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A propos de viande avariée

Problèmes d’éthique ?

Quelle faute et quels responsables ?

mercredi 26 mars 2008, par Picospin

On a considéré que le diagnostic le plus probable de leur maladie attendue après cette ingestion serait une toxi-infection alimentaire ou intoxication alimentaire. C’est une maladie, souvent infectieuse et accidentelle, contractée à la suite d’une ingestion de nourriture ou de boisson contaminées par des agents pathogènes comme les bactéries, virus, parasites ou de prions.

Quelles erreurs ?

Une telle contamination résulte habituellement de méthodes inadéquates de manipulation, préparation, stockage, conservation ou cuisson des aliments comportant le non-respect des températures d’entreposage ou de cuisson ou des contaminations croisées. De bonnes pratiques d’hygiène avant, pendant, et après la préparation de la nourriture peuvent réduire les risques des toxi-infections. L’action de surveiller la nourriture pour s’assurer qu’elle ne provoquera pas de maladie transmise par voie alimentaire est connue sous le terme de sécurité alimentaire. Une toxi-infection alimentaire collective est une maladie infectieuse à déclaration obligatoire qui a lieu lorsqu’il existe « au moins deux cas groupés, avec des manifestations similaires dues à une contamination par un micro-organisme comme les bactéries ou une toxine.

Viande avariée

C’est bien ce qui semble être arrivé aux malheureux consommateurs de viande hachée acquise dans quelques grandes surfaces au cours de ces derniers jours. Les symptômes débutent typiquement plusieurs heures à plusieurs jours après l’ingestion et selon l’agent en cause, peut comprendre un ou plusieurs des troubles suivants : nausée, douleur abdominale, vomissements, diarrhée, gastroentérite, fièvre, maux de tête ou fatigue physique. Dans la plupart des cas les symptômes disparaissent sans lendemain après une courte période d’indisposition et de maladie. Cependant, la maladie transmise par les aliments peut avoir comme conséquence des problèmes de santé permanents et même provoquer des décès, notamment chez les bébés, les femmes enceintes et le foetus, les personnes âgées, les malades, les personnes présentant un déficit du système immunitaire.

Des causes diverses

Les infections bactériennes sont la cause la plus fréquente d’intoxication alimentaire. En France un agent infectieux a été mis en évidence dans moins de 50 % des cas. Il s’agissait alors de salmonelle (64%), staphylocoque doré (14%), Clostridium perfringens (5%) et Bacillus cereus (3.5%)5. Les symptômes des infections bactériennes sont retardés car les bactéries ont besoin de temps pour se multiplier. D’habitude, on ne les observe pas avant 12 à 36 heures après le repas contaminé . Les bactéries pathogènes transmises le plus fréquemment par les aliments sont Brucella, Campylobacter jejuni, Corynebacterium ulcerans Coxiella burnetii ou Q fever et Escherichia coli dont E. coli O157:H7 entérohémorragique qui cause le syndrome hémolytique et urémique|. Cette contamination relève-t-elle bien d’un problème d’éthique ? On serait porté à le penser si l’on prend en considération les erreurs de manipulation qui ont du avoir lieu au cours de la mise en place et de la vente du produit. Il est sans doute trop tôt pour se prononcer sur les causes exactes et les circonstances de cet accident dont les détails pourront être révélés par une enquête qui ne devrait pas tarder à être sollicitée et qui est susceptible d’analyser, sinon de dévoiler les éventuelles erreurs et fautes commises.

Retards ?

Il en est une en tout cas qui saute aux yeux, c’est celle du retard mis par les espaces de vente à alerter les autorités concernées et à diffuser l’information à la population en guise de prévention. Les autres sont peut-être à mettre au compte d’erreurs de manipulation, de ruptures dans la chaîne du froid, de défauts d’hygiène au niveau de la manutention ou de la chaîne industrielle voire de retard à la mise en vente. Si on ne connaît pas encore l’ampleur de la diffusion du germe pathogène, on ne peut que regretter le retard mis par les directions des magasins à prendre les mesures nécessaires à suspendre la vente des produits suspects et à en avertir sans le moindre retard les consommateurs pour limiter au minimum le nombre des personnes atteintes ou susceptibles de l’être. Cette affaire tend à illustrer la fragilité du système de distribution dans lequel nous vivons et consommons en raison de la taille gigantesque des surfaces de vente. La moindre erreur, la moindre panne, la moindre négligence est susceptible d’avoir rapidement des conséquences disproportionnées avec la faute éventuellement commise. Après les leçons sur la meilleure façon de mourir, n’est-il pas trop tard pour s’intéresser déjà et encore à la meilleurs façon de vivre ?