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Quand il n’est pas trop tard pour le faire

Quand les rats doivent-ils quitter le navire ?

Quand il en est encore temps...

vendredi 8 avril 2011, par Picospin

On peut se demander pour quelle raison on a choisi des petits rongeurs aussi intelligents qui servent depuis longtemps à expérimenter plus l’intelligence et le conduite des hommes que celles des animaux, fussent-ils des cousins plus ou moins rapprochés de nous autres les hominidés.

Lâcheté ou trahison ?

On peut certes accuser les nouveaux voyageurs de lâcheté ou de trahison. Après tout, ils ne feraient que reproduire celles que l’on a pu observer chez le modèle en cours de lâchage. A cet égard, il est intéressant de creuser la signification de ce messager auprès d’un lot de personnes qui ont donné leur avis non circonstancié sur ces actes. Certains disent que c’est tout simplement la prudence qui guide les fugitifs. D’autres commentent l’acte en l’assortissant du commentaire suivant : Les rats étaient les premiers à partir du bateau avant qu’il ne lui arrive quelque chose, interprétation qui en fait une expression pour désigner les personnes qui partent avant que la « merde » (sic) arrive, et laisse les autres dedans. Une troisième catégorie fait du rat un élément péjoratif, un symbole à connotation négative telle que l’expression « s’ennuyer comme un rat mort, face de rat, ou encore rat de bibliothèque.." Cette dernière serait plutôt un encouragement à fouiner dans ces établissements et y faire des rencontres avec des personnages illustres qu’on ne voit que trop rarement dans les cocktails des présidences de la République ou du Sénat.

Les bons lecteurs...et les mauvais...

Elle permettrait aussi, je l’espère, d’éviter que d’autres personnalités qui viennent d’accéder au rang de Ministre destin que devait suivre notre personnage injustement bafoué, avouent à des journalistes que leur livre de chevet s’appelle « Zadig et Voltaire », fameuse marque de vêtements à la mode, au lieu de « Zadig » de Voltaire que l’on lit plutôt vers l’âge de 15 ans qu’à celui de 40 ou 50 pour faire connaissance avec un personnage inventé au cours d’une soirée mondaine dans la bonne et charmante petite ville de Sceaux passée chez la Duchesse du Maine dont une avenue du Parc porte encore le nom. Se pose alors la question du choix entre la visite de l’atelier de mode et celle de la rencontre avec un philosophe de Babylone. On ne saisit pas toujours le signifié des opinions, des écrits, des paroles et des conversations avec l’Ermite, ange destiné à guider Zadig vers le bonheur. Le mérite-t-il, lui qui est considéré comme un juste ? Est-il habité par le culte « véridique » qui ne cache pas ses prises de position dans un verbiage abscond, à décoder à chaque coin de phrase.

Langue de bois

On l’appellera plus tard la « langue de bois » si souvent utilisée par les politiques pour ne rien dire. Voltaire avait prévu le comportement de la majorité des gens de son époque qui ne se jetaient pas sur les livres pour en déguster la substance féérique, historique et le dépaysement propre à toute délocalisation littéraire comme c’est le cas actuellement pour les salariés de telle ou telle entreprise qu’on jette dans les succursales des tropiques, de l’Asie ou sur les sols tremblants des ilots du Pacifique. Il n’est pas certains que les évasions des politiques qui prévoient une fin de règne aient en vue l’éducation des foules comme l’avait imaginé Voltaire. Il pensent plutôt à sauver leur peau et à s’engouffrer dans le wagon dont la locomotive puisse les conduire au paradis, là où les dieux sont favorables, interchangeables et où on en retrouve sans arrêt de bons, loyaux et charitables capables de sauver les âmes en détresse et les corps en perdition. « La trahison peut être le fait d’une intelligence supérieure, entièrement affranchie des idéologies civiques. » dit Paul Léautaud et encore, "on peut lire qu’en politique, il n’y a pas de traîtres, il n’y a que des perdants" et : "Si tu vois le lâche, attends-toi à voir son double, et qui est son double ? La trahison !" Enfin : "L’avenir, c’est la trahison des promesses." C"est sans doute la plus pertinente des réflexions. Voici un recueil de pensées brèves et perspicaces qui remettent en situation les personnages qui pourraient interpréter actuellement moins sur les scènes de la Comédie Française ou de l’Opéra que dans les Ministères, à l’Élysée, au Sénat ou à l’Assemblée, la dernière tragédie d’une pièce si bien commencée et si mal terminée.

Questionnement éthique :

1. Que penser de l’assertion de Kant quand il écrit que l’éducation morale doit moins reposer sur la discipline que sur des maximes ?

2. Il écrit encore : que l’élève doit s"appuyer sur ses propres maximes et qu’il ne fasse pas seulement ce qui est bien mais qu’il le fasse parce que c’est le bien. Est-ce vrai ?

3. Est-ce que l’éducation morale ne consiste qu’en la formation du caractère ?

4. Le caractère doit-il être ferme dans ses résolutions ? selon la conception de Kant.

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