Un autre regard sur les questions éthiques
 

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Sciences

Jouer avec le feu et les noyaux sans les cracher ?
Puissance atomique
Une relation filiale ?

Article rédigé par Picospin le vendredi 18 mars 2011

Il voulait devenir l’arbitre entre les Etats-Unis et l’URSS, surtout, sans doute à la suite des rebuffades qu’il a du subir autour des tables des négociations au moment où les deux géants se partagèrent le pouvoir dans la monde.



Les liaisons de l’atome

Avec l’atome, il pouvait parler d’égal à égal avec les grands dirigeants du monde, situation qui lui était indispensable moins pour sa grande taille qui dépassait celle des autres négociateurs que pour le rang qu’il occupait à la suite d’un conflit dont avait encore du mal à distinguer vainqueurs et vaincus tants la situation diplomatique était fluide et mal déterminée. Depuis cette époque, en souvenir de l’action moralement et diplomatiquement aussi élevée que sa taille qu’il venait d’ériger en entrant dans le monde atomique, le peuple de France est historiquement et affectivement attaché à l’atome comme le sont les forces faibles et fortes qui relient les atomes entre eux pour éviter que comme plusieurs peuples ils ne réclament leur liberté.

Libération des électrons

Dans le cas spécifique de l’énergie nucléaire une telle attitude pourrait conduire à une explosion moins atomique que la demande de certains électrons de devenir libres pour pouvoir tourner comme ils le souhaitent autour d’un noyau prédestiné à gouverner le monde des protons, des neutrons sinon des trop légers muons ou neutrinos si invisibles qu’ils traversent les roches les plus denses et les plus dures en deux coups comme l’aurait fait le passe-muraille autrefois et l’homme invisible aux environs de années 30. L’atome est entré dans notre culture par la grande porte, suivie par des générations d’étudiants qui grâce à lui ont réussi à enclencher des carrières exceptionnelles, qu’ils soient venus de « Grandes Écoles » comme Polytechnique ou Centrale et les Mines.

Bougies et vapeur

On peut rétorquer à cette statistique que l’Amérique reste le premier pays utilisant l’énergie atomique, devant la France, si l’on tient compte des rapports de population et de surface des territoires occupés, entre les premiers et la deuxième, c’est bien la France qui l’emporte compte tenu de son attachement et de ses investissements intellectuels, affectifs, financiers et symboliques dans une technologie qu’elle maitrise, dont elle représente la référence internationale et sans laquelle les Français continueraient à s’éclairer à la bougie et les locomotives à rouler au charbon. C’est si vrai que même encore à l’heure actuelle où le Japon est aux bords du gouffre, refroidi par une venue comme un cheveu sur la soupe du plasma, on apprend que Areva livre des sites pratiquement clés en main et que des avis autorisés sont demandés aux techniciens, spécialistes, physiciens issus de la formation et de l’expérience française de la même façon qu’ils sont requis de la part des Japonais en désarroi aux Américains pour leur expertise.

Handicap ou avantages

Que l’antériorité dans les conceptions des projets et des planifications sur l’énergie atomique constituent moins un handicap qu’un avantage est une autre affaire qui devra un jour ou l’autre et on l’espère, le plus tôt possible compensé par une révision soigneuse du parc nucléaire vieilli et vieillissant que l’on souhaiterait en France protéger, soigner, cajoler comme on le ferait d’un nourrisson parvenu à maturité et prématurément vieilli. Les discours et décisions sur l’atome se feront dans une atmosphère de drame familial. Ce sont les conséquences de la promiscuité propre à la vie japonaise qui se déroule dans un huis clos à la fois tragique et d’une extrême politesse mais aussi dans la tension propre aux non-dits d’une société qui cache ses émotions jusqu’à les refouler avant que ne surviennent des risques d’explosion à l’image de ce que l’on vient d’observer dans la centrale de Fukushima.

Questionnement éthique :

1. Faut-il s’indigner ou s’étonner, sinon condamner l’attitude des employeurs qui gèrent la maintenance dans les centrales nucléaires des tâches confiées au personnel pour jouer les "liquidateurs" au prix de leur vie et de celle de leur famille ?

2. Est-ce que des salaires supplémentaires pourraient compenser les risques imposés à ces fossoyeurs de l’atome en échange d’un travail dangereux ?

3. Fallait-il se garder de construire des centrales nucléaires au bord de mer connaissant les risques d’un éventuel tsunami et compte tenu de l’éxiguité du territoire japonais dont un cinquième seulement est constructible ?

4. Fallait-il qu’en fonction de ces données, le Japon renonce au nucléaire et s’attache au renouvelable quitte à parsemer son paysage d’éoliennes bruyantes susceptibles de saper la musicalité de ce peuple ?




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