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Des failles dans l’optmisme ?

Prophéties bibliques après Fukushima

Qui a glissé sur une plaque tectonique ?

lundi 18 avril 2011, par Picospin

En 1945, les Américains ont eu la bonne idée d’envoyer quelques bombes, à vrai dire très petites sur une région japonaise du sud du pays pour leur rappeler qu’on ne peut indéfiniment jouer avec le feu et que leur politique d’expansion, d’agressivité et d’agression permanente devra bien s’arrêter un jour.

Signalisations

On s’est servi pour cette signalisation étrange et très moderne de la bombe à fission nucléaire, avant-garde de celle de la fusion, d’une invention gérée par des citoyens du pays nazi le plus proche politiquement de celui de son partenaire de l’axe, l’Allemagne dont quelques scientifiques avaient proposé de faire exploiter par leur pays d’accueil, les Etats-Unis leur dernière invention destinée à calmer leurs ardeurs guerrières. Ce furent Hiroshima et Nagasaki. Ces deux villes détruites et les séquelles que leur anéantissement ont laissées sur les corps mutilés et imprégnés de radiations à diffuser sur ceux de leurs proches dans l’espace et le temps ont servi d’avertissement au monde et au besoin de force de dissuasion selon les vœux du visionnaire de Gaulle avec son extrême souci de l’indépendance énergétique et défensive de la France. Cette fois, plus de 60 ans après cet événement, un nouveau signal, faible au départ et renforcé par la suite, alerte l’opinion mondiale sur les précautions à prendre avant de lancer n’importe qui et n’importe quoi dans le sillage du nucléaire. On s’est dit que confier l’atome aux mains d’un pays aussi organisé, aussi scientifiquement évolué et expérimenté que le Japon constituait une garantie de sécurité, de finition sans faille et de qualité.

Pays avec ou sans failles ?

Des failles malheureusement, il y en a de multiples autour des iles qui constituent le Japon jusqu’à inciter les ingénieurs et décideurs de ce pays de construire la plupart de leurs centrales nucléaires au bord des plaques tectoniques. Ces structures mobile et indisciplinées ont le mauvais gout de se déplacer comme les méduses géantes qui croisent sur les côtes nippones, les protégeant des touristes, nageurs et plongeurs à l’affut d’une plongée, de quelques brasses et d’une visite dans les fonds sous-marins où pourraient se trouver quelques carcasses de navires de guerre ayant autrefois sillonné ces eaux pour y couler des ennemis. Depuis peu, on sait qu’il n’est pas prudent de laisser les enfants jouer avec des serrures, surtout celles qui ouvrent les portes de sites programmés pour recevoir les fondations des centrales électriques destinées à fournir l’énergie démente nécessaire à des villes lumière qui, malgré leur situation en extrême orient y rivalisent avec bonheur avec la grand-mère des capitales illuminées dont Paris revendique l’origine. Cette démarche est d’autant plus étrange que ce terme, ce baptême tardif est moins évocateur d’électricité datant de l’ère de l’industrialisation que des lumière projetées par la France dans l’univers à partir des idées, concepts, écrits, philosophies rédigés dans un siècle où on s’amusait plus dans les salons que dans les usines à fabriquer locomotives, ébauches de voitures à alimenter un jour avec la fée électricité peinte avec un peu de légèreté par Fernand Léger justement.

Fée électricité

Il croyait à cette époque à la puissance et aux multiples applications de cette nouvelle énergie si propre, si efficace, si utile qu’elle allait transformer la vie dans notre univers et apporter le bonheur aux hommes à peine entrés dans l’ère industrielle. Ce fut à coups de charbon, d’extractions dangereuses, de grisou, de cadavres enfermés dans les mines pour y avaler les immigrants affamés venus de l’Europe de l’est pour remplacer au pied levé les autochtones ravis de laisser leur place aux nouveaux arrivants. Quand ces derniers venaient de Pologne ou d’Ukraine, les nouveaux cherchent à suivre les rails courant de Vintimille à Nice puis à Paris et autres lieux sous la surveillance étroite d’un Ministre de l’Intérieur qui a du mal à partir avec un Président du Conseil italien, pusillanime et vindicatif, plus investi dans les affaires de son domaine très privé que dans celles de son pays. Ces évènements n’empêchent pas un célèbre conseiller des Présidents américains de proclamer que tout va bien dans le meilleur des mondes puisque ce dernier sort d’une période de boulimie et d’obésité pour entrer en paradant dans celle de la fin du travail, du "travail en miettes", et annonce que la révolution technologique va mettre fin à un emploi stable et protégé pour tous, comme au rêve d’une société sans chômeurs.

