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Le manuel de la santé mentale ou de la folie

Psychiatrie américaine

Le DSM 5

mercredi 15 mai 2013, par Picospin

C’est ce qui arrive en ce moment au monde de la psychiatrie qui voit avec curiosité et impatience arriver sur sa table de travail les nouvelles recherches depuis longtemps connues sous le nom de DSM V, transformé pour sa dernière version en DSM 5 par un effort de modernisation qui mérite les applaudissements des partenaires et exécutants de cette discipline.

Un manuel

Il s’agit du « Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux" auxquels peu échapperaient de nos jours si l’on veut bien tenir compte dans cette pathologie les nombreuses personnes atteintes, en voie de l’être ou classées dans cette catégorie dans sous l’étiquette de maladie d’Alzheimer ou, à un degré moindre celle, moins sévère de syndrome d’Asperger. Cette pléthore provisoire ou définitive de malades qui se retrouvent affectés de ce signe diagnostique est due, pour l’instant tout au moins au vieillissement d’une population qui tende vers l’immortalité, l’éternité, la vieillesse sans fin du fait des progrès – dit-on de la médecine – qui parvient à entretenir les voitures d’occasion sous conditions de fréquentes révisions devenues obligatoires sous la pression des lois qui imposent sous peine de punitions sévères de soumettre tout ce vieillit aux mains expertes des réparateurs en tous genres. Il en est ainsi de l’esprit sinon du cerveau menacé à tout moment de se délabrer sous l’influence des années qui passent de dégradation, troubles cognitifs, imagerie suspecte, aberrations affectives, voire émotionnelles quand il s’agit de la réaction toute naturelle à un deuil qui touche et qui aurait le malheur de durer plus longtemps que le délai imparti par l’association de tous ceux qui savent et qui ont fait de leur savoir un catéchisme plus qu’une Bible à usage psychiatrique.

Craintes

La crainte des critiques de ce travail sérieux est qu’il est susceptible de surcharger la liste des pathologies dont il sera recommandé d’extirper le mal au risque de remplir les hôpitaux et asiles en tous genres et de grever le budget de l’assurance maladie d’une lourdeur insupportable à l’heure de la récession pour la conservation d’une bonne santé mentale des politiques nationaux et surtout européens assis confortablement sur leurs sièges cossus dans les établissements bruxellois. On a beau jeu dans ces conditions de parler de médicalisation de l’existence, de « surdiagnostic », de banalisation des termes médicaux comme TOC pour troubles obsessionnels compulsifs ou phobie sociale. Ce n’est pas la banalisation du mal dénoncée par Hannah Arendt à propos du procès Eichmann mais une modification de la position du curseur de la normalité à propos de laquelle on ferait bien de consulter le vieil ouvrage de Canguilhem rédigé à un moment où cette dernière se situait dans une position fort éloignée de celle occupée actuellement par les prétendants à la jouissance immédiate, les enragés des vacances dans l’eau à la recherche de sensations fortes données par d’éventuels requins prêts à mordre, déchirer et vider de leur sang les pauvres victimes de ces conventions.

Flèches indiennes

Comme l’origine de ce travail est américaine, les flèches sont acérées et enduites du poison des Indiens comme pour restituer l’ambiance des vieux westerns autrefois si prisés par un jeune public qui se rendait avec plaisir au cinéma pour les regarder plus souvent que ne le font les spectateurs de football actuels moins avides de ballons que d’incendies, destructions de tout ce qui se présente devant leurs yeux plus tristes qu’haineux, reflets des difficultés et malheurs d’une civilisation en désarroi. Et qui comprend mal comment on peut insuffler autant d’argent dans l’achat et la vente de vedettes du sport spectacle à un moment où s’écroulent les ateliers de fabrication de teeshirts au Bengladesh sur 1000 esclaves, travailleurs forcés, dépouillés, forcenés.

Esclavage

Sur lesquels on voudrait effacer les traces de cet esclavage en lui collant l’étiquette « éthique ». Ce que les contestataires en tous genres oublient, c’est qu’ils font partie d’une culture, et au-delà, d’une civilisation et communauté qui se classe dans la catégorie des plus gros consommateurs au monde de drogues en tous genres, surtout celles destinées à rétablir l’équilibre de l’esprit avant celui des corps.

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