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Comment gérer les catastrophes naturelles ?

Principe de précaution à Haïti

Une punition ?

jeudi 14 janvier 2010, par Picospin

On avait accentué l’aspect tragique d’une contagiosité considérée comme particulièrement dangereuse, hypothèse pessimiste qui a été heureusement démentie par l’évolution et les évènements.

Notre planète ne cesse d’être secouée par des accidents qui affectent des milliers voire des centaines de milliers de personnes comme les tsunami d’Asie, les ouragans américains et tout récemment encore les séismes telluriques qui ont jeté à bas des milliers de bâtiments privés et officiels en Haïti, produisant un bilan particulièrement terrifiant de morts, de disparus et de blessés. A ce moment, les bonnes volontés se mobilisent dans une course qui s’apparente plus à celles que l’on organise dans les kermesses que dans un véritable objectif d’aide, de sauvetage et d’assistance à l’étranger qui souffre. De toutes parts, on entend des appels aux dons dont il n’est pas certain qu’ils soient efficaces car il faut du temps, des compétences, de l’organisation pour transformer en aide active et efficace les sommes d’argent provenant de la charité et de la solidarité. Ces circonstances et ces conditions de sauvetage amènent à poser une fois de plus la question du fameux « principe de précaution » sont on ne répétera jamais assez qu’il a emprunté son titre et sa signification au thème de la conservation de la planète pour notre descendance afin qu’elle n’ait pas à pâtir de notre comportement grossier, irrespectueux, irresponsable lorsqu’elle viendra au monde dans un cadre impropre à toute vie agréable, bonne, selon l’expression d’Aristote et encore plus confortable. Ces conditions passent par le respect de la nature, la préservation des sources de vie, celle des animaux qui cohabitent avec nous sans se référer nécessairement à leur utilité pour l’homme « roi de la nature », envoyé par dieu pour la conquérir et la transformer en paradis fait à l’image de ce dernier, qu’elle qu’en soit la nature, la forme et l’intentionnalité. Dès lors la question qui se pose est celle de la « faisabilité » et des possibilités d’application du principe de précaution, propre à épargner la structure et la vie sur la planète, à ménager les espèces les plus fragiles pour conserver un équilibre minimal entre les divers habitants quelle que soit l’espèce et le mode de vie en cause. Est-ce que tous les modes de vie sur notre planète sont susceptibles d’organiser, de prévoir, de mettre en œuvre les prémisses des précautions capables d’épargner aux résidences des hommes sortis des cavernes les catastrophes auxquelles il nous est donné d’assister ajoutées à celles décrites par les historiens et chroniqueurs survenues dans les temps anciens. On sait maintenant qu’elles n’étaient pas toutes, sinon aucune, destinées à punir l’homme pêcheur pour les fautes qu’il a commises et que ce caillou lancé du ciel pour tomber sur la tête du coupable n’était que le hasard d’une météorite venue du commencement des temps et de l’espace sans intention de heurter notre globe mais affectée d’un parcours incertain dont les risques de rencontre avec un corps céleste sont aléatoires entre dommages maximum et minimum. C’est à cette évaluation des probabilités que sont confrontés les divers risques qui peuvent frapper une île comme Haïti dont la situation sans doute particulière fait qu’elle est exposée à la fois à des catastrophes climatiques comme les inondations et des déboires telluriques comme le tremblement de terre qui vient de détruire les infrastructures à commencer par les hôpitaux, le siège du gouvernement et celui de l’ONU. Peut-on concevoir un lien rationnel qui ne devrait rien au hasard entre ces destructions massives venues du ciel et de la terre et le démembrement des liens sociaux dont l’expression la plus probante serait l’existence d’une criminalité exceptionnellement élevée freinant ou empêchant toute organisation politique, sociologique, administrative solide, ou du moins plus solide que la fragilité inhérente à des constructions pour le moins mal engagées et susceptibles à tout moment de s’effondrer comme châteaux de cartes, à l’instar de ce que nous venons de voir sur les documents télévisés ou les vidéos importées par Internet. Comment prémunir les habitants d’un lieu aussi fortement soumis aux risques et catastrophes naturelles dont les probabilités de survenue ne sauraient être évaluées en termes de dommage, ni de couts imputables aux dégâts ni aux sommes à investir pour acheter au prix fort une sécurité sujette à caution ? Cette question n’appelle pas seulement une réponse de la part des insulaires mais de toute la communauté humaine globalement responsable et redevable des mesures de sécurité à engager pour garantir l’habitat des risques de destruction massive. Cela ne vous rappelle-t-il pas des faits récents ?