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Programme socialiste et grandeur de Martine Aubry

lundi 11 avril 2011, par Picospin

Tel qu’il est présenté par les collaborateurs habituels de Philippe Meyer, le dimanche à 11h il reçoit souvent leurs compliments pour les facilités d’attribution des logements, l’encadrement des loyers, le plafonnement des hauts salaires des patrons qui ne concerne que peu de personnes, la création de 300.000 emplois, dont les effets sur l’économie ont toutes chances d’être minimes, une critique constructive du système de compétitivité, sur un fond de projet qui se veut à gauche.

Le projet du Parti Socialiste pour 2012

Martine Aubry a dévoilé mardi le projet du Parti Socialiste pour l’élection présidentielle de 2012, affirmant qu’il s’agissait d’un « vrai modèle de société » et pas simplement de « réponses techniques » à des problèmes lourds. La première secrétaire du PS a reçu les candidats déclarés ou potentiels aux primaires pour élaborer ce document. Ségolène Royal, François Hollande, les représentants de Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius, Arnaud Montebourg, Manuel Valls, et Vincent Peillon ont ainsi été conviés chaque semaine depuis deux mois à un « conseil politique » pour défendre leurs priorités. Le texte de travail, validé par le bureau national du PS, comprend 30 « priorités pour 2012 ».

Pour financer son programme, le PS propose de supprimer ou de « recalibrer » les dépenses trop coûteuses, afin d’économiser 50 milliards sur les 70 milliards d’euros de dépenses fiscales engagées par la droite depuis 2002. Le bouclier fiscal, la détaxation des heures supplémentaires, les niches fiscales et sociales et la TVA réduite dans la restauration seront ainsi examinés. Le PS affecterait la moitié de ces 50 milliards à la réduction de la dette et les 25 milliards restants à de nouvelles mesures en faveur de la compétitivité, de l’emploi, de l’éducation, de la santé et de la sécurité.

Les socialistes souhaitent mettre en place « un nouveau modèle de développement ». Serait ainsi créée une « banque publique d’investissement » pour « redonner une compétitivité à la France et une vraie performance ». « Un emprunt européen permettrait de financer les investissements du futur » et de « remettre l’économie devant la finance ». Pour les jeunes, le PS propose une allocation d’étude sous condition de ressources, ainsi que 300 000 « emplois d’avenir » sur cinq ans dans les domaines de l’innovation environnementale et sociale, dont la moitié dès 2012. Il promet également d’instituer une TVA plus élevée sur les produits polluants, de taxer les « superprofits » des groupes pétroliers et de développer les énergies renouvelables.

Pour « stopper l’envolée des loyers », le PS plafonnerait leur montant lors de la première location ou à la relocation. Les socialistes renforceraient les moyens de la justice et créeront 10 000 postes de gendarmes et de policiers de proximité sur cinq ans, dont un millier dès 2012, afin d’assurer un « pacte de tranquillité et de sécurité publique ». Le PS souhaite enfin faire de l’égalité salariale homme-femme une condition pour que les patrons puissent conserver les exonérations de cotisations, et suggère de limiter les « rémunérations abusives » dans les entreprises à participation publique, les écarts de salaires ne pourraient plus dépasser une échelle de 1 à 20.

François Fillon a qualifié le projet du PS de « programme d’anesthésie nationale » et de « condensé de mesures contre la croissance », et Eric Besson, ministre de l’Industrie, a estimé que ce programme serait « extrêmement coûteux », le comparant à « un hymne aux impôts ». Le président UMP du Sénat, Gérard Larcher, a annoncé mercredi que la commission des Lois de la Haute Assemblée allait vérifier la légalité des primaires socialistes. Ces primaires, à l’issue desquelles le PS désignera un candidat à l’élection présidentielle, doivent se tenir le 9 et 16 octobre en cas de second tour. Elles sont ouvertes à tous les sympathisants de gauche qui devront s’acquitter d’un euro et signer une déclaration d’adhésion aux valeurs de la gauche.

Correction des inégalités

On tente de corriger les inégalités, les difficultés des citoyens et la pauvreté par l’intervention d’un état sauveur. Dans son ensemble, ce programme est une réussite, qui réussit à rassembler les leaders socialistes autour d’un programme tenant compte des diverses tendances des leaders socialistes alors que la droite éclate. C’est une réussite médiatique qui est commentée avec sérieux par une grande partie des commentateurs qui louent l’importance de ce programme avec ses mesures éclairantes comportant les tentatives de modification du fonctionnement de l’école primaire. C’est un programme clivant, de gauche, réussie sur le plan médiatique à un moment où il y a la sensation vivace d’un déclassement de la France et des Français. On ne sait encore s’il sera apte à redynamiser ce pays, à créer pour les jeunes un statut particulier ce qui serait possible à condition que les emplois se situent hors du secteur marchand, dans les collectivités et échappent à la compétitivité.

Rupture éducative

Est-ce que le projet permettra l’accomplissement d’une rupture éducative, moins pour dégager une élite, que de faire réussir tout le monde, en réglant le problème de la compétitivité, du destin des élites issues de la méritocratie, conception qui est combattue partout. Le temps est à la rénovation, à l’adaptation de la France, en ce moment crucial après une longue période de stagnation, à laquelle succède la rénovation avec l’autonomie des universités, de manière que le pays soit facilement adaptable à la modernisation, même si l’Europe est absente du programme et qu’on ne sait encore s’il faut « démondialiser » ? Le programme déclenche une certaine perplexité pour un objet mystérieux, mais il fat saluer les efforts accomplis, de modération, car on se soucie du financement. Il y a un effort de prudence, de modération, grâce auxquels on peut se livrer à imaginer des figures imposées et des figures libres. C’est un bel exemple de l‘art d’accommoder les restes, avec la conservation de la retraite à 60 ans qui est un mensonge politique. Il y aura plus d’état, de prélèvements, politique de logements publics ou investissements privés, qui ne répondent pas à une logique économique.

