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Des médecins préconisent de stimuler un patient en état de conscience minimale

Que faire et quoi faire avec les patients en état de conscience minimale ?

samedi 12 avril 2014, par Picospin

L’épouse d’un homme de 58 ans – lui aussi dans un état pauci-relationnel – a saisi en urgence la justice, le 3 avril, pour s’opposer à son transfert de l’hôpital Pasteur de Colmar vers le CHU de Strasbourg, où il devait recevoir des soins d’éveil. Le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté la demande, lundi 7 avril, et a validé le transfert du patient – dont l’identité n’a pas été rendue publique. Les soins d’éveil " ne peuvent pas être qualifiés d’inhumains ou dégradants ", a tranché la juridiction administrative, qui met en avant " le droit à la vie ".

Cette décision suit celle prise auparavant pour la première fois par une juridiction administrative qui prend le pas sur celle de la médecine qui jusqu’à présent était considérée comme seule juge ou du moins autorité compétente pour décider du sort d’un être humain hors d’état d’exprimer ses volontés. Cette personne tire argument de sa décision de s’opposer au transfert de son époux dans un cadre de soins en raison de son état, devenu selon elle un " état de conscience minimale sans dignité ". La décision d’ordre juridique est d’autant plus originale dans le contexte des états dits pauci-relationnels que Une partie du corps médical lui a toujours dit que c’était irréparable, que le cerveau ne fonctionnerait pas, sauf miracle. La question devient d’autant plus complexe que l’équipe médicale en charge des soins à prodiguer à ce patient avait prévenu sa famille qu’il faudrait peut-être, d’ici quelques mois, se poser la question d’un arrêt des soins dans le cadre de la loi Leonetti sur la fin de vie. De même est-il opportun de poser la question sur les circonstances de la déclaration du patient selon laquelle celui-ci avait, peu de temps avant son accident, fait part de sa volonté de ne pas vivre dans un état grabataire. L’article publié dans le Monde mentionne que l’établissement strasbourgeois n’a pas encore décidé s’il comptait attendre les résultats d’une nouvelle expertise médicale pour démarrer ces soins. Demandée par l’épouse début avril, cette expertise pourrait être ordonnée par le tribunal administratif de Strasbourg dans les prochaines semaines. Ces délais paraissent trop longs pour qu’une décision rationnelle, médicalement plus que juridique puisse être prise dans l’intérêt du maintien de la santé chez ce patient dont les perspectives de récupération neuro-psychiques paraissent minces en égard à la gravité de son état actuel. On se trouve une fois de plus dans une situation contradictoire sinon conflictuelle entre l’opinion et le jugement médical et celui de la justice qui se range de façon imperturbable et rigoureuse à la loi et à ses modalités d’application.
Est-ce que la latence de ce conflit potentiel est de nature à protéger le patient et sa famille mieux que ne saurait le faire la médecine avec ses prévisions et hypothèses face aux décisions prises consécutivement aux textes de lois ?