Solutions

Les solutions qu’il propose ont été très critiquées, et parfois reprises par la gauche européenne : les 35 heures, les travaux d’intérêt général, le renforcement des réseaux d’entraide sociale, le développement des associations, etc. Il décrypte les avancées extraordinaires des biotechnologies – thérapie génique, séquençage du génome, prolongation de la vie – et les risques nouveaux qu’elles font courir : risque de pollution irréversible par les OGM, confiscation industrielle du patrimoine génétique, individus catalogués par génotype, réfléchit sur les conséquences sociales de l’Internet à haut débit, l’extension mondiale de la sphère marchande, la circulation accélérée des produits culturels, la délocalisation du travail grâce à l’"accès" au réseau mondial. Il annonce comme prophète en Bible la fin de l’ère prométhéenne de l’humanité, du règne des é Pour la première fois dans l’histoire du monde, nous devons faire face à notre possible destruction, et ce n’est pas utopique de dire que nous tendons vers une civilisation globale, gouvernée collectivement, connectée en permanence, devant affronter des dangers communs.

Institutions rassurantes

L’humanité se trouve déjà insérée dans un tissu d’institutions politiques, économiques, humanitaires, environnementales d’envergure planétaire, les Nations unies bien sûr, dont on mesure aujourd’hui l’importance morale dans la crise libyenne, mais encore la Banque mondiale, l’Organisation mondiale du commerce, le Fonds monétaire international, l’Union européenne, l’Organisation mondiale de la santé, l’Organisation météorologique mondiale, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat , la Cour pénale internationale et beaucoup d’autres…Cette civilisation interdépendante, où chaque pays apprend à s’écouter et développe des actions d’entraide, se déploie à tous les niveaux de l’activité humaine. Nous assistons à une extraordinaire vague de solidarité mondiale, comme nous en avions déjà connu pour le tsunami de décembre 2004 ou le séisme d’Haïti en janvier 2010. Un puissant sentiment d’inquiétude et d’altruisme soulève des centaines de millions de personnes autour du monde. Ce sont des exemples très forts de la nouvelle réalité empathique qui gagne l’humanité.

Empathie

Aujourd’hui, un drame collectif, une catastrophe écologique, un accident nucléaire touche chacun d’entre nous. Nous partageons les souffrances des autres, nous nous rendons compte qu’elles sont les nôtres, en nous identifiant à eux. Nous sommes concernés par ces drames car nous savons qu’ils pourraient aussi bien nous arriver, que ce qui affecte la biosphère là-bas nous affectera bientôt ici. Nous sommes sortis de l’ère égoïste de la fin du XXe siècle, nous nous découvrons tous reliés, interdépendants, comme nous sommes tous associés et menacés par les nuages de particules radioactives qui se dispersent au-dessus du Japon. Les enfants et petits-enfants des premières générations d’immigrés entretiennent des relations libres avec les autres jeunes. C’est ce qui se passe quand les gens se côtoient quotidiennement à l’école, sur le terrain de sport, les lieux de travail et dans la vie civique pour adhérer aux "cultures de l’hospitalité". Quand les enfants se tiennent par la main pour traverser une rue, les élèves passent leur journée ensemble, jouent au basket le soir en bas de chez eux, ils apprennent à se connaître personnellement, à dépasser les barrières culturelles.

Barrières culturelles franchies

Depuis une vingtaine d’années, une vision neuve de la nature humaine émerge de la biologie et des sciences cognitives. Les dernières découvertes des spécialistes du cerveau et de l’apprentissage chez l’enfant nous obligent à revoir la vieille conception d’un être humain naturellement agressif, égoïste, utilitariste. Nous sommes des animaux sociaux qui supportons mal la souffrance des autres et la destruction de ce qui vit, réagissons de concert, en vue de l’intérêt général, quand nous sommes menacés. L’"altruisme" est la motivation invoquée le plus souvent par les "moulineurs de données", et cette conception coopérative s’accroît. La "wiki économie", dont Wikipédia reste l’exemple le plus connu, réunit des centaines de milliers de contributeurs qui enrichissent tous les domaines de la connaissance et la recherche et contribuent à créer des logiciels performants. Seule la coopération des acteurs permet de faire respecter des "biens communs" aussi importants que les ressources maritimes d’un territoire ou ses terres fertiles.

Associations humanitaires

Quant au "pair-à-pair" ou peering, qui fait circuler les innovations dans un collectif, il devient un principe opératoire courant dans les associations humanitaires comme les plus grandes entreprises. Ces modèles économiques reposent sur un postulat diamétralement opposé à la conception libérale orthodoxe d’un homme agissant seulement par intérêt individuel. Quand on lui en donne l’occasion et les moyens, l’être humain se révèle toujours disposé à collaborer avec les autres dès qu’il s’agit de contribuer à l’intérêt général ou à améliorer l’existence de tous. On croit encore rêver devant un optimisme aussi sincère, documenté et probablement sincère. A moins qu’il n’ait été commandité par des candidats aux élections, incertains de leur succès et angoissés par l’avenir qui les attend.