Ruse envers l’avenir

On tente de ruser avec l’avenir, on passera dans les trous, à un moment critique de l’histoire, où les rapports de classes risquent de devenir plus tendus. Je dois agir, je prélève suffisamment d’argent pour bien l’utiliser. Dans chaque niche, il y a un chien de garde, le premier devoir est de savoir où on en est et à quel prix peut on mener une politique qui tienne compte du besoin réel des gens. Sous le masque de réformes tamisées, on découvre la volonté de changer la règle du jeu, par une réflexion globale sur ce que nous sommes en Europe, pour faciliter d’insérer plus profondément les mesures dont certaines sont dangereuses mais pas assez ambitieuses, comme les emplois jeunes avec leur faible taux de rémunération. Des thèmes n’ont pas été traités comme celui des banlieues, mais il y a une vision, des socio-libéraux, thèse démolie par la crise, ce qui ne dispense pas de l’effort de corriger les excès, sous une vision plus dure d’attaque contre le capitalisme, mais avec le retour de la lutte des classes, une analyse de la situation des USA, où une fraction faible de la population a accaparé les capitaux et où les revenus des pauvres baissent.

Immigration des Européens

Ces notions ont été acquises au travers des chiffres américains car beaucoup de jeunes européens sont allés y travailler. Il faut s’adapter à la mondialisation, en tenant compte de l’économie de la Chine, de l’Allemagne. La marge de nos entreprises est insuffisante, car on regarde le CAC 40 et il y a des PME qui ne gagnent pas assez d’argent. Comme l’état français est attaqué et dégradé, mal armé, il faut le rénover, vision juste de rétablir l’écart entre riches et pauvres, contre l’accroissement des inégalités entre riches et pauvres avec 8 millions de Français vivant au-dessous du seuil de pauvreté. On ruse avec l’avenir dans ce programme, aussi bien qu’avec le passé. Dans l’affaire Tapie, l’arbitrage est discutable. L’Anglais Cameron prend les problèmes économiques à bras le corps, dans une réforme vaste où les communicants ont été à la manœuvre, avec pour thèmes dominants les maigres contre les riches, comme l’est le sentiment d’inégalité qui traverse la société française, dont la responsabilité est celle de son Président sortant. Les énarques sont portés à la sudation et à l’obésité qui est plutôt la maladie des pauvres.

Réponse mythique

On donne une réponse mythique, aux problèmes, avec un art consommé d’accommoder les restes, sans aucun travail en profondeur, alors que sourdent de nouvelles inégalités intergénérationnelles, dans des communautés différentes, alors qu’on n’a jamais eu une vision de ce que doit être la créativité. On n’a pas suivi le modèle américain, mais le diagnostic de l’état providence où doivent être réorganisés la formation, enseignement, apprentissage tout au long de la vie, l’a été l’exemple de Schroeder qui est devenu avocat après avoir gravi un à un les échelons de la hiérarchie sociale. Pourquoi n’y-t-il pas d’emploi alors que les entreprises demandent de l’expérience, but qu’on peut atteindre à condition de redistribuer dans un cadre inter – générationnel. La droite extrême, remet en cause l’état providence, la gauche nie cette vérité, le service public suppose qu’on évalue et qu’on sanctionne, qu’on réagisse, pour obtenir un service public rénové à la scandinave, qui donne satisfaction élémentaire aux gens. Placé hors du secteur marchand, l’état dont on rêve et qui colore le discours c’est la morale dont Borloo est aussi un adepte, avec l’altruisme et la citoyenneté.

Restaus du coeur et emplois du "care"

Il y a ainsi les restaurants du cœur et les emplois du "care". Ce texte ne sera pas définitif. Le désir de gagner est si fort dans le parti - comme dans une maison dans l’indivision - qu’on passera sur les détails même s’ils constituent l’essentiel. L’ intensité des haines qui sont nées à Reims sont si fortes qu’on assiste à de petits meurtres entre camarades. Si en France, on privilégie la préférence nationale, en Espagne et en Allemagne, les écoles ont été prises d’assaut, comme en 1960, à un moment où il y a 19% de chômage parmi les diplômés espagnols. A propos du problème socialiste, l’auteur du rapport, Bachelet, a voté "non", par attachement à l’indépendance de la France. La crise sévit dans ce pays qui n’a pas voté pour les cantonales, où les résultats n’ont même pas été donnés, alors qu’on cherche avec angoisse des financements publics souvent dépendants des majorités élues, même si c’est avec une forte abstention.

Questionnement éthique :

1. Est-ce que la responsabilité de l’homme d’état met en cause la vie de la collectivité et tente de préserver une identité dans le temps, comme le montrent de récents exemples en France ?

2. Est-ce que son action prend pour objet l’avenir et l’être futur de l’humanité ?

3. De ce fait, jusqu’où s’étend la responsabilité pour des descendants très éloignés de nous-mêmes sans qu’il y ait la moindre réciprocité ?

4. Est-ce que cette responsabilité prend en charge une humanité et une vie fragiles et périssables ?