures représentent une attaque vigoureuse contre la culture de Washington a affirmé un dirigeant d’une association d’avocats en faveur des démocrates. En ce qui concerne les gens qui ne s’étaient pas encore acquitté de leurs impôts, de telles erreurs ne doivent en aucun cas effacer leurs qualités et leurs prouesses.

Un mauvais argument

Cet argument a été jugé comme spécieux aussi bien par la droite que par la gauche et a suscité des questions délicates comme celle de se demander si le fait d’accomplir parfois des gestes bien intentionnés et efficaces permet de briser la loi à un moment où la nouvelle administration vient tout juste d’entrer en action. Les commentaires vont bon train à propos de ces maladresses aussi bien de la part de modestes blogueurs que d’anciens hauts personnages de l’état qui pensent que Obama est en train de nager à contre-courant, que des promesses de voir un nouveau jour après le Watergate était un leurre si l’on compte le nombre important de gens impliqués dans des malversations. Ce fut aussi le cas de Bush qui avait prédit une nouvelle ère de responsabilité et qui a fini par établir des collusions avec les milieux impliqués dans l’énergie et le complexe militaro-industriel. Une ancienne secrétaire de presse de Jimmy Carter a dit qu’elle préférait voir des objectifs élevés et nobles que pas de buts du tout. Si vous vous attachez à des niveaux élevés vous risquez assurément d’en manquer quelques uns et vous aurez à vous contenter parfois de quelques compromis mais en même temps vous prenez la chance de réaliser davantage d’actions bénéfiques.

The New York Times
February 3, 2009
Obama’s Ethics Reform Promise Faces Early Test
By PETER BAKER

Questionnement éthique :

1. Est-ce que les préoccupations relatives à l’éthique diminuent ou disparaissent partout dans le monde ?

2. Est-ce que cette diminution des préoccupations éthiques touche un ou plusieurs secteurs de l’activité comme la politique, les finances, l’économie ?

3. Est-ce que si on remplace l’éthique par le principe de responsabilité, la situation de la moralité dans les rapports individuels ou collectifs entre agents a une meilleurs chance de s’améliorer ?

4. Comment renforcer le sens ou la référence à l’éthique dans un monde qui assiste plus ou moins passivement au retrait d’un Dieu et à l’arrivée de multiples dieux ?