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Nice, terre de feu...

Promenade des Anglais : les plaisirs du soleil et de la mer au risque de l’écrasement

et camion frigorifique...

vendredi 22 juillet 2016, par Picospin

J’ai hésité à faire part de mes impressions en raison de la complexité de la situation et des souffrances qu’elle a déclenchées. A cette occasion, on a pu vérifier l’affirmation selon laquelle on ne peut plus faire appel actuellement à des valeurs morales immuables et transcendantes.

De la morale à l’éthique

Plus aucune morale générale ne saurait nous indiquer ce qu’il convient de faire en l’absence de tout signe dans le monde selon l’expression de Jean Paul Sartre. Nous sommes condamnés à inventer notre existence et les valeurs que nous souhaitons suivre. Pour nous guider dans cette voie difficile sinon périlleuse, nous avions l’habitude de nous accrocher à ce qu’il était convenu d’appeler la morale.

Hétéronomie

Celle-ci était autrefois inspirée sinon commandée par une hétéronomie appelée Dieu qui parlait au peuple par l’intermédiaire de mandataires auxquelles le peuple accordait sa confiance, faute de pouvoir la déléguer des êtres humains dont la sagesse était perpétuellement mise en question.

Décisions

De la morale, il n’y avait qu’un pas pour intérioriser ses conseils ou commandements et aboutir à forger une éthique personnelle, questionnement qui s’adresse à la norme à propos de chaque décision que nous prenons ou inspirons.

L’être et le faire

Que fallait-il faire au moment où le poids lourd s’est engagé sur la voie piétonne du bord de mer ? Plus exactement, n’était-il pas déjà trop tard pour agir, prévenir et protéger ? Fallait-il se reporter aux informations diffusées par les autorités selon lesquelles, la France était en guerre ?

Normes de la guerre

Cas auquel il eut fallu s’interroger sur les normes qui sous-tendent les doctrines du droit à la guerre et du droit dans la guerre et aussi sur la possible érosion des attributs traditionnels de la souveraineté des États et l’avenir de la démocratie. Ne serait-ce que pour poser un regard critique sur l’ensemble des concepts et des institutions auxquels il est demandé de façonner un ordre international particulièrement chaotique, fragilisé et instable.

Une guerre juste ?

Le parcours du camion frigorifique écrasant des enfants et des adultes comme des fourmis pouvait-il être assimilé à une guerre juste ? Pour répondre à cette question, il est recommandé de se référer à Cicéron lorsqu’il affirme que la cité parfaite ne fait la guerre que pour tenir ses engagements ou assurer sa sécurité, repousser une invasion ennemie ou se venger d’un tort subi.

Susceptibilités

On voit que cette dernière condition est susceptible de se retrouver fréquemment, d’autant plus que les susceptibilités des uns et des autres peuvent passer par des phases d’acmé, inductrices d’irritation voire d’agressivité.

Justifications des guerres

Aucune guerre ne saurait être justifiée en l’absence d’une déclaration dûment officialisée, ou d’une réclamation de biens. Une guerre est juste quand elle n’est pas inspirée par l’envie de nuire ou la cruauté dans la vengeance, ou encore le combat contre le péché.

Cause juste, intention droite

Cette dernière condition reste sujette à réflexion et discussion, à débat, d’autant plus que s’y ajoute une autre condition, celle de la cause juste et de l’intention droite. D’aucuns répondront que ces contextes sont fortement dépendants des interprétations et des cultures qui les influencent ou les déterminent.

Passer à table

Raison de plus pour faire taire les armes avant de passer à la table des négociations. Elles permettront au moins de partager l’agapè, de l’accompagner de mets et boissons mais jamais du sang des victimes.