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Pense-t-il ? Prévient-il ?

Que fait un médiateur de la République ?

Rapproche-t-il ?

jeudi 22 octobre 2009, par Picospin

Ce qu’il dénonce avant tout, c’est que devant l’exemple donné par les plus grands, les plus riches, les nantis, les puissants, la douleur des uns s’exaspère et que la terreur, au minimum l’angoisse saisit tous ceux qui risquent et craignent le déclassement.

Même si on ne cesse de répéter comme une litanie établie que la France supporte mieux la crise que ses voisins et que ses amortisseurs sociaux fonctionnent au mieux, on s’étonne que la violence des réactions à la misère, à la diminution des revenus et du niveau de vie, au chômage qui coupe froidement le lien social et ce faisant exclut plus qu’il ne rassemble ou rapproche devienne exacerbée et conduise à des passages à l’acte si rapides, si automatiques, si peu réfléchis que l’on se met soudain à craindre des débordements qui répétés à l’envie pourraient facilement servir de présage à une situation irréversible. Cette dernière n’est que rarement envisagée tant les managers de la vie quotidienne sont assis dans de larges et confortables fauteuils qui leur donnent l’illusion de la stabilité, de l’éternité du monde incapable de changer car il serait à l’abri de tout mouvement révolutionnaire malgré des actes isolés dont la soudaineté et la violence étonnent avant d’inquiéter puis de passionner et enfin d’angoisser. La colère prend le pas sur la réflexion, l’action sur l’attente et la méditation, et l’agressivité sinon les agressions sur les rapports civiques, mesurés, dignes et rationnels. Est-ce que les exemples des conduites à risques offerts par les gouvernants aux gouvernés sont susceptibles d’ouvrir des brèches dans un système républicain qui autrefois faisait la fierté de ce pays et maintenant suscite la crainte des explosions comme si le souvenir se ravivait des bombes lâchées sur des villes sans défense. D’où les multiples propositions consistant à défendre des intérêts légitimes, des biens honnêtement acquis, des possessions méritées par le travail régulier sinon acharné, la croyance en des principes éthiques et une foi dans un avenir d’autant plus serein qu’il est envisagé dans la clarté des intentions, et la juste rétribution des comportements, de l’élévation des âmes, de la noblesse des intentions et de la dignité des personnes et des institutions. Certes des excuses aux comportements déviant ou au minimum au penchant à les appliquer a des excuses qui se trouvent aux confins des changements intervenant dans une société dont la vitesse des mutations dépasse de loin celle de la pensée, des prévisions et des aspirations. Dans ce monde explosif, dont la violence éteint à l’origine toute velléité de négociations, la seule marge de manœuvre qui reste se rétrécit au point de ne laisser plus qu’une place minime à l’art de la discussion tel que Schopenhauer ou Habermas l’avaient envisagé bien avant que ne s’installe, au lendemain de conflits extrêmes une situation de non retour qui ne laisse plus ni temps ni espace à l’échange sous le sigle de la sympathie sinon de l’empathie, seul recours au retour de la stabilité et non d’un déséquilibre continuellement menaçant. C’est bien pourtant dans cette solution que semble se situer la voie de la sagesse, la seule capable de dissoudre les conflits, de rendre les dignités perdues, de chasser le mépris et d’apporter à l’autre le minimum de respect qui lui est du, tâche moins que devoir sacré qui l’est d’autant plus que l’on se targue partout et surtout en haut lieu de vivre dans une république qui doit à tous reconnaissance des actes autant que des sentiments, respectabilité, justice plus que prérogatives, discrétion plus que bling-bling, modestie et politesse, réserve plus qu’emphase, sobriété et retenue plus qu’orgueil quand tout le monde doit savoir mais ne croit pas savoir que le vie, si tentante qu’elle soit sans sacrifices a une finitude que personne ne souhaite envisager et préfère la masquer au lieu d’en prendre conscience et d’en tirer les conséquences.